Cinq histoires de Mulla Nasruddin

Lisez ces histoires et essayez de ressentir de façon précise l’atmosphère de chaque histoire de façon à pouvoir retrouver dans votre existence si quelque événement de structure semblable vous est déjà arrivé. Une fois que vous aurez terminé de tout lire, entourez l’histoire qui vous plaît le plus, et observez soigneusement le fonctionnement de votre Organisation Mentale pendant que votre ‘intellect’ travaille à étudier et comprendre ceci.

I°) Seulement une question de temps

Nasruddin acheta un âne. Chaque jour, il devait, lui dit-on, donner à l’animal une certaine quantité de nourriture. C’était bien trop à ses yeux... Il décida donc de tenter une expérience : il allait habituer son âne à manger moins. De jour en jour, il réduisait donc sa ration en conséquence. Un beau jour, cependant, alors qu’il en était réduit à ne presque plus rien manger du tout, l’âne se coucha sur le sol et mourut.

  • Ah ! Quel dommage ! s’écria Nasruddin. Si j’avais eu seulement un peu plus de temps devant moi, je suis sûr que j’aurais pu réussir à l’habituer à vivre sans manger...

II°) Après tout, c’est peut-être vrai !

Nasruddin, perdu dans ses réflexions, descendait la rue du village lorsque des garnements se mirent à lui jeter des pierres. L’attaque l’avait pris au dépourvu et il n’était pas homme à pouvoir leur en imposer. Il décida de ruser :

  • Arrêtez et je vous dirai un secret !
  • D’accord, dis-nous ton secret, mais pas de philosophie !
  • L’Emir offre un festin à tous ceux qui se présenteront au palais ce matin.

Les gamins s’éloignèrent en courant en direction de la demeure de l’Emir, tandis que Nasruddin s’animait peu à peu à l’idée des mets raffinés et des plaisirs de la fête. Levant les yeux, il vit les enfants disparaître dans le lointain. Brusquement, il releva ses robes et se mit à courir sur leurs traces.

  • Je ferais mieux d’aller y voir, dit-il haletant. Après tout, c’est peut-être vrai...

III°) Prendre le deuil au cas où...

Nasruddin déambulait, drapé dans une robe de deuil bleu sombre.

  • Pourquoi es-tu vêtu ainsi, Mulla ? lui demande un passant. Quelqu’un est-il mort ?
  • C’est à peu près sûr, répondit Nasruddin. Et puis tu sais, ça aurait pu arriver sans que j’en sois informé.

VI°) Quel est le plus bel exploit ?

Nasruddin était alors maître d’école.

  • Qui a accompli le plus bel exploit ? lui demanda un jour  un de ses jeunes élèves: celui qui a conquis un empire, celui qui aurait pu et qui ne l’a pas fait ou bien celui qui a empêché un autre de le faire ?
  • Je n’en sais rien, répondit le Mulla. Mais ce que je sais, c’est qu’il existe un exploit encore plus difficile que ceux là.                       
  • Ah oui ? Et lequel ?
  • Celui d’essayer de vous apprendre à regarder les choses telles qu’elles sont et non pas telles que vous supposez qu’elles existent...

V°) Avis à la population

Nasruddin se mit à haranguer les gens sur la place du marché : «  Hé, vous autres, Voulez-vous la connaissance sans peine, le vrai sans le faux, la réalisation sans effort, le progrès sans sacrifice ? » En un clin d’œil une foule immense s’était assemblée autour de lui. Et tous de crier : « Oui !oui ! » - Parfait, dit le Mulla. Je voulais seulement me faire une idée. Si jamais je découvre comment faire une chose pareille, vous pouvez compter sur moi pour ne rien vous en cacher.

Les plaisanteries de l’Incroyable Mulla NasruddinIdries Shah / Le Courrier du Livre, éditeur.

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