Leçon n°4 – Comment ça marche ?

Vous souhaitez ordonner un peu vos conditions d’existence ?

Alors, cessez de tout savoir et d’interpréter.

Observez ! Observez les faits !

Commencez à regarder votre existence et celle des autres

Comme si vous ne l’aviez jamais vue.

Mettez de côté votre esprit ordinaire fatigué

et utilisez l’esprit d’éveil.

L’esprit d’éveil ?

celui ouvert des enfants qui découvrent le monde.

L’esprit ordinaire s’emploie tous les jours à nourrir votre estomac.

Il vous appartient d’utiliser

l’esprit d’apprentissage qui nourrit la conscience.

Dans la quantité des étoiles visibles dans le ciel,

comment s’y retrouver ?

Pour observer les étoiles de façon efficace,

il faut des points de repère.

Dans la quantité des éléments de notre existence,

comment s’y retrouver ?

Pour observer notre existence de façon efficace,

il faut des points de repère.

En voici quelques uns, fondamentaux.

La ‘réalité’ n’est pas des mots,

(autrement dit, n’est pas d’ordre verbal.)

Le langage courant représente ‘la réalité’ avec des mots,

(verbalise à propos)

Mais le langage courant contient de graves défauts de forme et de structure

Ces défauts constituent des mécanismes mentaux actifs, puissants et toxiques

Nous avons été habitués et formés

à trouver ces défauts normaux et logiques

La formation (scolaire) a transformé

ces mécanismes mentaux erronés en croyances

Ces défauts/croyances constituent des sources

d’erreur importantes et répétées

Ces sources d’erreurs constituent pour nous

des facteurs d’aveuglement

Ces facteurs d’aveuglement

nous font ignorer jusqu’à notre ignorance

Cet Aveuglement est dit Spécifique,

Car nos façons de voir ‘la réalité’ nous sont personnelles

Les mots et le langage courant ne sont pas le seul moyen

de représenter ‘la réalité’.

L’organisme tout entier crée de façon permanente

des systèmes de représentation.

La connaissance de ces processus constitue

un outil de gestion d’existence performant.

La plupart de ces systèmes fonctionnent aux niveaux silencieux ;

(non pas avec des mots).

Aux niveaux des mots, nous traduisons nos perceptions

et nos ressentis en symboles.

Les représentations silencieuses et les représentations verbales

interagissent entre elles

Nos ignorances et aveuglements personnels

nous amènent à commettre erreurs et bévues.

Elles sont innombrables et nous sommes juridiquement

responsables de tous leurs effets.

Le prix humain et financier de l’ignorance

de ces processus erronés peut être très élevé.

Prévoir et dépister ces sources d’erreur

se fait par observation, expérience et apprentissage.

Cet entraînement permet de déblayer et de nettoyer

le paysage extérieur et intérieur.

L’accroissement de conscience qui en résulte

améliore toutes les conditions d’existence.

Certaines de ces affirmations peuvent choquer vos repères habituels.

Aucune importance. Ne croyez rien sur parole. Expérimentez !

Tout ce qui est exprimé ici, vous allez devoir/pouvoir le vérifier.

Vérifier signifie « Faire du vrai », pour votre usage propre d’abord.

Pour mémoire, soulignez dans ce texte chaque mot que vous ne comprenez pas.

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Notre organisation mentale fabrique en permanence des systèmes de représentations qui nous servent à orienter nos jugements, nos évaluations, nos décisions. Dans le Travail Intérieur, ces représentations sont appelées des ‘cartes’ et les situations sont appelées des ‘territoires’.[1]

Ces systèmes de représentations interviennent en permanence dans nos réalités quotidiennes. Mais leurs fonctionnements sont aussi pour nous presque toujours inconscients.
Du point de vue du seul fonctionnement cérébral, les Sciences Cognitives estiment actuellement (1997-2007) que ce que nous appelons « la réalité » dépend pour une part considérable des suppositions, inférences, interprétations, et bavardages mentaux divers qui se produisent automatiquement à partir de ce qui se passe ‘dehors’ et du fonctionnement du langage courant.

Très souvent, nous identifions ces trois niveaux de réalité, et la plupart de nos échecs dans les affaires humaines trouvent leur source dans cette confusion.

Une carte n’est pas le territoire

Qu’elle représente.

Un mot n’est pas la chose ni l’événement qu’il cherche à exprimer.

Cette idée constitue un thème récurrent dans l’histoire des sciences et elle a fasciné les plus grands noms de la philosophie et de la psychologie.

Ce vocabulaire imagé et analogique constitue la base de travail pratique à partir de laquelle il est possible d’étudier les façons dont nos représentations ‘collent’ plus ou moins bien aux réalités de façon à pouvoir gérer ensuite les conséquences de ce ‘plus ou moins bien’.

Dans les faits, plus une carte représente fidèlement le territoire correspondant, plus grandes sont nos chances de nous retrouver correctement sur le terrain. Inversement, plus nos ‘cartes’ sont limitées ou déformées, moins elles sont fiables et les probabilités de voir échouer nos projets et nos travaux augmentent en proportion.

La façon dont nous construisons nos cartes dépend non seulement du cumul de toutes ces limitations, mais encore des déformations (suppositions, projections, identifications, généralisations, etc.,) que nous introduisons presque toujours inconsciemment en interprétant le résultat que nous présente notre organisation mentale, et qui aboutissent souvent à nous faire confondre l’origine et le résultat, le tout et la partie, etc. Plus nombreuses sont nos limitations et les déformations, moins nos cartes sont fiables. Nous ne parlons pas seulement ici d’une quantité suffisante de détails à respecter pour que la carte corresponde au territoire, mais aussi d’une qualité de similitude de structure entre nos représentations et la réalité.

En Sémantique Générale [2], le processus de sélection des informations (souvent inconscient) est appelé processus d’abstraction et la connaissance consciente de ce processus est appelée conscience d’abstraire.


 

[1] Cette image est issue de la Sémantique Générale de A. Korzybski. Science & Sanity : 1933

 

[2] La Sémantique Générale travaille les relations entre les faits, leurs représentations, et leurs différents modes d’expression. Elle propose donc un modèle généraliste d’observation et de compréhension de la structure des processus mentaux. Elle permet de dissiper les confusions existantes et de mettre de l’ordre dans les autres configurations symboliques qui conditionnent l’ensemble de nos relations au monde. Utilisée de façon préventive, elle permet de dépister à l’avance avec une grande précision les facteurs aggravants et les risques d’erreurs.

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