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Leçon n°21 – Qu’est-ce l’Intelligence ?

Mercredi 28 janvier 2009

 

D’abord et par principe, à cause du verbe « être », « Qu’est-ce que l’intelligence » constitue une question mal posée. Elle peut être rectifiée en : « De quoi parlons-nous lorsque nous parlons d’intelligence ? »

En 1894, Alfred BINET, directeur du laboratoire de psychologie de la Sorbonne, écrit l’Introduction à la psychologie expérimentale, et concurremment à son homologue américain Charles SPEARMAN (1904) met au point les premiers tests psychologiques et renforce (1905) l’idée qu’il existe une seule  intelligence générale appelée « facteur g », associée à un facteur d’intelligence plus individuel, une sorte de signature personnelle.

Un autre psychologue, nommé Robert J. Sternberg, (né le 8/12/1949) psychologue et psychométricien américain, préfère (article paru en 2003) repérer 3 formes d’intelligence qui s’incarnent en chacun de nous selon des proportions variables :

 

 

A.      L’intelligence analytique, décrite comme la capacité académique complète à la résolution des problèmes tels que ceux utilisées dans les tests d’intelligence. Il s’agit de tâches (scolaires) généralement bien définies proposant de résoudre des questions qui ont une seule bonne réponse.

 

 

B.      L’intelligence créative ou synthétique est décrite comme capacité de s’adapter à la nouveauté et de traiter avec succès des situations inhabituelles, en s’appuyant sur les connaissances et les compétences acquises.

 

 

C.     L’intelligence pratique est décrite comme la capacité à mettre en œuvre ses connaissances et ses compétences dans tous les aspects de la vie quotidienne. Elle permet à un individu de comprendre ce qui doit être fait dans un cadre donné et ensuite le faire.

 

 

En 1983, Howard GARDNER, professeur de cognition et d’éducation à Harvard Graduate School of Education (Massachusetts) énonce dans Frames of Mind, la Théorie des intelligences multiples.

Howard GARDNER définit l’intelligence comme la faculté/capacité de résoudre des problèmes ou de produire des biens ayant de la valeur pour une culture ou un groupe défini. À ce jour (Janvier 2009), il en repère 9.

À la suite de ces précurseurs, Daniel GOLEMAN (né 7 Mars 1946) psychologue et journaliste scientifique pour le New York Times, spécialisé en psychologie et en sciences du cerveau, est l’auteur du concept d’ « Intelligence émotionnelle » (1995, Bantam Books). Il a développé l’idée que les activités mentales non-cognitives et non intellectuelles (du type émotions, sentiments, sensations, etc.), ont au moins autant d’importance que le QI dans les configurations de travail et en matière de leadership.

 

 

Et je cite maintenant sans rien changer une partie de l’article paru en pages 68 et 69 de Science et Avenir en Novembre 2008 qui décrit les « 9 intelligences de Gardner » :

 

1.        L’intelligence langagière est la capacité à utiliser le langage pour exprimer sa pensée.

 2.       L’intelligence logico-mathématique est l’aptitude à la logique, aux mathématiques, aux sciences.

NB : ces deux premières intelligences ont été mises sur un piédestal dans notre société. La plupart des tests, comme ceux du QI, sont fondées sur l’évaluation de ces deux compétences.

3.       L’intelligence musicale est la capacité de penser en termes de rythmes et de mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les interpréter et d’en créer.

 4.       L’intelligence kinesthésique (corporelle) est celle d’utiliser son corps (danseur, athlète, chirurgien, artisan, etc.).

 5.       L’intelligence spatiale est la capacité à agir dans un univers spatial en construisant une représentation mentale (marins, ingénieurs, architectes, sculpteurs).

6.       L’intelligence interpersonnelle est l’aptitude à comprendre les autres, d’agir et réagir avec autrui de façon correcte (politicien, commerçant, enseignant, guide spirituel, etc.).

 7.       L’intelligence intrapersonnelle est celle de se former une représentation de soi précise et fidèle (introspection) et de l’utiliser efficacement dans la vie.

 8.       L’intelligence naturaliste est la capacité à classifier, discriminer, reconnaître et utiliser ses connaissances sur l’environnement naturel (chasseur, pêcheur, zoologiste, cuisinier, etc.).

 9.       L’intelligence existentielle (encore en discussion à ce jour) est la propension à se poser de grandes questions philosophiques telles que « pourquoi mourrons-nous ? ».

 

 

Prenez le temps d’étudier la situation et de réfléchir.
Comment pouvez-vous observer ce qui précède ?

 

 

1.       Appliquez la 1ère prémisse de la SG :

En utilisant le Gardien Kèskecè,(voir leçon 5) rappelez-vous d’abord que, depuis la Nuit des Temps, nos esprits ordinaires sont conditionnés à confondre carte et territoire, à confondre les mots et ce qu’ils désignent, à confondre les sources et les résultats, à confondre les configurations mentales (internes) et leurs applications visibles (externes). Voilà (entre autres) ce que veut dire la 1ère prémisse de la Sémantique Générale : « Une Carte n’est pas le territoire qu’elle représente ».

Une bonne façon de ne pas confondre les mots avec ce qu’ils veulent dire consiste à retourner votre attention à l’intérieur de vous. Dans ce cas précis, partez du principe que vous avez d’abord à faire l’expérience des mots employés. Est-ce que ces mots là correspondent à un vécu quelconque pour vous ? Et si oui, lequel ?

 

 

2.         Sortez de la logique cause>effets :

En utilisant le Gardien Toutourien, Rappelez-vous ensuite que, contrairement à ce qu’il vous raconte, votre esprit ordinaire ‘conscient’ n’est pas conscient de tout, et qu’il n’a pas toujours…raison. (2ème  prémisse de la Sémantique Générale).  La logique simpliste cause/effets peut se décliner en systèmes de causalité multiples. Nous pouvons distinguer sources et ≠ résultats, fondements et ≠ applications, origine et ≠  manifestation ; nous voyons alors qu’il est impossible de savoir si cet article présente l’intelligence comme un seul événement source aux niveaux silencieux avec 14 champs d’application différents, ou s’il s’agit de 14 phénomènes sources différents. Nous voilà peut-être avec 14 définitions de l’intelligence, ou encore 14 formes d’intelligence différentes. Rien dans cet article ne nous permet d’en décider.

 

 

3.        Sortez de l’identité créée par le verbe « être » :  

Dans cette classification, le terme intelligence est utilisé dans toutes les définitions comme étant indifféremment synonyme de « capacité » et « aptitude »,  alors même que ces deux termes désignent des configurations mentales différentes. Je peux « être capable » mais temporairement « inapte ». Je peux avoir été déclaré « apte » et me révéler finalement « incapable ». Je peux « avoir » l’intelligence musicale mais me trouver aussi inapte qu’incapable d’en faire la démonstration. Que se passe-t-il quand il y a l’une et pas l’autre ? Faut-il que les deux soient présentes ? N’y a t-il pas d’autre paramètre ? Cette façon de parler ne nous permet pas de comprendre ce que ce texte veut vraiment dire.

 

 

4.        Sortez de la logique du tiers exclus : 

Compte tenu du contexte (Science et Avenir, journal dit de ‘vulgarisation scientifique), nous pouvons peut-être faire l’hypothèse(1) que la réalité de cet exposé a été perverti par une présentation vulgarisante. Nous pouvons également faire l’hypothèse(2) qu’au contraire, il s’agit bien de l’exposé synthétique mais fidèle de la pensée de M. Howard GARDNER et des autres aussi, d’ailleurs. Nous pouvons encore (3ème terme, logique à du tiers-inclus) faire l’hypothèse(3) que ni M. GARDNER ni le journaliste qui a rédigé l’article, n’ont conscience de ces confusions possibles. ETC. !

 

 

5.       Examinez les croyances inconscientes : 

Au final, à quel genre de certitude sommes nous renvoyés ? Simplement à la façon dont nous allons choisir de croire (ou pas) ce qui nous est ainsi expliqué, exposé, enseigné, démontré, etc., Et cette réalité fonctionne à bien des moments de chaque jour de notre existence, sans que nous en ayons la moindre conscience. C’est même valable pour ce que je suis en train d’expliquer et que vous lisez ici-maintenant.

 

 

6.         Recadrez ce qui se passe en « Conscience d’abstraire » : 

Rappelez-vous que nos opinions, certitudes, jugements, savoirs etc., ne sont basés que sur notre vision partielle de la ‘réalité’ dont nous ne sélectionnons que ce que nous sommes prêts à percevoir ! Ils peuvent donc se révéler incomplets, insuffisants, erronés et toxiques, etc., dans beaucoup de cas… Ne les rejetez même pas, cela demanderait un effort inutile. Contentez vous d’abord de ne pas les valider ; il s’agit d’une décision de conscience qui s’oppose à la validation automatique et inconsciente. Observez ensuite à quel point ce qui se passe dans les faits est fondamentalement différent de ce que votre bavardage intérieur vous en dit… Cherchez vous-même des exemples contraires, et autant de 3èmes termes que vous parviendrez à inventer.

Le langage courant fonctionnant comme une connaissance pratique, nous sommes directement responsables des conséquences (souvent coûteuses) de notre ignorance de ses fonctionnements et de nos erreurs.

 

 

 

7.         Cherchez comment reformuler à haute voix :

Ces opinions, jugements certitudes, etc., doivent pouvoir être exposés en termes de probabilité, de pourcentages, de mesure, etc. Pas en absolus, ni en ou-bien-ou-bien, ni en tout-ou-rien. La reformulation est importante : votre organisation mentale se mettra à fonctionner sur des données certes moins simplistes, mais structurellement plus conformes à la réalité.

 

 

8.       Revenez aux niveaux silencieux :  

Les « absolus » n’existent pas dans la nature. Revenez sur terre. Revenez dans le « relatif ». Observez ce qui se passe aux niveaux silencieux avec le moins possible d’a priori, d’attentes, de projections inconscientes, et avec le moins possible de mots. Exprimez ce que vous avez à dire de façon structurellement conforme aux faits objectifs et silencieux.

N’oubliez-pas que chaque fois que nous ne prenons pas la peine de préciser suffisamment ce à propos de quoi nous parlons, notre utilisation du langage courant fabrique automatiquement des erreurs et des confusions.

Pour que nous puissions leur faire confiance, nos cartes doivent correspondre le mieux possible aux territoires qu’elles représentent. Notre sécurité ordinaire en dépend.

 

Leçon n°20 – Envie de rien : je m’ennuie

Mercredi 14 janvier 2009

 

Dans notre langage courant, « Je n’ai plus envie de rien » est pratiquement synonyme de « Je m’ennuie ». Dès que vous vous pouvez observer ce comportement chez vous ou chez quelqu’un d’autre, c’est l’occasion rêvée de distinguer l’Esprit Ordinaire de l’Esprit d’Éveil et de transmuter un marasme psychologique apparent en intériorisation et en dynamique de méditation, puis de créativité.

 

 

D’abord, il faut bien se rendre compte que nous avons tous été élevés dans une sorte de désir frénétique de ressentir et d’éprouver n’importe quoi (cf leçon 10 : le Syndrome de la Crotte de Chien); du drame, des sensations, des émotions, du rire, de l’absurde, de l’horreur, de l’action, du bizarre, n’importe quoi, pourvu que ‘ça’ soit distrayant. Tout est admissible (et télé visuellement diffusable) à condition que ce soit cohérent avec le dogme du romantisme sacré ou celui de la joie ClubMed et du rire à tout prix.  Evidemment, ce qui se proclame nouveau, intéressant, imprévu, semble plus attirant que ce qui est jugé déjà vu, inintéressant ou prévisible, etc. Mais si ce n’est pas le cas, n’importe quoi peut quand même faire l’affaire pour éviter de ressentir ce « vide », cette « envie de rien », cet « ennui » contre lequel, une fois qu’il est installé, tous les ressorts et solutions normaux semblent insuffisants ou impuissants. Qui donc ressent cet ennui ? La question est mal posée : il ne s’agit pas d’une personne.

 

 

La configuration mentale « Esprit Ordinaire » fonctionne sur la logique Aristotélicienne suivant un principe fondamental (celui du tiers-exclus) qui vaut la peine d’être ressenti en profondeur et bien compris : « Je travaille, je peine et je souffre depuis si longtemps que c’est devenu ma raison de vivre. Si j’arrête de souffrir, j’arrête de vivre. » Ce système ou-bien-ou-bien simpliste est illustré par l’histoire fort ancienne d’un âne qui meurt de faim parce qu’il ne parvient pas à décider entre une carotte et un chou lequel des deux il veut manger. En logique à (non-A), la solution à ce dilemme passe plutôt par la question : « Par lequel des deux je commence ? »

 

 

L’Esprit Ordinaire fonctionne sans arrêt. Toujours affairé, ne supportant pas l’inaction extérieure comme intérieure, gérant notre vie quotidienne sur ce qu’il connaît déjà, habile à fabriquer les habitudes et les standardisations, adepte du Dieu Pognon, de toutes les attirances sectaires et toutes les addictions, il passe son temps à essayer d’envahir toutes les activités de la vie, pour que tout y soit contrôlé, assuré, sécurisé, prévu, balisé, bien organisé.

 Les Soufis comparent l’Esprit Ordinaire qui exerce son emprise sur l’ensemble des perceptions courantes à un dictateur qu’ils appellent le « Moi Dominant ». (cf Idriesh Shah). Le rythme métro-boulot-télé-dodo lui convient parfaitement, et il fonctionne volontiers sur le modèle des « Bidochons ». Inutile  de prétendre  que « ça ne  marche pas chez moi, ça ». Chacun(e) d’entre nous est porteur de cette configuration mentale à un degré quelconque, plus ou moins développé, plus ou moins actif. Et n’oublions pas que les modes de réaction féminins et masculins dans ce domaine diffèrent radicalement. (cf C.G.Jung¹) Si le processus « tyran » invisible est bien le même pour tout le monde, en revanche, ses effets et manifestations visibles sont très différents pour les unes et les autres.

 

Le travail de banalisation systématique étant épuisant, l’Esprit Ordinaire exige donc se distraire chaque fois que possible. Dès qu’il cesse de travailler à « gagner sa vie », il est  incapable de supporter l’ennui des routines d’existence qu’il fabrique en continu, sauf si ses besoins primaires sont satisfaits. De quoi manger et les jeux du cirque (panem et circenses), telle était la règle fondamentale de gouvernement des masses dans l’empire romain. Elle fonctionne toujours très bien chez nous à l’heure actuelle. Notre Esprit Ordinaire est l’héritier par excellence du monde romain dont la plupart de nos modèles sociaux et personnels inconscients sont issus.


 

Du point de vue psychologique, l’Esprit Ordinaire fonctionne toujours de la même façon : toujours occupé à rechercher des choses à faire à l’extérieur… de notre peau, toujours occupé à regarder devant lui ce qui se passe. Comme un jeune singe sauvage curieux et agité, il court d’abord après tout ce qui bouge dehors. Et en matière d’observation, utiliser l’Attention 1ère en ignorant les contextes, c’est tout ce qu’il sait faire. Il fonctionne un peu comme les vaches qui regardent passer les trains, ou les badauds qui s’attroupent dès qu’il y a un accident ou du sang sur le macadam.

Ce avec quoi nous travaillons ici-maintenant ensemble, moi qui écris, vous qui lisez, nous l’appelons l’Esprit d’Éveil. Cette configuration mentale fonctionne sur les modes d’ouverture, d’apprentissage, de curiosité, d’observation, de contemplation, de réflexion, de compréhension, de méditation et de création. C’est elle qui permet aux ‘prises de conscience’ de se produire. C’est elle qui est capable de prendre les ‘décisions de conscience’ et d’intimer à l’esprit ordinaire d’apprendre à travailler de façon plus intelligente et moins répétitive, par exemple.

L’Esprit d’Éveil apparaît automatiquement lorsque l’Esprit Ordinaire s’endort ou cesse de fonctionner, ce pour quoi les Tibétains disent de lui qu’il est toujours là, comme le soleil qui se met à briller dès que les nuages sont partis ou se dissipent ! Lorsque   nous  essayons   de  retrouver   la configuration  mentale  « Esprit d’Éveil » (en sanscrit « bodicitta ») le moyen habile consiste à cesser de fabriquer des nuages, à savoir, cesser de valider toutes les distractions de l’esprit, cesser de souscrire à tout ce dont se sert l’Esprit Ordinaire pour se distraire, pour empêcher notre conscience d’être pleinement active dans l’instant présent. Or, n’oubliez pas que Cesser de veut dire Lâcher prise.

Maintenant que cette différence est faite avec des mots, nous allons pouvoir appliquer cette connaissance à la question de l’ennui.


 

Comment utiliser cette connaissance dans votre vie ?

  

1°) Commencez par la vigilance et le dépistage :

D’abord, rappelez-vous (avec la 2ème prémisse de la SG) que, contrairement à ce qu’il vous raconte, votre esprit ordinaire ‘conscient’ ne perçoit pas tout, qu’il ne sait pas tout, et en plus, qu’il n’a pas toujours…raison. Loin de là !  En réalité, il n’est conscient que de ce qu’il est capable de ressentir ou de sélectionner sur l’instant, Et ce qu’il ressent pour l’heure, c’est simplement de l’ennui. Ça, vous pouvez le sentir. L’ennui est détecté ? Parfait. Alors, STOP !


 

2°) Dès « l’ennui » dépisté, STOP ! Bloquez le processus :

Intérieurement ou extérieurement, dites ‘en esprit’, et à voix basse ou haute : «  STOP ! Ça fonctionne, mais je ici-maintenant ne sais pas tout. » Et pendant 15 secondes, ne faites rien de particulier. Ne faites rien d’autre que de compter ces 15 secondes. Ne remplacez ce que vous venez d’interrompre par rien d’autre. Contentez-vous de ne pas valider et surtout, de ne pas suivre ce ressenti d’ennui intérieur. Cet automatisme relève du conditionnement et pas de la connaissance. En Sémantique Générale, cette technique est appelée le Délai de réaction.


 

3°) Détectez l’objectification et invalidez : 

Nous avons vu tout à l’heure que lorsque nous essayons de retrouver la configuration mentale « Esprit d’Éveil », le Moyen Habile consiste à cesser de fabriquer des nuages ; ici cela veut dire identifiez que vous n’êtes plus en état de Calme Mental.  L’ennui n’est pas une chose, mais une production mentale fantôme qui ne durera même pas une minute. Observez-la et laissez-la se dissoudre comme elle s’est manifestée, sans vous y intéresser. Ne réfléchissez pas ! Taisez-vous dedans et dehors. Ne ‘pensez’ pas, faites le ! Et maintenez fermement votre attention sur elle jusqu’à dissolution.


 

4°) Ensuite, observez les faits, pas vos interprétations : 

Maintenant, observez rétroactivement de quoi il est vraiment question. Reconnaissez ce sentiment comme une forme de piège subtil, une nouvelle occupation que votre Esprit Ordinaire a trouvé pour empêcher votre Esprit d’Éveil d’être pleinement actif dans l’instant présent. C’est juste sa façon d’essayer de reprendre la direction des opérations et d’exiger ses distractions habituelles.

Observez comment ce que vous ressentez trouve son origine dans une configuration mentale, une sorte de programme qui a pris possession de vos cellules, en les faisant fonctionner sans votre autorisation d’une certaine façon que nous appelons ennui.

Observez comment vous avez cessé de croire, immédiatement et de façon consciente et autoritaire, que ce sentiment d’ennui qui ‘plombe’ simplement la situation, a une valeur quelconque.


 

5°) Maintenant, observez la racine de la confusion : 

Discernez que cette façon de parler exprime un sentiment à propos d’une absence ; absence d’envie, absence d’intérêt, absence de nouveauté, absence de tout ce que je viens d’évoquer à propos du fonctionnement normal de l’Esprit Ordinaire. D’une façon générale, il est question d’une absence de mouvement et d’agitation. Autrement dit, d’une vraie tranquillité !

Or, ce ressenti d’ennui s’accompagne facilement pour nous de sensations (de second ordre) presque semblables à celles qui se produisent en situation d’angoisse. Ce ne sont pas les sensations qui accompagnent en principe la tranquillité. Le vide-creux à l’estomac, qui ressemble à une espèce de faim sans objet qui est (pour les connaisseurs) la signature du Désir Primordial Inextinguible, l’un des Trois Poisons Fondamentaux. Observez cette confusion d’interprétation à partir de sensations semblables et invalidez.


 

6°) Revenez en conscience corporelle :

Sans transition, à partir de la conscience blanche, au centre de la boite crânienne, envoyez votre attention première (laser) dans la conscience rouge du ventre. À partir cet œil du ventre, observez simplement votre respiration, les sensations des plantes de vos pieds et les tiglés qui correspondent. Si votre ‘intellect’ fonctionne après votre ‘ventre’, votre existence sera plus en accord avec la ‘réalité’. Tout simplement. Essayez de retrouver ‘physiquement’ la façon dont vous vous sentez lorsque vous êtes simplement tranquille, sans agitation, sans préoccupation et ramenez de nouveau vos attentions à percevoir vos sensations au présent.


 

7°) Changez votre interprétation de la situation : 

Observez comment ces processus se fabriquent de façon automatique et presque à votre insu. Observez en pleine action cette activité mentale automatique qui consiste à remplir la moindre seconde de votre vie avec n’importe quoi, y compris l’ennui, pour vous éloigner du présent, du réel. Laissez la faire en l’observant discrètement et sans intervenir. En faisant seulement cela, vous êtes déjà en train de quitter l’état d’inconscience. Et ensuite…

Observez à quel point ce qui se passe dans les faits est fondamentalement différent de ce que votre bavardage intérieur vous en dit…, de ce que votre esprit ordinaire cherche à vous faire croire. Ces réactions automatiques d’évitement de la tranquillité ne sont basés que sur une vision partielle de la ‘réalité’. Elles peuvent donc se révéler toxiques dans beaucoup de cas… Ne les rejetez même pas, cela demanderait un effort inutile. Contentez vous de ne pas les valider.

 Profitez-en pour étendre votre perception/conscience nouvelle de la situation en cessant de valider toutes les distractions de l’esprit, y compris ce sentiment d’ennui. Cessez de souscrire à tout ce dont se sert l’esprit ordinaire pour se distraire. Et rappelez-vous que Cesser de veut dire Lâcher prise.


8°) et maintenant, transmutez l’émotion en intelligence !

Cette configuration mentale « ennui » était seulement là pour tenter de vous distraire, une interprétation subtilement piégée pour vous replonger dans l’agitation. L’étymologie de dis-traire (dis-tractare) signifie tirer de deux côtés opposés à la fois. Si vous ne cédez pas à cette logique stupide et aveugle, vous allez pouvoir simplement rester tranquille et tourner votre attention encore plus à l’intérieur.

Vous allez pouvoir observer que toute l’agitation ordinaire est seulement faite pour vous empêcher d’accéder à ces territoires inconscients et normalement inaccessibles dans lesquels de trouvent toutes vos réserves d’énergie, de sens et de créativité. Prenez tout le temps d’accepter non pas l’ennui, mais plutôt cette situation de soi-disant « ennui ».

Entrez en contemplation sans but, sans objet, sans focalisation d’attention ni espoir d’en tirer quoi que ce soit. Laissez agir l’attention seconde flottante, organique et globale. Faites confiance à la capacité qu’a votre organisme de trouver dans ses profondeurs les vraies solutions, pas celles des idées toutes faites et standardisées de l’Esprit Ordinaire. Cette capacité a été nommée par les bouddhistes « le pouvoir d’autoguérison de l’esprit ».

Acceptez de laisser monter de ce réservoir d’énergie ce qui a besoin de s’exprimer : émotions, sentiments, sensations, idées, images, etc., Observez comment cette soi-disant angoisse du vide était faite pour vous empêcher de trouver ce territoire inconnu, mais vivant, qui est authentiquement le vôtre. Il n’y a personne d’autre que vous, dans cette configuration mentale là. Plus de parasites, plus de perturbations, plus personnalités partielles. Prenez le temps d’y entrer, de vous y installer et de vous y reposer. Vous êtes chez vous.


 

9°) Décrivez :  

Enfin, notez tout ce que vous observez et comprenez. Et si vous avez oublié à quoi cela sert de noter ce genre d’observation, cela signifie que vous avez peut-être bien lu la leçon 6 avec votre intellect, mais que vous ne l’avez ni intégrée, ni mise en œuvre. Retournez à la case départ et bonne lecture !



¹ Voir notamment l’Homme à la découverte de son Âme, et la Dialectique du Moi et de l’Inconscient.

Leçon n°19 – J’aime-ça-j’aime-pas-ça (Je-veux-je-veux-pas)

Mardi 16 décembre 2008


Une question m’est souvent posée à  propos du Travail Intérieur : «Pourquoi ces histoires de niveaux de conscience, de niveaux d’abstraction ? Pourquoi est-ce aussi compliqué ? Vous ne pouvez pas faire plus simple ?» Hélas non. Cette façon simpliste de penser Aristotélicienne (nommée le principe du tiers exclus) part du principe inconscient que les méthodes logiques de simplification servent à simplifier la réalité. Notre civilisation occidentale y a été conditionnée, mais cette prémisse fausse par rapport aux faits mérite d’être abandonnée. Les astrophysiciens ne travaillent pas avec les méthodes de pensée de l’école maternelle. Les simplifications simplifient peut-être nos analyses, mais sûrement pas la réalité ni nos relations avec elle.


La similitude de structure de nos langages (cartes) avec les faits (territoires) constitue une clé de fiabilité de notre existence et de nos réalisations. Si nous voulons pouvoir faire confiance à nos représentations du monde, nous avons le plus grand intérêt à décrire nos environnements de façon la plus précise, exacte et consciente possible. Par ailleurs, nos contextes d’existence complexes et interdépendants nous obligent à utiliser des outils capables de rendre compte de leurs différents niveaux de complexité. Par exemple, la structure du comportement « J’aime-ça-j’aime-pas-ça » peut donner lieu à beaucoup de confusions si elle n’est pas observée, décrite et ensuite utilisée dans ses différents niveaux de fonctionnement. Alors, comment discerner en conscience et utiliser à bon escient la connaissance de 6 niveaux de réalité différents possibles ? D’abord en les observant.


1°) Niveau Instinctif :   (≈ Survie)


Il s’agit d’une analyse/réaction primaire directe du cerveau archaïque à propos de la sensation. Cette réaction instinctive immédiate m’informe sur la façon dont mon organisation mentale apprécie (ou pas) aux niveaux cellulaires les plus silencieux ce qui est en train de se passer. Elle trie simplement en termes de bon/mauvais, sans finesse. Elle est fondée sur mes réalités et mes conditionnements organiques. À ce niveau là, ‘ça’ ne cause pas, ‘ça’ vit sa vie, et ‘ça’ ne discute pas. Par exemple, je fais la grimace lorsque je goûte du vinaigre, j’en redemande s’il s’agit de chocolat. Chaque organisme humain différant de tous les autres et réagissant avec ses particularités, conditionnements, limitations et handicaps, ces modes de réaction sont différents pour chacun d’entre nous.


La perception correcte de ces réactions instinctives est de la plus haute importance dans la mesure où elles m’indiquent (en conscience, voir ci-après niveau 6) quel est l’état fonctionnel de mon organisme-comme-un-tout aux niveaux silencieux. Ce dernier réagit en effet à ce qui se passe de façon fonctionnelle, sans interprétation autre que les mécanismes de maintenance directe de ma survie.


2°) Niveau Enfantin :   (≈ caprice)


Il s’agit surtout de la réaction « J’aime-pas-ça », ou « J’aime-que-ça » comme le font les enfants avant même d’avoir goûté. Il s’agit pas du résultat d’une évaluation de conscience quelconque, mais d’une opposition de principe butée-bornée qui s’érige en législation cosmique (voir Loi Cosmic dans la liste des gardiens du langage courant, leçon N°5). Elle peut se traduire aussi par un choix unique, privilégié, exclusif de tout le reste (voir le Gardien Toutourien). Envisagée par rapport au ‘stade’ de développement d’un enfant qui développe « je » par opposition au « reste du monde », cette réaction est considérée par les psychologues occidentaux comme normale dès lors qu’elle ne dépasse pas les 7 ans symboliques de l’âge de raison.


3°) Niveau Infantile-égotique :   (≈ psychorigidité)


Encore admissible à l’adolescence, surtout en ce qui concerne le domaine gastronomique, cette façon d’affirmer son ‘existence’ voire sa ‘personnalité’ sur le mode du caprice se repère à l’expression (prononcée ou pas) « Moi-je-suis-quelqu’un-qui… » aime ça, et pas ça,  je tolère ci et pas ça,  je marche comme ci, et pas comme ça, etc. S’exprimant souvent dans les conversations de salon, ce comportement qui révèle une sclérose des catégories est présenté avec coquetterie ou maniérisme par celui/celle qui s’y trouve bloqué comme un genre de signe particulier, une originalité, voire un mode d’existence esthétique auquel il se raccroche comme s’il en était l’auteur-compositeur-interprète, et par conséquent, le propriétaire.

Au quotidien, je détecte ce piège à l’œuvre chaque fois que je me cramponne à « j’aime-pas-ça » (ou « je ne veux pas ») comme si ma sécurité, mon intégrité, ma personnalité, mon plaisir de vivre, en dépendaient. D’où la difficulté à l’abandonner. En réalité, je ne suis pas le propriétaire de ce maniérisme, mais c’est ce maniérisme qui me possède.

N.B. : Les religions lourdement ritualisées, les sectes et les mouvements racistes et intégristes constituent des environnements collectifs propices à l’épanouissement de cette configuration mentale et des personnes qui s’y identifient. Les dogmes, règles et autres systèmes directeurs, intégristes et interdicteurs remplacent les structures individuelles faibles ou inexistantes du « moi ». Ils demandent à être suivis de façon aveugle, prioritaire, sans discernement et surtout, à l’exclusion de tous les autres modes d’existence. (Gardien Toutourien) Si je me crois avoir été choisi par Dieu et me persuade de faire partie de son Peuple Élu, il est évident que 1°) je deviens quelqu’un au lieu de n’être personne, que 2°) ceux qui ne pensent pas comme moi ont tort et que 3°) les incroyants n’ont pas le droit à l’existence et méritent d’être éventuellement anéantis.


4°) Niveau de l’Auto-anesthésie :


Le terme ‘état’ de conscience convient à la statique de cette modalité de conscience. Elle est caractéristique d’une personne dont l’organisation mentale cherche par ce moyen à fuir tous ses ressentis. Il s’agit d’un cran de plus que le précédent. Même si cela semble aberrant, ou que rien ne semble justifier cette réaction, le simple fait de ressentir ce qui se passe sans filtrage mental est vécu par elle comme une agression potentiellement insupportable. Au départ, il s’agit de fuir la douleur par l’absence de ressenti. Plutôt que d’avoir à les supporter, il est préférable de couper ressentis, sensations et perceptions. Par la suite, ce comportement s’étend tout naturellement par contamination à la souffrance. Le problème ici tient à la confusion entre la douleur (organique) et la souffrance, (la douleur de la douleur) qui constitue une interprétation de second ordre de ce qui se passe.


Le plus souvent, il s’est produit dans l’existence de cette personne dans la petite enfance, une interprétation traumatique d’un événement extérieur ou intérieur quelconque. Viol, enfant battu, abandonné, terreur non identifiée etc. Peu importe ce qui s’est produit. Ce qui importe, c’est la façon dont l’organisation mentale a déclaré un jour insupportable cet événement ou cette situation, en ‘décidant’ qu’elle ne le vivrait plus jamais comme ça. Une  façon de mettre hors jeu par déni la douleur et la souffrance confondues. La prémisse à l’œuvre ressemble à une formulation du genre : « Le meilleur moyen de ne pas ressentir de souffrance, c’est de ne jamais plus rien sentir du tout. »

Dès lors, l’ensemble  de l’existence  devient sans saveur et la « coupure » sensorielle qui s’est mise en place par la suite et qui en résulte (état schizoïde) produit ses effets. Sentiments d’étrangeté, de ne pas appartenir au même monde, de ne pas pouvoir s’insérer dans la « vie normale », d’incapacité, de doute, de difficulté à décider, etc.

Il y a des conséquences pratiques importantes : l’auto-anesthésie produit déjà pour amortir les coups une sorte de matelas isolant et amortisseur entre la personne qui vit de cette façon et le ‘monde extérieur’. Le matelas en question se voit souvent par des kilos en trop, mais aussi par la maigreur contraire ! Cela dit, les émotions se formant ‘dedans’ et pas ‘dehors’, un second matelas inconscient se met souvent en place vis-à-vis du monde intérieur parce que les émotions perçues comme violentes et dévastatrices doivent être évitées. Puisque dès qu’il se passe quelque chose, l’émotion peut dévaster leurs fragiles certitudes d’existence, ces personnes se contentent d’une vie rétrécie, bougeant intérieurement le moins possible et espérant surtout qu’il ne se passe rien de spécial pour ne pas souffrir. Au quotidien, je détecte ce piège à l’œuvre chaque fois que je me retrouve à ne pas savoir, ne pas sentir, ne pas vouloir faire l’expérience de -(ce qui correspond à l’attitude inverse de vouloir absolument)- ou de ne pas pouvoir décider (faute de ressenti adapté).


5°) Niveau de l’Indifférence :  (≈ A quoi bon)


Cette configuration se traduit par une verbalisation du genre : « Je m’en fous. Ça m’est égal. De toutes façons, tout m’est égal. » Fuite et absence : les sensations, émotions et sentiments existent bien au niveau silencieux, mais ils ne sont pas ressentis ni validés par l’organisation mentale comme ayant une valeur quelconque. Elle se concentre dans les seuls domaines intellectuels ; à ces niveaux, tout est dans tout et réciproquement, le contraire servant à expliquer l’inverse, tous les paradoxes sont admissibles et peuvent être conciliés par définition. Pourquoi ferais-je confiance à mes sensations ? Après tout, ces émanations grossières d’un organisme fragile sont bien moins intéressantes que mon esprit vif, agile, brillant, immatériel qui ne me déçoit jamais parce que l’imagination intellectuelle est sans limites.  Il s’agit du rejet ‘absolu’ du système J’aime-ça-j’aime-pas-ça. Mais il n’est pas difficile de comprendre qu’il s’agit de la même structure mentale alimentée par une énergie opposée.

La formulation « À-quoi-bon » (nommé « acédie » en psychiatrie)  révèle le système dépressif caché derrière cette pseudo-inexistence. Cette dé-pression semble avoir pour fonction de protéger une organisation mentale (le « moi » chez les jungiens) insuffisamment développée puisqu’en auto-restriction permanente. Insécurisée par l’impossibilité de ressentir tranquillement ses fonctionnements instinctifs et corporels, elle fonctionne sur la peur, la terreur ou un système d’angoisse généralisé. L’image archétypique de la situation me semble être celle à la Méchante Reine de Blanche Neige qui interroge son miroir sans jamais se voir réellement dedans et qui lui demande chaque matin si elle est toujours la plus belle de tout le pays en craignant d’avoir une autre réponse que « oui ». Même quand le miroir la ‘rassure’, en réalité, son état mental d’angoisse n’a pas changé et s’auto-entretient.


6°) En conscience :


Différencié de chacun des précédents niveaux, celui-ci permet d’invalider les aspects toxiques et inadaptés des articulations mentales. Ici, je peux observer mes ressentis et interprétations à propos de ce qui se passe de façon à observer-comprendre comment, dans telle situation particulière, mon organisation mentale se configure d’une façon particulière et pas une autre. Cet ‘état de conscience’ particulier, (qui correspond à un bon niveau de calme mental et de conscience corporelle) me permet de repérer à quel niveau de conscience je suis en train de « vibrer » et de me comporter à mon insu. Ce travail d’investigation non impliqué et non-agissant me permet de :


-         1°) Cesser de croire que « je suis » cette articulation mentale à l’œuvre. Observer que je ne suis pas elle. Elle fonctionne toute seule et j’ai véritablement le choix de me laisser embarquer (ou non) dans ce qu’elle me conditionne à ressentir, penser, réaliser, souffrir, jouir, etc.


-          2°) Prendre le temps de labandonner en décidant de cesser de l’utiliser. Véritable décision de conscience, cette cessation d’activité ‘volontaire’ va provoquer un certain nombre de réactions de compensation. Lorsque l’énergie cesse de passer par les voies habituelles, elle en cherche d’autres, les plus faciles, les plus fragiles et les moins surveillées. C’est à ce moment là que des érythèmes, acnés, courbatures, insomnies angoisses et autres herpès sont capables de se réveiller brutalement. >Lâcher Prise.


-         3°) Eviter de la remplacer de façon inconsciente par quoi que ce soit. (voir point 4) Les réactions organiques sont parfois violentes pour avoir l’air crédibles. Rien n’empêche de leur donner seulement leur juste importance, à savoir un remodelage énergétique qui suit son cours. Observer ce qui se passe, le ressenti des frustrations, l’inconfort des habitudes troublées, etc.,  et sans peur, laisser se dérouler le processus et attendre que ça passe. >Laisser Décanter


-         4°) Chercher des solutions créatives à l’amélioration technique intérieure et extérieure des différents paramètres de la situation. Dans quelle activité nouvelle cette énergie disponible pourrait-elle s’investir au présent dans une configuration encore à inventer qui me corresponde, me plaise et me convienne dans un domaine que je n’ai pas exploité ni travaillé jusqu’à présent ? >Créativité.


L’aveuglement spécifique se trouvant pour l’apprenti(e) au départ à son niveau maximum, l’accompagnement du/de la guide est indispensable car la rectification du système invariant j’aime-j’aime-pas peut prendre plusieurs semaines ou plusieurs mois d’observation et d’entraînement pour réussir à ne plus l’utiliser.


7°) En équanimité :


À ce niveau, je peux exister en laissant advenir les événements extérieurs et les réactions automatiques se produire aux niveaux silencieux et intérieurs. Agréable ou pas, tout se produit : les sensations, les émotions, les sentiments et même les théories à propos et le bavardage mental s’il en existe. Ce qu’il reste à faire de pertinent dans le monde doit, bien sûr, être fait. En revanche, aucun de ces processus intérieurs (1 à 5) n’est validé au point que je doive y croire et m’agiter pour y donner suite. Je peux contempler mon activité d’être vivant telle qu’elle se produit. Inutile d’y ré-agir ni d’y ajouter « Ah, c’est comme ça, donc je veux », ou « donc je dois ».

Pour mémoire, il faut noter aussi que les différents niveaux ne s’excluent les uns les autres que du point de vue binaire (oubienoubien) de l’ego ; c’est là justement le fonctionnement ordinaire du principe du tiers exclus, évoqué au début de cet article. En esprit ordinaire, notre attention saute d’un niveau à l’autre et notre conscience ne parvient pas à ‘dominer le sujet, autrement dit, à pouvoir tenir compte des autres configurations mentales que celle qui a été activée et qui fonctionne pour l’instant. En esprit d’éveil, nous sommes conduits à percevoir tous ces niveaux simultanément en attention seconde (et en c.m. ‘poisson froid’, soit sans interprétation ni jugement de valeur) mais en évaluant simplement leur puissance de distorsion dans notre perception du moment présent. Cette perception de conscience, globale et néanmoins discriminante, dépiste et démine très efficacement les logiques égotiques de l’aveuglement spécifique. Elle fonctionne parfaitement en état de calme mental, l’un renvoyant à l’autre et réciproquement. A ce niveau, rien à interpréter, rien à ajouter. Ce qui advient se produit. Et comme dit Lao Tseu, « le Sage vit sans interprétation. »


Leçon n°18 – Long Fleuve Tranquille

Lundi 27 octobre 2008

Introduction

 L’étymologie du terme « religion » – re-ligare – , nous indique qu’il s’agit de « lier une nouvelle fois ». Essayons de trouver de quoi il s’agit.

Un premier sens possible consiste à dire par exemple, comme en théologie classique des religions bibliques, qu’il est question de « lier » de nouveau l’homme (quel qu’il soit) à Dieu (quel qu’il soit). Cette interprétation renvoie à une idée présente dans bien des religions, qui est en gros celle du Paradis terrestre. Avant le Péché, avant la Chute, (épisode mythologique situé dans la Nuit des Temps) les hommes (et les femmes) se trouvaient dans la Compagnie de Dieu.

Chaque nouveau né vient sur terre marqué d’un « péché », à savoir l’ignorance fondamentale que sa vie vient de Dieu et doit revenir à Dieu. Dans cette logique, vu ce que nous savons de la nature humaine, cette dernière doit être éduquée pour pouvoir de nouveau prétendre à entrer en présence de Dieu.

C’est pourquoi le Livre Sacré est présenté comme une Révélation (donnée par Dieu), autrement dit, comme le Mode d’Emploi par excellence de ce qu’il convient de faire pour re-trouver Dieu. L’expression « «de nouveau » signifie donc « de façon nouvelle » et non pas une deuxième fois, semblable à la première. Pour les Chrétiens, l’idée de « Nouveau Testament » est de cet ordre : un « nouveau lien » avec Dieu. Rien de faux, sans doute, dans cette interprétation, mais elle n’est pas la seule.

Un second sens possible consiste, par exemple, à utiliser une vision sociologique laïque, voire agnostique, et à considérer qu’en dehors de toute hypothèse divine, chaque religion agit comme un système-fonction créateur d’un lien social qui propose à ses souscripteurs l’observance de code sociaux particuliers, l’exécution régulière de rituels collectifs et personnels particuliers, l’apprentissage d’éléments culturels spécifiques qui sont présentés comme des Lois : les Dix Commandements, La Charia, L’Octuple Sentier, etc.,. Parce qu’il doit être intégré et pratiqué par le plus grand nombre de gens possible, l’ensemble de ces connaissances constitue alors la ‘matière’ même du lien social, qui fonctionne comme élément de reconnaissance du groupe, du clan, de la secte, de la chapelle, de l’église, de la religion, etc.

De par le catalogue de recettes d’existence et de prescriptions sociales qu’il contient,  le Livre Sacré a toujours la vocation de créer du lien social et des signes de reconnaissance identitaires entre les membres de ladite religion. Dans cette interprétation, les religions ont pour tâche de relier les hommes entre eux, quelque soit son éventuelle efficacité à relier les hommes à Dieu.

 

Exclusion et volontarisme :

 

Dans les religions non monothéistes, la partie « Dogme » du Livre Sacré, à savoir « la Loi » (dogma, en grec) qui est proclamée et applicable, tire sa force exécutoire du fait que Dieu Lui-même est censé l’avoir révélée tout exprès à un homme spécialement choisi à cet effet. Quand à la Personne Élue, (Moïse, le Christ, Mahomet, les Prophètes, etc.,) son rôle consiste à enseigner tout naturellement que ces lois s’adressent spécialement au Peuple Élu qui recevra le bénéfice de l’observance de la Loi justement parce qu’il a été choisi par Dieu. Sous/sur-entendu, « et pas les autres », qui eux, n’ont pas été choisis par Dieu, qui par définition ne croient pas à ces Vérités Révélées, et qui pour ce motif, sont appelés des Incroyants.

La partie « recette sociale » du Livre Sacré est enseignée dans les écoles appropriées. La pédagogie repose sur une philosophie qui peut s’énoncer ainsi : « Nous savons bien que le monde ne fonctionne pas ainsi, mais si nous voulons qu’un jour tout le monde fonctionne ainsi, il faut apprendre comment ça fonctionne et le mettre en pratique dès à présent ». Et le fait que ça ne produise aucun effet sur les autres, les incroyants, prouve justement qu’ils sont dans ignorance, que « nous » avons raison et qu’ « ils » ont tort. C’est l’essence même d’un système fonction : un système défini par ses propres fonctionnements en boucle circulaire. « Faites semblant de croire et bientôt vous croirez », disait Pascal. « Pratiquez et vous verrez », disent Juifs et Musulmans. Ce genre de prémisse produit un effet technique positif qui consiste à faire la démonstration de l’efficacité de principe des préceptes entre les gens qui pratiquent la même religion. L’efficacité est très souvent au rendez-vous dans la mesure où l’entraînement agit comme un conditionnement efficace.

Aux niveaux collectifs, certains systèmes religieux amplifient ce qui vient d’être expliqué de façon volontariste, de façon à ‘passer en force’ à l’extérieur. Le discours est alors du genre : « Je me comporte individuellement et collectivement de la bonne façon, de manière à ce que cela devienne une évidence, et j’impose ces comportements qui constituent mon idéal, y compris par la force, à tous les incroyants.» Rien de nouveau non plus à ce niveau.

 

Effet pervers : l’angélisme

 

En revanche, aux niveaux individuels, l’effet pervers peut se manifester dans un certain angélisme. Par exemple, le résultat objectif du discours catholique (Tendez la joue gauche, Aimez vos ennemis, etc.,) donne une formulation du genre « Dès lors que j’ai la foi, la vie doit couler comme un long fleuve tranquille. Je n’ai pas à craindre mes ennemis, Dieu pourvoira à mes besoins et à ma sécurité. » Il en découle une interprétation parfaitement inconsciente qui conditionne quelqu’un(e) à penser que l’état ‘normal’ du monde est d’aller bien. « Tout le monde il beau, tout le monde il est gentil » (Film de Jean Yanne en 1972). Appliqué à mon existence ordinaire, cela donne : « Je vais bien, c’est normal. Je suis malade, c’est une catastrophe et le monde s’arrête de tourner. »

Cette vision inconsciente et conditionnée fonctionne en contradiction apparente et en même temps qu’un autre discours collectif (in)sécuritaire, qui se nourrit de précautions, de préventions des risques, d’assurances, de réassurances et de systèmes de sécurité toujours plus sophistiqués et nombreux. Ce discours collectif vibre en effet à l’unisson du fonctionnement égotique individuel qui cherche par tous les moyens à préserver sa tranquillité, ses habitudes et ses habitudes mentales, « le connu » étant par définition ressenti comme beaucoup plus sécurisant que « l’inconnu ».

 

Rectifier le tir

 

Le discours bouddhiste, dans lequel le Travail Intérieur plonge une grande partie de ses racines, insiste sur la nécessité d’expérimenter au lieu de croire. Plus factuel, il incite à méditer, puis à prendre conscience, que notre réalité objective et fondamentale s’appelle la douleur et la souffrance, également réparties entre la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort. Autrement dit, il s’agit de nos réalités physique et psychique objectives. C’est cela, notre processus normal d’existence, à partir duquel nous devons travailler à faire cesser la souffrance.

 

Comment utiliser cette connaissance dans votre existence ?


1°) Commencez par la vigilance et le dépistage : Chaque fois que possible, observez comment vous avez été incités, dressés, conditionnés à « positiver » sans discernement tout ce qui se présente, et comment, au présent, il vous arrive de chercher et de trouver des excuses, des justifications, des explications et des ‘parapluies’. Observez cette activité mentale qui consiste à interpréter, qualifier, juger, auto justifier, rationnaliser etc., ce qui se passe en pleine action. Laissez la faire en observant sans intervenir, mais…

 

2°) Dès que vous l’avez bien vu fonctionner, bloquez le processus : Intérieurement ou extérieurement, dites à voix basse ou haute « STOP ! Ça juge, mais je ici-maintenant ne sais pas tout. Assez de bavardage : que se passe-t-il réellement ici-maintenant ? » Le Gardien à l’œuvre ici (voir leçon 5 du blog) s’appelle Loicosmic.

 

3°) Prenez le temps d’observer et d’étudier la façon dont ces opinions, jugements, certitudes, justifications etc., ne sont basés que sur une vision partielle de la ‘réalité’ dont vous avez hérité et que vous n’avez pas encore vérifiée. Observez l’influence de vos sentiments, vos jugements de valeurs, vos émotions, etc., sur vos représentations de la réalité. Elles peuvent se révéler non valides dans beaucoup de cas… Peut-être y a-t-il même lieu de ne pas les valider, voire de les rejeter le plus vite possible.

 


Objectif du T.I.

 

Il s’agit de parvenir d’abord à admettre de façon organique qu’il existe une différence importante entre vos attitudes de Jésus Christ ou de Saint Bernard et votre ‘réalité fonctionnelle’. Vous n’êtes pas tout(e) puissant(e), l’univers se passe très bien de vous et votre pouvoir d’agir sur lui est bien souvent illusoire.

  Il s’agit ensuite d’intégrer cette conscience à votre existence de façon à cesser de vous sentir dérangé(e) ou démoli(e) chaque fois qu’une douleur ou une souffrance se produit.

Cela s’appelle alors l’équanimité, à savoir la capacité de la conscience à traiter de façon ‘égale’, sans interprétation de valeur, les événements qui se produisent sans déranger les fonctionnements de l’esprit ordinaire, de façon que la conscience d’éveil reste à la direction des opérations.

 

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, (film d’Etienne Chatilliez en 1988) et notre ignorance des modes d’emploi efficaces nous conditionne à fabriquer de façon automatique bien des erreurs et des catastrophes normalement évitables. D’où l’enseignement du Bouddha qui dit en substance: « Les modes d’emploi qui permettent de mettre un terme à votre et vos souffrance(s) existent. Vous avez la possibilité d’apprendre à les faire fonctionner. Faites donc de cet apprentissage votre moteur d’existence. Vos soucis diminueront en même temps que votre ignorance.

 

Mais personne ne vous oblige à faire ce travail… intérieur.».

 

Dans la même veine, laissons à Lao Tseu le mot de la fin : « Le Sage vit sans interprétation ».

Leçon n°17 – Savoir observer un ‘Pavlov’

Lundi 27 octobre 2008

Un peu d’histoire :

Ivan Petrovitch PAVLOV est considéré comme l’un des fondateurs de la psychologie soviétique moderne. Son travail sur les réflexes conditionnés (ou conditionnels) a été publié dans deux livres, « Vingt ans d’expérience dans le domaine de l’activité nerveuse supérieure des animaux » (1922) et « Le réflexe conditionnel » (1928). PAVLOV est aussi à l’origine de nombreuses recherches sur les processus d’apprentissage, la formation des habitudes, le conditionnement au plaisir et à la douleur, le sommeil, l’hypnose, etc.

 

Introduction

 

Dans ce qui suit, en mémoire de ce chercheur, le terme  « pavlov » désigne une comportement qui s’est mis en place par conditionnement (répétition), et qui, à première vue, se présente comme inchangeable, comme s’il était devenu un élément de ‘personnalité’ constitutif de l’identité de la personne qui en est la victime.

Les configurations extérieures et intérieures (I/E) dans lesquelles le pavlov a pris naissance doivent être soigneusement étudiées. En effet, ces environnements de l’époque ont constitué les cadres tant matériels qu’immatériels, tant physiques que psychiques, etc., de cette naissance. Dans ces conditions, ne pas faire le travail approfondi de recherche de ces éléments équivaut à se priver d’une bonne partie de la vérité et donc, de la possibilité de voir cesser ledit pavlov. 

 

Observations

 Le pavlov se présente comme le résultat visible (au présent) de ce qui s’est un jour produit pour la personne dans ses environnements. À la base (passée), se trouve toujours une sorte de décision plus ou moins (in)consciente qui a servi un jour à mettre au point des conditions d’existence raisonnables, en réaction/adaptation/compensation à une situation (I/E) ressentie comme insupportable. Cela signifie que le pavlov est né d’une interprétation (fonction sentiment) de la situation :

 

Exemple 1 : « Puisque mon père ne m’aime visiblement pas, j’arrête de manger ce soir (et ensuite tous les autres soirs aussi, s’il le faut ;  il fera bien attention à moi, quand même… ».

 

Exemple 2 : « Puisque je ne peux pas faire confiance à ma mère, je vais me méfier des femmes, d’abord de quelques unes, et ensuite, de toutes. Comme je ne peux pas leur faire confiance, je vais garder mes distances, les traiter comme des choses. Ce sera plus simple. »

 

Exemple 3 : « J’en ai assez d’être traitée comme un objet de convoitise. Je vais m’enlaidir le plus possible, et puis, je vais faire disparaître tous mes désirs. Comme cela ne sera peut-être pas suffisant, il faut aussi que j’ignore toutes mes sensations, et que tout m’indiffère. Si possible, disparaître le mieux et le plus souvent possible, et de façon définitive s’il y a lieu. » 

 

Exemple 4 : « Je vois bien que ma mère (et/ou mon père) me méprise. Ça ne fait rien, je fais en faire tant et tellement, mon application et ma bonne volonté seront tellement évidentes qu’il (/elle) sera bien obligé(e) de le reconnaître un jour. »

 

Exemple 5 : « Quand j’étais gamin, mes copains, dans les douches du gymnase, se sont moqués de mon sexe trop petit. Alors, je me suis dit que je ne pourrai jamais avoir de femme. Vers 26 ans, les enfants ont commencé à m’attirer beaucoup… »

 

Exemple 6 : « quand j’ai commencé à devenir une femme, je me suis habillée une fois avec un chemisier un peu décolleté, et mon père m’a traitée de pute. Depuis, ça m’égal, qu’est-ce que ça peut faire… je couche avec n’importe qui.                 ETC..

 

Sous l’emprise d’un pavlov, je fonctionne sous le régime du ‘Grand Magicien’ (‘GM’) des conteurs-poètes soufis. Tant que ledit pavlov ne me pose pas de problème insupportable, je peux aller jusqu’à croire dur comme fer qu’il  « me tient depuis tellement longtemps que je ne parviendrai jamais à le changer. » « On ne se refait pas. ». Donc, ce n’est même pas la peine d’essayer. Rien que l’idée du travail intérieur à ‘faire’ pour changer cela est ressentie comme fatigante. Signé Grand Magicien! Cette résistance objective et visible au changement intérieur a été désignée par le terme sclérose des catégories.

 

Analyse

 Aussi ignorant qu’inconscient, fidèle allié du ‘GM’, l’esprit ordinaire (organisation mentale conditionnée à réagir de façon basique) qui s’accroche au pavlov est indispensable à sa survie, et il fera tout pour le maintenir en place à coup de protestations, d’impuissance, de colères, de justifications et de rationalisations de toutes sortes. « Cela fait tellement longtemps que je vis comme ça que ce fonctionnement est devenu moi (syndrome d’identification), ou à moi, (syndrome de possession). » D’où le système de défense suivant : « Mais si je m’en débarrasse, si je cesse de me comporter avec ce genre de fonctionnement, « je » suis quasiment certain(e) de mourir ! »  Toujours la version Grand Magicien, qui utilise les angoisses de mort et de dissociation pour surtout ne rien changer.

 

Dans tous les cas, aux niveaux silencieux et inconscients, le pavlov est resté pour ‘moi’ depuis son premier instant d’existence synonyme de survie. Cette pétrification mentale peut durer tant que la schizophrénie (coupure psychique) qui l’accompagne et qui en résulte n’a pas été suffisamment reconnue, notamment grâce au dépistage des façons de parler listées sur le tableau des « gardiens » du langage courant. Cet état schizophrénique de fait se traduit par une inconscience corporelle qui résulte de la décision d’origine. Celle-ci s’est mise en place sur la base d’une formulation du genre « Je ne veux (ou peux) plus sentir ça », Le résultat consiste donc à couper le tandem sensation+perception, car comme il s’agit d’une véritable auto agression, j’oublie, j’éjecte cela de ma conscience pour pouvoir continuer à exister sans avoir l’impression de me marcher dessus. Tous les processus que je viens d’énoncer sont la plupart du temps inconscients.

 

De ce point de vue, le pavlov apparaît ainsi comme un comportement parasitaire perdurant qui a remplacé et/ou occulté un fonctionnement adapté à l’agression d’origine. Un comportement qui se présentait 10, 20, 30 ou 40 ans plus tôt comme une sorte d’adaptation fonctionnelle, un système de protection et de défense plutôt efficace sur le moment, devient franchement toxique et inadapté lorsqu’il continue à fonctionner à vide 10, 20, 30 ou 40 ans plus tard, alors que toutes les conditions I/E ont changé et que les motifs et configurations de la réaction d’origine ont disparu depuis longtemps. C’est ce genre de mécanisme inconscient qui est à l’œuvre et qui doit être recherché, conscientisé, puis abandonné.

 

Qu’est ce qu’un comportement ?

En terme de conscience corporelle, ce que nous appelons « un comportement » constitue la résultante d’une configuration mentale organique et vibratoire particulier, que nous pouvons aussi appeler en langage courant une ‘disposition d’esprit’. Cet ‘état’ (processus provisoirement stable) de la conscience à la fois fonde un comportement, le caractérise et lui correspond.

Par ailleurs, pour qu’elle soit à la fois pertinente, exécutable, réalisable et réussie, chacune de nos activités doit se produire au ‘juste moment’ ; le « kaïros » des grecs. Si je me trouve en kaïros d’appétit érotique, ce n’est pas le moment d’attaquer la lecture du Capital de Marx, ni celle du Coran, de la Thora ou des Evangiles. Si l’heure est celle regarder un match de foot à la télé, n’importe quel discours philosophique, amoureux ou autre, arrivant de l’extérieur, sera ressenti comme in-désirable, in-adéquat et im-(non)-pertinent. Et réciproquement !

 

L’état mental vibratoire et énergétique qui correspond à un pavlov peut être ressenti comme une sorte de personnalité partielle qui vient remplacer mes fonctionnements très facilement si je n’y prends pas garde, si je perds ma vigilance, si je suis fatigué(e), etc., Me sentir dérangé par cette configuration vibratoire va prendre la forme d’un petit signal d’alerte silencieux qui peut se traduire au niveau verbal (interne) par une phrase du genre :  « Fais gaffe, mon petit Philippe, tu dérailles… ». Lorsque nous en parlons ensuite, cela devient ; « Alors, je me suis dit : « Philippe, ça ne va pas ! Il va falloir que ça cesse ! »

 

En apparence, le ‘je’ raisonnable essaye de faire entendre raison à un autre ‘je’ qui s’appellerait ‘me’  mais qui lui reste inaccessible. Comme si ‘me’ se comportait comme un(e) gamin(e) indiscipliné(e) qui n’écoute pas les conseils de ‘je’ et qui n’en fait qu’à sa tête… En réalité, c’est-à-dire, au niveau des faits, dès que ‘je’ se met à parler à ‘moi’, il n’y a à attendre de ce genre de verbalisation qu’une augmentation de la confusion mentale.

Cette représentation de mon fonctionnement constitue une véritable carte sans territoire et cette illusion là doit être observée sans relâche jusqu’à ce que cède son caractère ‘false to fact’ (faux par rapport aux faits). En effet, elle maintient celui/celle qui cherche à s’en extraire dans un état d’infantilisme et d’impuissance chronique. Je ne peux pas « extirper » par mes propres moyens une soi-disant personnalité partielle qui serait censée me constituer, même de façon provisoire. Simplement, il importe de prendre conscience (voir mode d’emploi en 12 points) que cette représentation est née d’un processus mental nommé personnalisation, qui constitue une autre forme du processus d’objectification, les deux ayant pour racine le processus d’identification.

 

Expérience et verbalisation

 

Expérience faite, il se trouve que la conscience corporelle garde cependant la mémoire organique et cellulaire de « comment ça faisait quand je n’étais pas devenu(e) comme ça. » Le réglage mental particulier dit « relaxation profonde » permet dans beaucoup de cas et surtout en massage du Calme Mental® de ‘débrancher’ tout ou partie des systèmes de défenses qui fonctionnent sur les registres conscients habituels de l’existence ordinaire pour pouvoir ‘retrouver’ –c’est à dire réactiver- au présent les conditions de perception de la mémoire cellulaire.

 

Le terme ‘personnalité’ doit être clairement défini en évitant les vocabulaires symboliques ou poétiques, de façon à ne pas entraver la mise au point personnelle d’une représentation verbale opérationnelle et correcte. Cette configuration mentale doit être envisagée en termes de attentions-processus-énergie-mouvement-matière-espace-temps.

Dans ces conditions, cette formulation constitue une carte utilisable pour piloter ma propre transformation. Cette nouvelle carte réalisée aux niveaux silencieux permettra par expérience directe (en MRP, notamment) de faire l’expérience sensorielle subtile du processus vibratoire non encore actualisé correspondant audit pavlov, et de l’abandonner en pleine conscience. Seulement alors, la place sera vide pour permettre aux comportements adaptés au présent d’utiliser l’énergie disponible dans des environnements I/E assainis.