Evidences et Certitudes de Nasruddin – Histoire Soufie

La cause du décès 

  • Mon voisin vient de décéder, annonce un soir Nasrudin en entrant dans la maison de thé.
  • Connaît-on la cause du décès ? demande l’un des clients.
  • On n’a jamais su pourquoi il vivait, répond le Mulla.
  • Comment pourrait-on savoir pourquoi il est mort ?

Le marché aux ânes

C’est le marché aux ânes. Il y a grande affluence de vendeurs et d’acheteurs. Deux hommes de la grande ville passent justement par là et l’un d’eux, du haut de son cheval, s’exclame d’une voix forte et méprisante :

  • Regarde donc comme c’est drôle ; ici, il n’y a que des ânes et des paysans !
  • Nasrudin, qui se trouve par hasard tout près, lui demande :
  • Tu es sans doute un paysan, toi même ?
  • Moi ? Certes non, répond l’autre toujours méprisant, mais vexé.
  • Bon, conclut Nasrudin. Alors, je vois bien qui tu es.

(Hautes sottises de Nasr Eddin Hodja ed. Phébus 1994)

 Un autre aspect de cette complexité se trouve dans le fait que la structure OU BIEN / OU BIEN se retrouve aussi bien de façon implicite dans les oppositions vrai/faux, blanc/noir, etc., En voici deux nouvelles démonstrations faites par Mulla Nasrudin soi-même :

Evidence 

Impressionné par ses paradoxes et ses propos sceptiques, un homme du village qui s’était entretenu avec Nasrudin conclut sur cette remarque :

  • Au fond, si je comprends bien ton système, on ne peut jamais être sûr qu’une chose soit vraie ou fausse.
  • Pas du tout, l’ami, ce n’est pas ce que je prétends.
  • Peux-tu me donner un exemple, alors ?
  • Bien sûr ! L’autre jour, je me promenais dans la rue, lorsque j’ai entendu un passant dire à un autre que j’étais mort. Eh bien, j’ai su immédiatement que c’était faux.

Science et Ignorance

Attiré par la réputation de science de Nasrudin, un étudiant vient spécialement de Konya pour lui poser des questions. Il l’interroge sur les noms d’Allah, sur la transcendance divine, sur la pluralité des univers et l’étoile Sirius, ainsi que bien d’autres choses encore, plus complexes les unes que les autres. Mais à chaque fois, Nasrudin répond qu’il ne sait pas. A la fin, le jeune homme pense qu’il a perdu son temps avec un imposteur.

  • Par Allah l’Omniscient ! Honte sur toi jusqu’à la vingt septième génération non comprise ! Je vois bien que ta renommée ne repose sur rien !
  • Qu’en sais-tu ? répond le Mulla. Je suis renommé pour ce que je sais. Pas pour ce que je ne sais pas !
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