13 – Pratique de La Montagne

Comme tous les entraînements de yoga, cette pratique est destinée à être exercée chaque jour possible de tranquillité de façon à pouvoir entrer en action efficace dès qu’il se présente un ‘coup de chaud’ d’existence. Ce n’est pas le jour de la compétition qu’il faut commencer l’entraînement. Mais c’est bien le jour de la compétition qu’il s’agit d’utiliser à fond les résultats de l’entraînement !

Présentation :

Du point de vue de l’esprit ordinaire, nous commençons chaque jour par passer de la position couchée à la position assise, puis à la position debout. L’esprit ordinaire étant par définition identifié à « mon corps », et fonctionnant en coupure corps/esprit, la verbalisation correspondante s’écrit et se dit : « Je me lève », càd,  « Je lève moi ».

Le contenu implicite et inconscient de cette formulation équivaut à « Mon esprit ordinaire lève mon corps ». Cette façon de parler-penser entretient aux niveaux silencieux et inconscients l’idée d’un corps-pantin, (Pinocchio), un corps-machine-outil (Robot), un corps-chose (Cadavre) dépourvu de conscience et d’énergie vivante, etc. Cette idée/représentation inconsciente fonctionne à pleine puissance dès le réveil et perdure ensuite pendant la journée toujours aux niveaux inconscients.

En plus de la nécessité de prendre conscience de l'impact de ce genre de formulation sur nos comportements automatiques, cet exercice est donc destiné à empêcher l’esprit ordinaire de se ré-incruster dès le matin dans ses conditionnements habituels et à lui apprendre à fonctionner plutôt en Esprit d'Eveil.

Pour ce faire, en restant allongé(e) et avant même d’admettre la moindre pensée et/ou faire le moindre mouvement ‘physique’ automatiques et inconscients orientés vers l’action de se lever, il s’agit de visualiser en imaginal [i] aussi  clairement que possible :

 

1 :      Le bouton de fleur de lotus blanche aux reflets violets s’ouvrant en dessus du crâne,

-       L’entrée de l’énergie du ciel blanche/transparente par la porte d’en haut s’enroulant autour de

-       la conscience blanche tournant au point source qui envoie le laser d’attention 1ère à

-       la conscience rouge tournant en sens inverse de la blanche dans l’œil du ventre qui va

-       irradier l’attention 2de dans l’ensemble du volume corporel jusqu’aux extrémités ;

 

2 :      laisser pousser sous la porte d’en bas une arborescence de corail souple rouge sombre

-       laisser s’allumer les tiglés rouges sous le pied droit, blanc sous le pied gauche ()

-       laisser s’allumer les tiglés blanc sous le pied droit, rouge sous le pied gauche ()

-  ouvrir les plantes de pieds pour que l’énergie du ciel évacue l’agitation mentale par
en bas ;

 

3 :     aspirer l’énergie rouge (volcan) par les plantes des pieds et par le corail de muladhara, qui va

-       s’enrouler autour de la conscience rouge tournant au creux du ventre, laquelle agit comme

-       un feu d’artifice énergétique qui nourrit l’ensemble du volume corporel jusqu’à ses extrémités ;

-       ressentir en imaginal le pétillement fin et subtil de cette énergie qui nourrit tout l’organisme ;

 

4 :     laisser s’allumer les tiglés blanc dans la paume de main droite, rouge dans la main gauche ()

-       laisser s’allumer les tiglés rouge dans la paume de main droite, blanc dans la main gauche ()

-       laisser s’allumer le tiglé blanc à l’emplacement de l’œil du front

-       laisser briller (diffusion externe) l’étoile bleue et verte aux reflets orangés dans l’espace du cœur.

 

5 :     Passer à présent tranquillement en position debout.

Visualiser (en attention 5ème) un cône d’énergie dont le sommet se trouve dans la fleur de lotus,

Visualiser ensuite à sa base le point d’assemblage qui se trouve au sol entre les tiglés des pieds.

Aller chercher ce point d’assemblage pour le ‘tirer’ entre les genoux,

Le faire pénétrer par muladhara pour l’intégrer à la conscience rouge.

 

Si cela vous aide, n’hésitez pas à prononcer en esprit la phrase : « Je ne suis pas mon corps, je ne suis pas mon esprit » [ii], etc., et informez (je-en-conscience) l’esprit ordinaire ( qui est en train d’essayer d’activer ‘moi’) qu’il va pouvoir s’offrir le luxe de :

 

6 :     Fonctionner aujourd’hui sans souffrance depuis ce point d’assemblage là (P.A ‘sensation’) et non pas sur ses autres P.A inconscients habituels à savoir le point source (P.A ‘intellect’) ou l’espace du cœur (P.A ‘sentiment’), qui fonctionneront beaucoup mieux en modes auxiliaires mais pas sur leur mode ordinaire inconscient et automatique.

 

7 :     Contempler (je) l’ensemble du monde extérieur (matériel visible) et du monde intérieur (immatériel invisible) et les vivre (moi) avec esprit d’apprentissage, intérêt, efficacité et précision, en y participant au mieux et en s’abstenant le plus longtemps possible de toute implication volontaire (ou non), càd réaction émotionnelle ou affective, opinion, intervention, bavardage mental automatique, inconscient, etc.,.

 

« La Montagne » désigne donc une configuration mentale qui correspond à un placement particulier de la Conscience. Le ressenti qui doit en résulter est celui d’« être » comme une montagne immobile autour de laquelle le monde entier bouge.[iii] C’est l’image du « cône d’énergie » dont il est question ci-dessus.

Ramana Maharshi enseignait un exercice préparatoire consistant à modifier son état de conscience dans un train qui se déplace de façon à pouvoir ressentir, en état de méditation/contemplation, moi-immobile dans le train-immobile, au centre du monde, le paysage défilant à toute allure.

Appliquée au Travail Intérieur, il s'agit d'établir une claire perception de la conscience vivante mais immobile qui contemple (de façon non impliquée, non-désirante, non agissante etc.,) le capharnaüm des processus mentaux et les agitations de l'esprit qui illustrent si bien le processus-concept d'impermanence qui constitue la porte d'entrée du système bouddhique.

Jeu d’Illusions

Il convient de bien situer l’intelligence de cette pratique (qui fait partie des ‘moyens habiles’) dans la logique bouddhique qui classe l’impermanence comme l’une des causes principales de la souffrance ordinaire.

Dans ses tentatives réitérées et instinctives de créer un monde bien policé, bien rangé, hyper organisé et hyper sécurisé de préférence, l’EgoSystème fonctionne comme le Grand Banalisateur des Autoroutes de la Pensée et des Surprises Indésirables, le Grand Fabriquant des Définitions Eternelles et des Législations cosmiques, le Grand Maître des  Standardisations Mystiques, le Grand Staline des Automatisations Unicervelles.

Tout-ce-qui-est-valable-pour-tout-le-monde le séduit. Quant à ‘l’hypersonnel’, il insupporte notre Big Brother Intérieur. Si nous le laissons faire, il est capable de bétonner nos plages de créativité intérieures sans discontinuer.

En apparence, cette EMCU (entreprise de mise en conformité universelle) part d’une bonne intention : fabriquer de la sécurité autant que possible. Mais l’EgoSystème a ses limites, et notamment une particulièrement stupide : il est incapable de concevoir que le sentiment de sécurité invisible, subjectif et personnel peut se révéler plus efficace que toutes les matérielles sécurités visibles, extérieures et collectives qu’il pourra mettre en place.

Cette Pratique utilise avec un certain bonheur l’image de la Montagne comme un symbole par excellence de la « sécurité » que désire l’Ego, mais qu’il est incapable de ‘dé-chosifier’ pour accéder, par intériorisation, à la conscience du Sentiment. Très souvent, cet exercice se révèle simple à réaliser parce que l’Ego a l’impression qu’il ne vient pas s’opposer à ses stratégies habituelles. Mais il ne sait pas que c’est son énergie-même qui est utilisée pour mettre en place l’Esprit d’Eveil !

Appliquée à la pratique de la méditation assise, il s'agit de mettre en place dès le départ le cadre massif du triangle à l'intérieur duquel les agitations de l'esprit vont pouvoir se produire de façon normale, en empêchant directement tout processus d'identification de la conscience immobile à l'Esprit Ordinaire de se produire.

Appliquée à n'importe quelle situation de stress (d'origine interne) se produisant dans les contextes de la vie ordinaire, il s'agit d'obliger l'Esprit Ordinaire à se dissocier des agitations égotiques et le remettre au service de la conscience. Dans le vocabulaire du Zen, la formule consacrée dit : "trouver la distance-posture juste". Dans le vocabulaire du T.I. nous disons : "Quitter la configuration mentale Esprit Ordinaire pour configurer l'Esprit d'Eveil".

Finalement, il s'agit d'un des nombreux exercices qui contribuent à occuper la place de l'Ego[iv] pour que la conscience puisse fonctionner à moindre stress, moindre fatigue et à moindre cont



[i] la pratique de cette méthode est enseignée seulement dans nos stage, pas dans ce blog.

[ii] Voir M 11 : Pratique de StopUrgence

[iii] Cet enseignement est présent en Inde Classique (Shankara, Maharshi), en Chine (Lao Tseu), au Japon (Zen), et au Tibet (les six Yogas de Naropa).

[iv] Le terme « point d’assemblage » est emprunté au vocabulaire de Castaneda.

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