Mode d’emploi n°18 : Tonglen (≈15’) – Pratique de la Générosité et Transmutation de la Souffrance

 

1. Ici-maintenant, STOP ! Comme à chaque fois que j’ai l’impression que je me‘noie’ dans ma propre misère, que je n’ai plus de force, que je ne peux plus lutter, que les difficultés sont trop grandes pour moi, que je ne puis compter dans l’immédiat sur aucune aide ni aucun soutien, que mon esprit est troublé, embrouillé, confus, incapable de savoir quoi faire,que je suis complètement seul(e)et abandonné(e)et que cette détresse ne finira jamais, je me souviens que j’ai appris qu’il existe une seule réaction vraiment intelligente : arrêter de croire que tout ce que je ressens est réel, même surtout à ce que je ressens en ce moment et pratiquer cet exercice à chaque fois que cette situation se produira, sans but, sans espoir ni désespoir de quoi que ce soit.

2. Conditions de lecture :Pour ce faire, je vais m’écouter lireen consciencechaque mot de ce texte à haute voix distincte, plutôt lente et en ressentant en imaginal les mots en gras/coloré. Lesmots en violet me rappelleront l’existence dune situation/contexte objective dont je dois garder conscience. Les mots en vert me signalent un effort de conscience à réaliser. Les mots en rouge vif désignent des comportements presque toujours inconscients pilotés par leProcessus-Ego(tine) auxquels je doisconsacrer une attention spéciale aujourd’hui encore parce que je suis le plus souvent inconscient(e) de ceux qui me nuisent le plus.

3. contempler la situation : Chaque fois que je me retrouve dans cette situation de ‘détresse intérieure’, même et surtout si ‘à l’extérieur’, aucun événement particulier ne semble la fonder, je dois me souvenir que c’est toujours ce qui se passe lorsqu’à mon insu et sans conscience,j’ai laisséà mon Ego-Système-Peur le soin de diriger ma vie à ma place. Et je n’oublie pas qu’il le fait avec les meilleures intentions du monde, de son point de vue.

4. Rappel de conscience :Je me souviens qu’il m’a été enseigné que tout ce qui se manifeste à ma conscience est le résultat du fonctionnement de mon propre esprit, et que je peux vérifier à chaque instant la vérité de ce constat. Je me souviens avoir appris que je perçois ‘naturellement’ le monde extérieur comme séparé de moi mais que je fais toujours une erreur chaque fois que je croisaveuglément et inconsciemment que mes perceptions sont la réalité. Je sais aussi que chaque fois que je me souviensde cette conscience, elle servira à retrouver sans effort particulier mes configurations d’Esprit d'Éveil et de Calme Mental, ce qui est nécessaire chaque fois que je dois…

5. reconnaître la Souffrance:Comme à chaque fois que je me sens ‘envahi(e)’ par une insatisfaction, un découragement, un désagrémentou un déplaisir quelconques, que je me sens ‘attaqué(e)’ par mes ‘pulsions’, mes addictionsou mes ‘démons’ habituels, que je me trouve dans un lieu dans lequel je ressens un malaise, une tristesse, une répulsion, un dégoût, ou une angoisse quelconques, je prononce à voix haute, ou basse, ou parlée en esprit, les phrases suivantes :

Je reconnais que les événements du monde se produisent, que je sois là ou pas.En conscience, je le reconnais.

Je reconnais que ce qui s’est produit (dehors) ne m’est pas forcément destiné, ne me concerne peut-être pas et n’a probablement pas de rapport direct avec moi. En conscience, je le reconnais.

Jereconnais que mes réactions internes(désagrément-malaise-contrariété-insatisfaction-découragement- frustration, etc.) ne me conviennent pas et ne favorisent pas mon bien-être.En conscience, je le reconnais.

Je reconnaisqu’il s’agit d’un processus de souffrance et donc, d’une pure production mentale qui ne va pas dans le sens de mon bien être ni de ma tranquillité. Je me souviens que je ne suis pas obligé d’y croire n’y d’en souffrir.

6. Rappel de Conscience : Je vais donc cesser d’incarner maintenant tous ces automatismes, faire à présent attention au mot « souffrance » et reconnaître qu’il n’existe dans le monde visible aucunterritoirematériel qui corresponde à cette carte. Il s’agit d’un concept et donc, d’une pure production immatérielle de mon esprit et de celui des autres. À l'origine des ressentis de souffrance de ‘tout le monde’ se trouvent les 5 Poisons(émotions perturbatrices) que produit naturellement l'esprit et qui constituent les fonctions instinctives et inconscientes de l’Ego-Système-Peur :Le Désir-Attachement, qui fonctionne comme une dépendance organique et douloureuse à des événements extérieurs, La Colèrequi signale l’existence de frustrations et l’incapacité à les exprimer, L'orgueilqui compense des sentiments d’indignité, La Jalousiequi révèle des peurs de manque et de dépossession. Le plus subtil estl'Ignorance1de l’ignorance2de ces 5 origines de la souffrance et des méthodes pour cesser de souffrir.

7. J’invoque ici-maintenantla présencesubtile de ceux (et celles) qui m’ont enseigné cette pratique et transmis la configuration mentalejuste. Pour cela, j’imaginalise en haut de ma tête, une petite fleur de lotus blanche avec des reflets violets qui s’ouvre en une fleur blanche épanouie. Au centre, j’imaginalise mon Maître assis en posture de méditation dont la présence rayonne de tranquillité et de sagesse paisibles et puissantes. Mon canal centralest aligné avec le sien et le sien est aligné avec celui de tous les Maitres et Yogis qui l’ont précédé et qui ont transmis l’enseignement vivanten ligne directe. À la suite, je configurel’Esprit d'Éveil et j’engendre un puissant sentiment de chaleur humaine, de sensibilité et de compassion à l'égard de tous les êtres qui ne savent pas ce que j’ai appris et qui ne peuvent donc pas s’en servir.Dans monorganisme-tout-entier, je ressens cela.

8. Aligner les consciences rouges :Je retournel’Attention Première que diffuse mon Point Source(au centre de ma tête) dans  ma conscience rouge du ventre et je perçoisl’alignement de toutes les consciences rouges de ma lignée spirituelle jusqu’à ses fondateurs, Tilopa, Naropa, Marpa, et Milarépa et jusqu’à DrukchenRimpoché. À eux,que je perçois parfois à traversmes Maîtres que j’ai connus vivants, j’adresse ma prière. Que leur Présencedans mon cœur alimente mon énergie vitale présente et m’aide à pratiquer ce rituel qui opère la Dissolution et la Transmutation de la Souffrance et de toutes les souffrances, quels que soient leurs formes et leurs contextes.  

9. l’arrêt du bavard intérieur :À partir de mon Œil du Ventre, Conscience Attention Seconde, je reviens à la contemplation paisible du rythme de ma respiration animale etje compte ‘en esprit’les 4 temps de la respiration : 1 inspir, 2 apnée haute, 3 expir, 4 apnée basse. J’ai conscience corporelle que tout ce que je suis est présent dans cet inspir/expir, qu’il n’y a rien à vouloir, rien à contrôler, tout à contempler.Dans la sphère vide de ma boite crânienne,  le manège à penser n’existe plus. L’esprit bavard ordinaire ne peut pas fonctionner, alors il fait simplement silence. Je ne suis pas mon esprit. En conscience, je le reconnais, je le ‘vois’ et je le sais.

10. Nettoyer : J’imaginalisemaintenant l’air subtil, l’énergie de cristal qui entre par le centre de la fleur de lotus, au sommet de ma tête. Cet air subtil tourne dans ma boite crânienne, la remplit tranquillement et se change en un brouillard blanc et gris qui dissout toute la crasse mentale habituelleet tout ce qui encombre mon esprit.J’expirecet air subtilpar l’anus,par les jambes et par les pieds, avec un léger bruit de flute que fait ma bouche avec l’air ordinaire.Le brouillard blanc et grisest absorbé par la terre en-dessous de moi et descend jusqu’au centre de la terre,(le noyau métallique liquide à 5000 ° et à 6000 km sous mes pieds), dans lequel il se dissout complètement.

11. Purifier: J’imaginaliseà présent le centre de la terre,produisant l’énergie vitale sous la forme de la lave en fusion d’un volcan. Cette énergierouge et or + flamme de la bougieremonte parmes pieds au centre desquels je visualise letiglés des pieds et parles deux canaux subtils des jambes qui captent cette énergie tellurique. Comme de l’eau dans une éponge,elle imprègnejusqu’au fond chacune des cellulesde mon organisme qui se trouvent ainsi purifiées. Toutes les impuretésmentalessortent par tous les pores de ma peau comme des jets de transpiration.Je prendsconscience corporelle de la puissance de cette purification. Je ne suis pas mon corps :en conscience, je le ‘vois’ et je le sais.

12. Afficher l'image d'originecristalliser : À ce stade, l’Ego-Système-Peur a cessé de s’activer et ma conscience fonctionne à la fois en Calme Mental et en Esprit d'Éveil. J’imaginalise que l’énergie tellurique, de couleur rouge et or + flamme de la bougie, prend maintenant la forme d’une colonne de feu, comme un chalumeau sous pression, qui entre par la Porte d’en Bas (Mulhadaraentre le sexe et l’anus) et sort par le centre de la fleur de lotus au sommet de ma tête. Au centre, le diamètre de l’axe central grossit jusqu’à atteindre celui que forment mes doigts de mes mains lorsque je fais le Gyan Mudra. (Faire le geste pour visualiser.)Mon corps de chair se transforme en un Corps de Diamant pur, qui diffracte la lumière dans toutes les directions en parfaite synchronie avec tous ceux et celles qui réalisent cette pratique en ce moment. En conservant la conscienceclaire des 4 temps de ma respiration ‘animale’ (1 inspir, 2 apnée haute, 3 expir, 4 apnée basse), qui se produit paisiblement, tranquillement, je me souviens que le brouillard blanc et gris de mes propres souffrances a été purifié au centre de la Terre et que mon Corps de Diamant est désormais prêt à transmuter toutes les souffrances du Monde.

13. Afficher l'image d'origineEtendre : J’imaginalise à présent les souffrances des gens que j’aime sous la forme d’uneépaisse fumée noire, que j’inspire par tous les pores de ma peausous sa forme subtile en même temps que j’inspire l’air ordinaire avec mon nez.Au-delà des gens que j’aime et ceux que je connais, je perçois&j’appelle à moil’épaisse fumée noire detoutes les maladies, obscurcissements, poisons mentaux, erreurs,tourmentsetsouffrances de tous les autres êtresen difficulté autour de moi, dans ma ville, dans mon pays, sur la Terre. Ces sombres nuéessont atomisées au milieu de mon Corps de Diamantetse dissolventenfin dans le canal centralsans laisser de trace dans la lumière blanche de mon cœur.

14. Ouvrir le Cœur :j’imaginaliseà présent que mon cœur rayonne comme un diamant au centre d’une brillante sphère de cristalblanche et lumineuse.Hakini Mudra. (Avec une ou deux mains, poser le cercle des doigts sur l’espace du Cœur pour la diffusion.) À chaque expiration désormais, l’énergie de souffranceà présent transmutée en énergie d’Éveil et de Sagessesort de mon cœur sous la forme de rayons de lumière blanche puissante et joyeuse qui se diffusent dans toutes les directions. Ces rayonsvont toucher avec douceur et compassion tous les êtres humains et non humains qui souffrent en ce moment où qu’ils se trouvent et leur apportentsoulagement, apaisement, lucidité, guérison, bien-être et bonheur.

15. Dissolution :Au terme de cette méditation, je dissous dans la vacuité de mon cœur de diamant, comme la fumée noire, toute croyancequelle qu’elle soit. L’idée de prendre en moi la maladie et la souffrance n’a pas d’existence réelle, cependant mon esprit est capable d’y croire autant que mapeur d'être contaminé(e) par la souffrance des autres !Il est aussi capable de me faire éprouver une grande joie que je mêle à la compréhension que tout est impermanence et dénué de solidité, à commencer par les phénomènes mentaux tels que toutes les croyances,lespeurs et lessouffrances.

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Mode d’emploi n°17 : Réglage de départ 1 et 2 / Pratique du Retour en Conscience Corporelle

Il est inutile de chercher à comprendre cet exercice de façon intellectuelle, d’utiliser une vision occidentale limitée du genre schéma corporel ou médical, ou même une visualisation sportive, kiné ou ostéopathique classique : cela ne fonctionnera pas. Pour être réalisée correctement ‘en imaginal » de façon aisée et en moins de 10 secondes, cette pratique nécessite, jusqu’à obtenir le résultat fonctionnel :

1°) d’avoir reçu la formation et l’initiation appropriées,

2°) d’avoir appris et compris le vocabulaire utilisé,

3°) un entraînement personnel journalier de 5’/jour minimum

4°) une pratique régulière de la méditation de 5’/jour minimum.

Cette pratique est destinée à être pratiquée en conscience pour bloquer n'importe quel départ d'activité mentale génératrice de stress : début de journée, de réunion, de performance sportive, trajets en métro, en voiture en train, avant l’ouverture de la boite à emails, appel téléphonique, fatigue même légère au cours du travail ordinaire, y compris informatique etc. C’est pourquoi elle a été appelée « Réglage de Départ ».

 

Corps de la Pratique A (les yeux fermés)

Activation des Vents, des Gouttes et de la Pluie

Imaginaliser en haut de la tête (sur Sahasrara), une petite fleur de lotus de lumière blanche avec des reflets violets  qui s’ouvre en fleur blanche épanouie et au centre, laisser s’ouvrir le canal central.         

Imaginaliser le canal central comme un bambou à sept nœuds, de l’épaisseur d’un crayon fin, couleur de la flamme d’une bougie avec des reflets verts, tendu entre la Porte du Ciel et la Porte de la Terre.            

Entrez dans la boite crânienne par le centre de la fleur et percevez le tiglé blanc lunaire au Point Source. Conscience Blanche, Attention Première. Le tiglé blanc tourne sur lui-même pour vider la boite crânienne en transformant l’agitation, le bavardage mental et toutes les crispations en un brouillard blanc et gris, puis en lumière blanche tous les organes qui sont perçus en vision ordinaire.                      

Imaginaliser un rayon laser d’attention première blanche qui sort du point source et qui descend alimenter directement Svadishtana pour activer le tiglé rouge de la Conscience Rouge, Œil du Ventre, Attention Seconde. Ce tiglé rouge tourne sur lui-même pour diffuser l’Attention Seconde dans l’organisme tout entier.                                                                                                                                

Sous la Conscience Rouge, le bambou de lumière se sépare en trois. Le premier – court - se termine sur Muladhara en un paquet de racines lumineuses rouge sombre comme un corail souple. Les deux autres alimentent les jambes jusqu’aux pieds et se terminent par les tiglés des pieds.

Blanc à gauche et rouge à droite pour les femmes, Blanc à droite et rouge à gauche, pour les hommes.

Lorsque tout ceci est en place, imaginaliser l’énergie du Ciel qui entre dans le canal central par le haut de la tête, sous la forme d’une pluie de cristal qui nettoie l’organisme tout entier de haut en bas en continu à tous les niveaux cellulaires conscients et inconscients.                                                                                    

Imaginaliser que l’on retire une sorte de semelle de la plante des pieds, (faire le bruit) de façon à permettre au brouillard de s’écouler dans la terre par toute la surface de la plante des pieds.

Le brouillard blanc et gris s’infiltre ensuite jusqu’au centre de la Terre, que je visualise comme une énorme boule métal en fusion, dans laquelle il est brulé et transformé en énergie pure.

Pour mémoire, tous les processus personnels subtils de ‘nettoyage’ se produisent du haut vers le bas.

 

Corps de la Pratique B (les yeux fermés)

Activation-remontée du vent de l’énergie subtile

Imaginaliser le Centre de la Terre produisant l’énergie vitale sous la forme de la lave en fusion d’un volcan. Au centre des tiglés des pieds, ouverture des deux canaux des jambes qui captent  cette énergie tellurique . La visualiser fluide, de couleur rouge et or + flamme de la bougie.                                      

Elle monte jusqu’au canal (axe) central par les canaux des tiglés des pieds d’une part, et par le paquet de racines lumineuses rouge sombre corail de la Porte d’En bas d’autre part.                                              

La sensation subtile est comparable à observer un vent, un courant d’air-énergie qui remonte à l’intérieur des jambes (et par le périnée, chakra racine) jusqu’au tiglé de conscience rouge.                            

L’énergie se réchauffe et s’humanise par concentration dans la Conscience Rouge . Elle remonte dans la cage thoracique en double hélice (en sens inverse des aiguilles d’une montre) et elle nourrit tous les aspects matériels et immatériels de l’organisme tout entier.                                                                  

Lorsque l’énergie passe par l’espace du Cœur, elle s’amplifie et se diffuse dans tout l’organisme. S’ouvre alors dans le Cœur une petite étoile lumineuse blanche et bleue avec des reflets verts et orange au centre de laquelle brille un petit @ rouge. À hauteur des épaules, l’énergie passe dans l’épaule droite jusque dans la main droite et va allumer au passage le tiglé de la main droite.      

Tiglé Rouge pour les hommes,        Tiglé Blanc pour les femmes.

L’énergie est imaginalisée passant ensuite de façon subtile du tiglé droit au tiglé gauche et nourrit au passage par écho vibratoire l’organisme tout entier.

Elle est ainsi récupérée par la main et le bras gauche, rejoint le Canal central au niveau du cou (Vishudda), et ressort par la porte du Ciel (Sahasrara) sous forme d’une explosion de lumière qui s’épanouit comme un feu d’artifice diffractant toutes les couleurs de l’arc en ciel dans toutes les directions.                                                                                       

Pour mémoire, tous les processus personnels subtils de ‘nourriture’ se produisent du bas vers le haut.

 

Notes  techniques  générales

Pour travailler cet exercice, il faut s'entraîner au début dans des conditions calmes ; sous la douche, dans un bain, en début de méditation, au moment de s'endormir, de faire la sieste, etc., et à n'importe quel moment d'attente au cours de la journée de façon à ‘prendre la place’ du bavardage mental de façon préventive.

Il faut aussi savoir que sa mise en place amorce la pompe à énergie subtile qui est imaginalisée fonctionnant ensuite toute seule sans qu’il y ait besoin de rien faire d’autre.

En conditions normales d’exercice, (càd, plus en conditions d’entraînement) il peut être utilisé tout au long de la journée pour l’arrêt de la "machine à penser" et des sautes d’attention chaque fois qu’elles sont repérées et la prévention des démarrages automatiques d’angoisse ou d’anxiété.

De façon préventive, il s’agit d’invalider ces processus ordinaires et inconscients le plus près possible de leur début, de paralyser leurs conséquences toxiques et d’empêcher la confusion mentale de s’installer. (Nota bene : pour réaliser le processus d’invalidation, se reporter à la Pratique du StopUrgence.)

L’essentiel est d’avoir été formé(e) au yoga tibétain approprié, d’avoir reçu l’initiation vivante et directe qui permet d’être capable de percevoir en imaginal  les ‘vents’ et les ‘tiglés’.

Il est bien sûr possible d’utiliser cet exercice de méditation dynamique en méditation assise puisqu’il constitue l’une des bases de l’entraînement au Calme Mental, et de l’attention portée en permanence sur le souffle qui accompagne toute pratique sérieuse de méditation.

Il faut enfin imaginaliser que toute l’énergie qui est employée à réaliser correctement les visualisations est directement pompée dans les réserves d’énergie de l’Ego et de l’agitation mentale ordinaire associée.

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Leçon n°51 : Contempler (A2) et Observer (A1)

Contempler vient du latin cum-templare, qui signifie, « faire un temple avec ».

Avec tout ce qui se passe ? Non, bien sûr. Nous ne pouvons ni percevoir ni accepter en conscience tout ce qui se passe. Notre organisation mentale [1] ne peut évidemment pas tout percevoir, ni tout désigner, ni tout décrire, ni tout intégrer etc. Et non seulement elle ne perçoit pas tout mais encore la plupart du temps, elle ne peut intégrer qu’une faible partie seulement de ce qu’elle peut percevoir.

Pour faire plus raisonnable, il s’agit donc de faire un temple avec ‘tout’ ce que nous sommes en état de percevoir, d’une part, et en état d’intégrer en conscience d’autre part.

Mais il y a une condition essentielle à la contemplation qui est l’usage conscient de l’Attention Seconde. Au cas où le sens de ce terme vous échapperait, je rappelle sa définition telle que je l’ai écrite dans la leçon N° 2 du Blog :

Conscience-attention : association technique issue du yoga tibétain désignant plusieurs niveaux de conscience. La Formation Diamant permet l’apprentissage des cinq premières attentions, à savoir :

Attention Première                 dite                  photo-tropique

Attention Seconde               dite                 panoramique

Attention Troisième                dite                  bibliothèque

Attention Quatrième              dite                  corporelle

Attention Cinquième              dite                  organique globale.

 

Cela dit, l’Attention Première n’est pas mise en premier par hasard. Elle n’a rien à faire, dans un premier temps, avec la contemplation. En revanche, son fonctionnement doit être étudié d’abord soigneusement pour comprendre comment fonctionne l’attention seconde. En effet, elle gouverne non seulement les mécanismes des processus d’observation, mais elle gouverne aussi ceux de l’esprit ordinaire et donc, la façon dont l’utilise l’EgoSystèmePeur, puisqu’il en est le principal pilote et utilisateur.

Observer vient du latin ob-servare, qui signifie, « au ‘service’ de ce qui est devant [soi] », et peut-être aussi « être ‘esclave’ de ce qui est devant [soi] ». Voilà une étymologie un peu mystérieuse. Il est sans doute question de faire attention (première) à ce qui est devant ‘soi’. Mais comment ça marche ?

Comment fonctionne l’Attention Première ? Sans entraînement de conscience corporelle, c’est celle que nous utilisons le plus. Imaginalisez une sorte de rayon laser qui sort de votre « troisième œil » au milieu du front un peu au-dessus des sourcils. Ce rayon imaginalisé symbolise l’énergie de l’attention première. Il prend sa source au … « point source », au milieu arrière de la tête, au croisement entre l’axe central et l’axe frontal.

Quant au terme Attention, il vient du latin ad-tendere, qui signifie ‘tendre vers’. Cette étymologie fonde également les termes attendre, attente, attentionner. Du point de vue de l’énergie subtile, il est question de percevoir une sorte de déplacement d’énergie en tension entre le Point Source (lieu de fonctionnement de la conscience blanche/attention première) et l’objet (étym : jeté devant) de l’attention. Il s’agit d’un processus de pro-jection (jeté-pour/devant)de l’énergie, l’attention produite par le Point Source situé au milieu de la boite crânienne se trouvant projetée sur un ‘objet’ qui se trouve devant « moi » qui le perçoit.

Traduit en Sémantique Générale, le résultat technique de cette compréhension de conscience s’énonce ainsi : Ce que je vois sur la table posé devant moi n’est pas un verre. C’est ainsi que je le nomme mais j’ai conscience que la façon dont je le perçois dépend non seulement du fonctionnement de mon organisation mentale (≈ mon esprit) mais aussi des différents environnements qui nous sont communs, au verre et à moi, à commencer par ceux conscients et inconscients, verbaux et non verbaux chez moi.

Par ailleurs, j’ai aussi conscience que mon esprit sélectionne certains éléments de cette réalité que je perçois, que je ne peux pas tout percevoir et que je ne perçois pas tout. En Sémantique Générale, cette conscience-là est nommée Conscience d’abstraire.

Ce que notre organisation mentale perçoit à ce moment-là n’est pas ce qui se trouve en face de nous, c.à.d. qu’il n’y a pas d’identité entre ce que nous percevons et ce qui se trouve devant nous. Ce que notre esprit perçoit fonctionne comme le résultat des relations et interactions existant entre notre organisation mentale (dedans) et ce qui se passe (dehors +dedans).

Après voir développé l’idée de « devant moi » et il nous reste à développer l’idée de « Au service de ». Sachant que l’étymologie du terme « service » vient du latin servus, qui signifie le serviteur, l’esclave etc., il est question d’une sorte de dépendance, de restriction, d’action obligée, de contrainte etc., qui est en l’espèce d’ordre aussi technique qu’organique. Notre langage courant dispose d’ailleurs d’une expression puissante qui se rapporte à ce dont je parle : « Mon attention était captivée, j’étais captivé(e),» etc. Les termes captivé… capturé, sont de même sens que le terme as-servi, qui signifie attaché au bon vouloir, soumis à la direction, à la volonté de.

 Il est question de réaliser que notre attention première fonctionne à la façon d’un phare, comme un faisceau laser qui n’éclaire que la partie de ‘la réalité’ sur laquelle ledit faisceau est focalisé. De plus, lorsque mon attention première observe de la sorte, ma conscience semble fascinée, capturée, autrement dit, sans liberté… d’aller voir ailleurs en même temps, par exemple. L’expérience est simple à réaliser dans la mesure où il s’agit de notre comportement le plus fréquent !

Si je vous demande de porter votre attention (sans préciser laquelle) sur cet arbre là-bas, au milieu du champ et que vous le faites, vous perdez immédiatement toute conscience de ce qui se passe autour de vous, à commencer par celle de vos pieds, par exemple. C’est ennuyeux parce que vous êtes debout grâce à eux ! Ce n’est pas l’univers qui vous entoure qui disparaît (ceci étant la façon poétique-romantique-analogique-ordinaire) mais la perception que vous en avez. Cela signifie que tout ce qui n’est pas directement éclairé par le faisceau laser disparaît de votre petite conscience du présent, que les jungiens nomment le ‘moi-conscient’.

À ce moment précis où vous n’êtes conscient(e) que de ce-que-vous-observez, tout le reste cesse de pouvoir être perçu par votre conscience corporelle : « Tout le reste » veut dire « l’ensemble des contextes intérieurs et extérieurs dans lesquels vous êtes en train d’exister ». Cela veut dire que la proportion d’événements inconscients est à son maximum pour ce qui concerne … votre survie, par exemple, mais plus généralement, tout ce qui est en train de se passer ailleurs et avec lequel vous perdez tout contact de conscience corporelle. Toutes les émotions perturbatrices et toutes les peurs déclenchent ce processus de façon automatique.

L’attention première est dite photo-tropique(lumière-attirance) pour rappeler qu’elle est attirée par ce qui est éclairé. Plus simplement, nous (notre ‘moi-conscient’) sommes inconscients de tout ce que nous ne pouvons pas perce-voir directement. Notre esprit ordinaire en fait évidemment autant et c’est pourquoi les traditions indoues et bouddhistes le comparent à un jeune signe fou qui court partout sans discernement : c’est en effet la découverte que font les personnes qui commencent à pratiquer la méditation : dès que le ‘corps’ (les fonctions organiques) s’immobilise, l’esprit court vers tout ce qui bouge… à l’intérieur comme à l’extérieur !

À la suite et lorsqu’il fonctionne dans cette configuration mentale monophasée sur la seule attention première, notre ‘moi-conscient’ se trouve en état fonctionnel d’aveuglement spécifique, à savoir la posture la moins performante de toutes celles possibles du point de vue de notre adaptation aux affaire humaines ‘normales’. Par analogie, cela équivaut à essayer de prendre connaissance du monde dans lequel nous vivons en le regardant seulement avec un microscope électronique, ou avec une lampe à faisceau laser qui éclaire beaucoup, mais seulement un tout petit endroit.

Au début de cet article, j’ai exposé qu’il a une condition essentielle à la contemplation qui est l’usage conscient de :

L’Attention Seconde.

D’un point de vue conceptuel et intellectuel, une fois que je vous ai expliqué, dans le 5ème paragraphe de cette leçon, qu’il existe une attention seconde, dite panoramique, radar, flottante, en expansion, etc., vous voilà intellectuellement renseigné. En avez-vous l’expérience ? Non. Savez-vous l’utiliser ? Pas plus. Pourriez-vous en parler ? Probablement, à condition de faire une recherche soignée dans les différents textes du blog et de réunir tout ce que j’ai pu écrire à ce propos. Mais de quoi parleriez-vous ? Seulement d’un mot-concept dont la réalité vivante vous échappe complètement. Vous aurez ainsi constitué une conscience dite intellectuelle (et/ou verbale) à propos du concept d’Attention Seconde qui vous permet d’en parler de façon plus ou moins logique. Mais rien de plus. Rien de vivant. Avant d’en avoir une expérience vivante, vous pouvez en parler mais vous ne pouvez rien faire, ni rien incarner.

Nous ‘touchons’ là une limite des fonctionnements intellectuels et verbaux de notre esprit. Pour ne pas rester bloqués sur ces points de vue limités, nous devons admettre qu’il s’agit d’un registre de connaissance qui se trouve étranger à notre vision standard du monde occidental. De fait, cette connaissance ne peut advenir que par la transmission-initiation réalisée à notre profit par un maître-enseignant et la pratique-entraînement de certains yogas indo-tibétains appelés les yogas de Naropa, lesquels utilisent une technique qui a été appelée par les yogis du Chan chinois « Le Retournement de la Lumière ».

Cependant, pour en rester sur le mode verbal et intellectuel, que peut signifier « dite panoramique » ? Cela signifie qu’il existe une configuration mentale particulière qui permet à une personne correctement entraînée de percevoir non plus seulement un point d’attention focale porté quelque part, mais l’ensemble des événements qui peuvent se produire autour d’elle et à l’intérieur d’elle. Je parle ici des événements verbaux et non verbaux, matériels et immatériels, visibles et invisibles, conscients et inconscients, collectifs et individuels, personnels et sociaux etc.,

Le terme « ensemble » signifie que tous les événements qu’une personne est capable de percevoir de façon séparée (càd l’un après l’autre) lorsqu’elle se trouve en état ordinaire de conscience), elle peut les percevoir en même temps à différents niveaux de conscience (càd tous ensemble mais) sans aucune confusion lorsqu’elle se trouve dans l’état modifié de conscience qui sert précisément à réaliser cette perception spéciale. 

Sachant que je m’adresse ici à votre intellect, peut-être a t-il déjà un peu oublié que la technique qui sert à créer cet état modifié de conscience s’appelle « Le Retournement de la Lumière ». Ce terme est employé dans la tradition bouddhiste chinoise (le Chan) et se trouve mentionné pour la première fois dans un livre du 14ème siècle ap JC nommé « Le Secret de la Fleur d’Or »(attribué à Lü Dong Bin) qui a eu le don de passionner Papa Jung alors même que la traduction dont il s’est servi (celle de Richard Wilhem) lui faisait faire un contresens radical. Voici une présentation (librement accessible sur Internet) qu’en fait Thomas Cleary, traducteur compétent du texte :

On appelle « renversement » ou « retournement de la lumière » l'opération qui consiste à passer de l'esprit limité, qui est celui de la conscience conditionnée, à l'esprit ‘libéré’, qui est celui de l'esprit primordial. Dans Le Secret de la Fleur d'or, ces termes correspondent au rétablissement d'un contact direct avec l'essence et la source de l'esprit. Ce contact direct permet d'accéder à la connaissance spontanée et de se libérer du joug des pensées et des sentiments conditionnés, alors même qu'ils surgissent. Pour citer le Tao Té Ching : on peut être « créatif sans possessivité ».

 

Dans le taoïsme comme dans le bouddhisme, le « retournement de la lumière » signifie détourner l'attention de la fascination que lui inspirent les objets pour la diriger sur l'essence ou source de l'esprit. Cet exercice sert à clarifier la conscience et à libérer l'attention. De nombreux taoïstes qui avaient de fortes affinités avec le bouddhisme chan firent un grand usage de cet exercice du retournement de la lumière qui, bien que commun à toutes les écoles bouddhistes, est particulièrement important dans le chan. Le Secret de la Fleur d'or représente l'une des méthodes les plus radicales pour atteindre l'éveil par des moyens spirituels et le texte est pratiquement entièrement consacré à la présentation des subtils détails de cette simple pratique du retournement de la lumière.

Il se trouve aussi qu’un rituel tibétain (nommé po’wa) décrit de façon précise et imagée ce Retournement de l’Attention. Il s’agit d’abord d’opérer l’activation de différents points d’énergie appelés ‘tiglés’ en tibétain (ou ‘bindu’ en sanscrit) suivant la méthode transmise par le Maître Yogi[2]. Simultanément, il faut réaliser l’activation des ‘Vents’ ascendants et descendants, le tout ayant comme résultat la mise en place du Calme Mental en conscience corporelle.

À partir de là, il vous reste à imaginaliser que vous déviez l’énergie de la conscience-attention première pour qu’elle aille alimenter directement et seulement la Conscience Rouge du ventre, (quatre doigts en dessous du nombril, sur la face ventrale de l’axe central) qui se trouve justement être le centre énergétique de l’Attention seconde.

Le Calme Mental est une condition sine qua non de cette « perception à 360° dans les 6 directions de l’Œuf Corporel » (devant derrière, au dessus en dessous, à gauche à droite) ; c’est ainsi que s’exprime le texte qui décrit l’exercice. Il faut y ajouter bien sûr ce que j’évoquais plus haut, à savoir tous les événements verbaux et non verbaux, matériels et immatériels, visibles et invisibles, conscients et inconscients, etc., que mon ‘esprit’ (c'est-à-dire ≈ mon organisation mentale, ≈ mon-organisme-fonctionnant-comme-un-tout-dans-ses-environnements) est capable de percevoir.

Rigoureusement à l’inverse de cette ‘vision large’, notre éducation nationale, française, normale et ordinaire emploie le terme « Attention » exclusivement au singulier. Par ailleurs, nous sommes conditionnés à nous comporter comme si ce qui n’a pas de nom n’existe pas[3].

Pour cette raison, l’EgoSystèmePeur (en abrégé ESP) fonctionne avec une frénésie de nommer, et de catégoriser jusqu’à la sclérose, persuadé qu’il est que, dès qu’il aura trouvé un nom, il dominera la question. Nous savons que cette domination ne sera que verbale et intellectuelle, mais comme c’est la seule façon de fonctionner qu’il connaisse, autant le laisser faire et en tenir compte !

A l’inverse mais de façon simultanée, l’ESP exclut automatiquement de notre champ de conscience et de connaissance tout ce dont il n’a pas encore été contraint de prendre connaissance, d’admettre la réalité et de ranger dans l’une de ses catégories existantes. Pour l’ESP, sauf en cas d’ébriété conviviale et de bon aloi, l’idée même d’ouvrir un nouveau tiroir de connaissance dans sa Sclérose des Catégories ordinaire n’est tout simplement pas envisageable. Ce ne serait au mieux qu’une perte de temps et il considère que son temps est bien plus précieux que ces exotismes à la tibétaine.

Apprendre à diriger le carburant

Par analogie, imaginalisez que l’attention première fonctionne de façon analogue au tuyau flexible d’une pompe à essence.

Si vous mettez l’embout dans l’entrée du réservoir de votre voiture, le réservoir se remplit et, une fois que vous aurez soigneusement refermé ledit réservoir, vous allez pouvoir repartir dans le vaste monde pour aller « là où il vous plaira d’aller » (vision égotique) ou, plus raisonnablement, « là où il vous sera possible d’aller » (vision de conscience fonctionnelle).

Si vous ne mettez pas l’embout dans ledit réservoir, quelle que soit votre voiture, l’essence se dispersera avant de pouvoir servir et vous aurez perdu à la fois votre argent et la capacité de vous déplacer. Le gâchis multiplié par l’inefficacité produit l’immobilisation.

L’expression « Retourner la lumière » doit être classée dans la catégorie des formulations ‘poétiques’. Traduit en langage technique, il s’agit de ne pas laisser se produire l’incessant ‘vagabondage’ de l’esprit dont l’attention première saute sans arrêt d’un ‘objet’ matériel extérieur à un autre. 

En méditation, lorsque les yeux sont fermés, l’attention première ne change pas de fonctionnement. Elle continue de vagabonder, sauter d’un ‘sujet’ immatériel à l’autre. Lorsque le ‘corps’ s’immobilise, la perception du vagabondage mental, du P’titvélo dans la tête etc., devient alors perceptible, autant que dans les périodes d’insomnie dont le caractère  qui oscille entre désagréable et insupportable est une célébrité. Dans cette configuration mentale, « l’embout du flexible » n’a toujours pas trouvé « l’entrée du réservoir ».

L’entraînement de méditation sert notamment à contempler-observer cette agitation sautillante lorsque l’esprit fonctionne en attention première jusqu’à ce que cette contemplation produise organiquement et sans effort autre que l’entraînement :

- la connaissance organique du processus ainsi qu’

- une perception claire du déplacement d’énergie-conscience qui accompagne ces sautillements, ou

- l’immobilisation lorsque le ‘moi-conscient’ se trouve fasciné par une sensation, un sentiment, une idée, ou n’importe quelle émotion perturbatrice.

Lorsque la perception claire du déplacement d’énergie-conscience est devenue une sorte d’évidence, l’entraînement du Réglage de Départ[4] devient alors possible et prend tout son sens. La visualisation du tiglé de conscience rouge du ventre peut alors se faire alors sans difficulté particulière.

A la suite, il devient possible de diriger l’énergie-conscience de l’attention première uniquement sur la conscience rouge du ventre. Les textes parlent alors de ‘concentration’ de la conscience-attention dans la mesure où son éparpillement ordinaire cesse de produire et que cette action délibérée et réalisée en conscience est le produit d’un entraînement ad hoc.

C’est alors que le « tuyau flexible » commence à « alimenter le réservoir » et que les pertes d’énergie précitées cessent de se produire.

C’est seulement à partir de cette expérience que nous pouvons parler de « contemplation ». En effet, un état modifié de conscience se produit ce moment-là, « l’ouverture de l’attention seconde » qui permet effectivement à ‘moi-conscient’ de ressentir de façon globale, mais néanmoins précise, tous les processus organiques qui sont entrain de se produire. L’entraînement du Massage de Conscience Corporelle® est précisément conçu pour que cette expérience puisse se produire de façon naturelle et sans aucun effort, pour les deux partenaires.

En terme d’expérience organique, la configuration mentale de l’Esprit d’Éveil qui commence chaque entraînement (méditation, massage de conscience corporelle, réglage de départ etc.,) permet de découvrir que l’attention ‘corporelle’ subtile fonctionne et s'alimente sur la même énergie psychique que le bavardage intérieur.

Cela signifie qu’il suffit d’entrer en (= configurer l’) état modifié de conscience (EMC) pour que le bavard intérieur et l’esprit ordinaire se taisent, puisqu’ils n’ont plus assez d’énergie pour fonctionner. Ce constat peut être ressenti de façon légitime comme réjouissant car le travail d’entraînement s’en trouve allégé et simplifié.

L’expansion des champs perceptifs en Attention Seconde (AT2):

Le principe d’économie d’énergie que je viens de décrire repose sur un rapport direct entre les concepts opératoires d’Attention, de Conscience et de Calme Mental. Plus vous travaillez les différentes sortes d’attention, plus les champs d’exercice de votre Présence, (càd votre conscience-ici-maintenant) se développent. Moins les articulations mentales automatiques et les conditionnements "s'agitent" et plus le Calme Mental augmente. Le bavardage intérieur ne fonctionne déjà plus lorsque les Attentions 2 et 1 fonctionnent ensemble dans cet ordre.

Dès lors qu’il n’y a plus de « pertes de carburant », le « véhicule » spirituel, à savoir la conscience-attention, peut se promener facilement dans différents niveaux de perception, que voici :

L’Attention Troisième (AT3) dite ‘bibliothèque’, fonctionne comme une banque de données accessible à l’aide de plusieurs moteurs de recherche cellulaires qui procèdent par rapprochements, comparaisons et associations entre les informations issues de mes différents niveaux de mémoire organique et ce que je peux percevoir des événements du présent qui se produisent.

L’Attention Quatrième (AT4) dite ‘corporelle’, s’intéresse à toutes les sensations ordinaires, que nous appelons en Occident la vision, l’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat. Elle coordonne les informations issues des cinq consciences dites ‘grossières’ précédentes de sorte que la ‘couleur’, la ‘forme’, le ‘goût’ et l’odeur’ d’un citron puissent être attribués à un même événement aux niveaux silencieux et objectifs.

Elle ‘gère’ aussi toutes autres sensations dites subtiles (de type magnétiques, intuitives, vibratoires, invisibles, immatérielles, inconscientes, etc.,) qui constituent des perceptions purement internes sans qu’il soit possible d’identifier une ‘source’ extérieure ordinaire précise qui serait de l’ordre des 5 sens ordinaires précités.

La Conscience Corporelle ® fonctionne avec l’Attention Quatrième : elle vérifie la cohérence du ‘schéma corporel’ avec les autres représentations et perceptions du ‘corps’. Elle met en rapport tout ce qui s’y passe de façon globale en comparant les contextes intérieurs et extérieurs. Tout cela reste aux niveaux organiques et silencieux. Ici, il n’existe aucun bavardage mental ni aucune élaboration à des niveaux d’abstraction supérieurs capables de troubler cette expérience. Elle constitue la source de la « Confiance en soi ».

Ce que j’appelle Conscience-Attention 5ème fonctionne comme une capacité de conscience plus large que la conscience corporelle. Elle réunit et intègre les données issues des quatre autres, le tout tendant ensuite vers une perception-évaluation générale de ‘la situation’ et de son ‘énergie’. Ce cinquième niveau de conscience/attention correspond parfaitement à l’idée de « la conscience de soi » en général, telle qu’elle semble ressortir de notre vocabulaire occidental courant. Ce niveau correspond bien aussi à la formulation spécifique que Korzybski employait en Sémantique Générale, (l’organisme-fonctionnant-comme-un-tout-dans-ses-environnements), sans oublier que ces derniers peuvent être de natures ‘internes’ et ‘externes’.

En conclusion :

L’entraînement de Contempler et Observer consiste à apprendre à orienter/concentrer dans la Conscience Rouge (ventrale) l’énergie de l’attention première qui se produit naturellement à partir du Point Source (cérébral). De façon imagée, ce processus est appelé « retournement » parce qu’il ‘retourne vers l’intérieur’ l’activité inconsciente et ‘naturelle’ de l’esprit à disperser son attention n’importe où, au gré de ce qui se produit à l’extérieur.

Ainsi alimentée, la Conscience Rouge produit une Attention seconde, qui fonctionne de façon plutôt spatiale, panoramique, radar, globale, etc., autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du ‘corps’, à propos des perceptions internes et externes des phénomènes matériels et immatériels. Même panoramique, il s’agit d’une attention limitée, mais elle présente l’avantage considérable de pacifier l’Agitation Mentale instinctive et inconsciente, et de produire naturellement du Calme Mental qui est le résultat de cette pacification.

À ce stade, l’Attention première devient réellement utilisable et performante pour entrer dans des détails du processus de contemplation sans que celui-ci s’en trouve restreint. Il s’agit de percevoir de façon simultanée les détails d’un processus vivant en même temps que les contextes dans lesquels il se produit.

 

Il faut savoir que l’absence de Calme Mental (par exemple, le bavardage mental, les émotions perturbatrices, les préoccupations et agitations senti/mentales, le pilotage égotique ordinaire ainsi que tout ce qui peut perturber notre petite conscience du présent) interdit tout net le simple accès à ces états modifiés de conscience. Ce constat a été exprimé par les praticiens du bouddhisme Chan par une formule mnémotechnique un peu simpliste mais efficace : « Là où se trouve l’attention, là se trouve la conscience. » Autrement dit, si elle est dehors, elle n’est pas dedans !

La contemplation mystique chrétienne fonctionne sur les mêmes principes, que j’exprime ainsi à la façon des soufis : «L’idée qu’on puisse s’en aller chercher Dieu ou le Soi ou qui que ce soit d’immatériel ‘quelque part’ dans le monde ‘matériel’ relève de l’absurdité ou du non-sens. Dans la ‘réalité’, il n’existe pas de « chemin spirituel » à suivre, il n’existe aucun but ou niveau de performance à atteindre. L’expérience humaine est singulière, personnelle et intérieure.

Si quelqu’un désire que « Dieu » puisse entrer dans sa maison (spirituelle organique-comme-un-tout-dans-ses-environnements), il faut qu’elle soit vide (sans perturbation senti-mentale) et purifiée (sans pollution organique ni ‘ego-moralisatrice’). Quand les vitres sont propres, les merveilles du monde deviennent visibles. La réalité spirituelle n’est pas du tout romantique : il y a surtout du ménage à faire et la maison à ranger. ! »

 

Une histoire soufi résume à sa façon l’ensemble de ce que je viens de dire : Tout juste avant le début du jour, dans le petit village de Nasruddin, un ouvrier agricole sort de sa maison pour aller travailler et, passant par la place du village, avise ce dernier, assis par terre les yeux grands ouverts, qui scrute l’espace vide de la place devant lui.

- Nasruddin ! Il est encore si tôt ! Qu’est-ce que tu fais là au lieu de dormir ?

- Tu vois bien ; j’attends qu’il se passe quelque chose.

- Mais enfin, tu sais bien qu’ici, il ne se passe jamais rien !

- Bien sûr, je le sais. Mais, au cas où il se passerait quelque chose,

je veux être le premier à le savoir.

(d’après Idries Shah)



[1] Synonyme de « Organisme qui fonctionne comme un tout dans ses environnements » en Sémantique Générale,

[2] Cette activation organique ne se produit qu’après plusieurs mois d’entraînement assidu

[3] à l’instar des juristes pour lesquels tout ce qui n’est pas écrit n’existe pas, et de l’Ordre des Médecins pour lesquels tout traitement non homologué par lui est forcément toxique ou mauvais et donc, à proscrire.

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Leçon n°50 : Re-foulement / In-foulement

Dès qu’une envie, une attirance, un désir, un besoin, un espoir, une intuition, une pulsion, un projet, une motivation quelconque etc., fait irruption - forcément remarquée - dans notre champ de conscience ordinaire, une réaction inattendue, aussi automatique qu’inconsciente se produit de façon ‘normale’ dans notre existence : la peur, et sous plusieurs formes, à commencer par celle de ‘ne pas y arriver’.

 Ensuite, plusieurs processus passent inaperçus tant ils font partie d’une sorte d’évidence elle aussi inconsciente : « J’ai toujours fait comme ça, donc, ça va bien. Inutile d’y revenir ». Eh bien si, justement. Dans la mesure où ce discours caché est celui de l’EgoSystèmePeur (ESP), tant que nous ne prenons pas le temps d’observer comment ça se passe, nous restons les prisonnier(e)s inconscient(e)s de l’ensemble du processus de souffrance.

Pour bien comprendre le fonctionnement de l’ESP dans ce domaine, il faut se représenter que celui-ci passe mon existence à tenter de la sécuriser par tous les moyens. L’idéal recherché consiste à faire en sorte que ça bouge le moins possible et si possible, pas du tout. Heureusement, en dehors de la période modèle qui suit le décès, cet idéal égotique pétrifiant n’est en pratique atteint que dans des cas pathologiques.

Mais comment faire, me direz-vous ? Nous savons bien que le monde change tout le temps. Cela fait plus de 50 leçons (et pour certains, plusieurs centaines d’heures de méditation) que nous entendons parler du concept d’impermanence. Nous avons compris ! Inutile de nous faire plus benêts que nous ne sommes, quand même !

J’entends bien cette objection. Mais la structure de cette protestation n’est pas différente de la précédente et elle provient du même auteur (l’Ego-Système-Peur). Examen fait, la réalité ne fonctionne pas ainsi.

 Nous avons tous l’expérience d’une prise de conscience intellectuelle parfaite : « Il faut que j’arrête de me droguer, au travail, au tabac, à l’alcool, à la télé, au sommeil, à la flemme, au vélo, au sexe, à l’argent, à internet etc.,». ou toute autre addiction aussi respectable que les autres, par exemple, la timidité, la susceptibilité, le mensonge, la maladresse, la paresse, l’envie etc.,  Nous avons aussi l’expérience de la façon dont nous parvenons le plus souvent à mettre en œuvre cette bonne décision intellectuelle : « Bon… aujourd’hui, c’est un peu raté, je crois. Allez, je commence vraiment demain ».

Il existe une considérable différence entre les processus de compréhension intellectuelle conscients (tels ceux que je viens de rappeler, par exemple) dont le caractère immatériel semble aussi séduisant qu’immédiat et les processus organiques inconscients qui vivent au rythme très lent des modifications cellulaires.

Leur vitesse de transformation est infiniment plus lente que la pensée verbale puisqu’au cours d’une ‘prise de conscience’, il s’agit d’incarner en conscience quatorze configurations mentales différentes.[1] L’ensemble du processus peut prendre plusieurs jours ou plusieurs, mois et à condition que chaque étape soit d’abord réalisée sur la configuration mentale contemplation qui conditionne ensuite la phase d’intégration.

Notre organisme-fonctionnant-comme-un-tout ne se modifie ni au rythme de la pensée, ni au rythme informatique. Analogiquement, sa vitesse de réaction ressemble à celle d’un bateau-tanker et si nous imaginons qu’il est capable de jouer les Formule1, c’est uniquement en cas d’urgence vitale, de panique et de sauve-qui-peut.

Mais, alors, le fameux Satori du Zen, il est quand même complètement immédiat ! il s’agit bien d’une expérience brutale, quasi foudroyante, non ?

Certes, mais cette expérience brutale est analogue à un vase qui déborde (il a fallu du temps pour le remplir), à un réservoir de grains qui explose (il a fallu du temps pour que la fermentation des grains se produisent), à un barrage qui craque (lorsque la pression de l’eau est trop forte) ou un mur qui s’effondre (il a fallu du temps pour que la construction se détériore) et à l’explosion de joie Eureka ! (qui signifie « j’ai trouvé » après une longue recherche évidemment,) etc. Dans tous les cas, ce phénomène mental soudain est le résultat/produit d’un processus antérieur qui a pu durer très longtemps.

Et c’est justement de « processus » dont il va être question.

 

Foulement

A ma connaissance, terme « foulement » n’a jamais été employé seul sous cette forme même en vieux français. Il s’agit de la « foulée », terme utilisé de façon courante (sic) par tous les amateurs de cross, footing et autres marathons. La foulée désigne simplement la façon ordinaire de marcher et de courir. Notre langage courant utilise de façon abondante les images qui correspondent à ce sens : aller son chemin, faire son chemin, tracer sa route, se tromper de chemin, aller vite, avancer dans un projet, dans une compréhension, courir à sa perte, reculer pour mieux sauter, ça marche, ça fonce, se trouver bloqué sur place, se trouver au bord d’un abîme, c’est la fin de la route, etc..

 Ce langage analogico-poétique trouve son origine dans notre fonction sentiment qui comprend avec des émotions et des images beaucoup mieux qu’avec des arguments logiques. Il est couramment (sic) employé parce qu’il fait justement référence à notre ‘mesure organique et inconsciente’ des événements. Dans la mesure où il met en rapport les registres sensation, émotion et sentiment, ce n’est pas un langage quantitatif, mais il évoque bien ce dont il s’agit.

Nos communications verbales ordinaires fonctionnent de cette façon et pour la plupart, ces analogies imprécises suffisent, bien sûr. Je dirais même que plus elles sont vagues et mieux cela fonctionne puisque chacun d’entre nous peut ainsi projeter sur ces mots vides de contenu ‘objectif’ ses propres ressentis dits ‘subjectifs’. Le fait d’en parler avec quelqu’un d’autre nous donne alors la réjouissante illusion d’avoir été compris… nous semblons d’accord puisque nous comprenons les mêmes mots !

Certes ; les mots sont les mêmes pour tous, mais chacun(e) d’entre nous les incarne à son unique manière. Du point de vue technique, nous faisons du bruit avec la bouche. Cela nous rassure sur notre existence sociale, cela rassure nos interlocuteurs aussi et donc, tout va pour le mieux. Cette musique verbale ordinaire, qui fait du lien social, remplit parfaitement son rôle lorsqu’il s’agit des dimensions politiques et collectives de l’existence. Mais elle peut faire un écran massif et toxique dès lors qu’une personne se mêle de réaliser une compréhension précise de ce qui se passe, que ce soit ‘dans’ ou ‘hors’ son organisation mentale (càd son organisme-comme-un-tout). Comme ce langage ne décrit rien de façon détaillée ni technique, il se révèle inemployable en travail d’intériorisation et impropre à toute prise de conscience.

Du point de vue énergétique, le concept de « foulement » dont il est question ici correspond à  celui d’un fonctionnement énergétique non entravé, non contrarié. Ça ‘marche’, ça ‘coule’, ça ‘roule’, ça ‘joue’ etc., de façon libre et sans obstacle. L’EgoSystème emploie d’ailleurs une considérable quantité/qualité de mon intelligence vivante à fabriquer des habitudes pour que « ça marche, ça coule, ça roule et ça joue » au mieux, en vertu d’un principe d’économie d’énergie pas idiot du tout qui consiste à simplifier l’existence chaque fois que c’est possible.

C’est ainsi que « dans la foulée » signifie « dans le mouvement déjà en cours ».

 

Refoulement

En langage courant, lorsque « Les ennemis ont été refoulés » nous comprenons qu’ils ont reculé, qu’ils sont repartis dans l’autre sens. Lorsque dans un immeuble « tous les éviers et baignoires refoulent », nous faisons l’hypothèse que la descente d’évacuation des eaux usées doit être bouchée à la cave et que les eaux ressortent là où elles le peuvent, à contresens, donc.

En langage psycho-analytique, le terme refoulement désigne le fait que l’énergie qui alimente un besoin, une attirance, un désir, une pulsion, une intuition, un espoir, un projet, une motivation quelconque etc., se trouve brusquement bloquée, empêchée de suivre son chemin normal, ce qui est appelé aussi vivre son désir, ou assouvir sa pulsion, etc.,

Lorsque l’énergie repart ainsi à contresens, ce qui se produit est appelé frustration, càd ce sentiment particulier que nous éprouvons lorsque nous ne pouvons pas vivre et/ou réaliser ce à quoi notre organisation mentale nous pousse de façon ‘instinctive’ et ‘naturelle’.

Du point de vue du fonctionnement égotique, lorsque le désir (de jouissance quelle que soit sa forme) ne peut pas être satisfait,  plusieurs événements intérieurs tout aussi ‘naturels’ suivent le ressenti de frustration. Subtil mélange de sentiments, d’émotions et de rationalisations, ils se produisent de façon automatique souvent trop rapidement pour être perçus ce pour quoi ils demeurent presque toujours inconscients ; par exemple :

- La surprise : Tiens ? ça ne marche pas ?

- L’inquiétude : c’est quoi ça ? Ce n’est pas normal ! Pourquoi ça marche pas ?

- L’effondrement énergétique : pfff ! je suis crevé(e), brusquement…

- Le sursaut de colère : pourquoi moi ? ça se passera pas comme ça !

- La recherche d’une autre solution : et pourquoi moi je n’aurais pas le droit ?

- La protestation déçue : c’est lamentable, c’est injuste !

- La résignation : pauvre de moi, une fois de plus, je me suis fait(e) avoir !

- le stockage râleur : Bon, je suis bien coincé ; la prochaine fois, je m’en rappellerai.

Et la vie ordinaire reprend son cours. Mais la rancœur et les sentiments d’échec, d’injustice etc. plus l’ensemble des configurations mentales qui les caractérisent, plus toutes les conséquences énergétiques qui leurs sont associées vont perdurer.

Depuis Napoléon et sa création d’un enseignement civil copié sur les principes de l’entraînement militaire, les principes d’éducation morale et civile ont amplifié et institutionnalisé l’idée qu’il faut apprendre à endurer n’importe quelle situation désagréable pour aboutir à réaliser des objectifs d’un intérêt supérieur au désagrément éprouvé. Pour les dames, cela a donné : « Il faut souffrir pour être belle ». Pour les hommes, « Sois le premier; le meilleur sinon rien ».

Depuis des centaines (voire des milliers d’années pour certains aspects), nous avons été collectivement dressés à absorber tout ce qui ne nous plaît pas pour nous ‘endurcir’, nous ‘rendre plus fort(e)s’, nous ‘faire le caractère’, nous ‘armer contre l’adversité’ etc. Le discours militaire-ordinaire correspond à nous apprendre à nous taire, à ‘encaisser’ tout ce qui se produit de désagréable comme une sorte de fatalité,  à ‘prendre sur nous’ pour ‘faire avec’ quoiqu’il arrive, et surtout sans rechigner parce que c’est interdit. 

Sur la base de l’interdiction de se plaindre, nous avons été conditionnés aux niveaux inconscients à trouver ces désagréments normaux et faisant partie de l’existence. La conséquence de ce dressage porte le nom de refoulement.

Par analogie en électricité, cela revient à débrancher les systèmes d’alarme ainsi que les fusibles de sécurité. Or, les systèmes de sécurité sont faits pour nous prévenir que nous sommes inconscients d’être déjà entrés dans un espace-temps personnel signé DANGER. 

Le but est de nous avertir que quelque chose' ne va pas, même si nous sommes encore incapables d'identifier précisément de quoi il s’agit. Si nous les débranchons, nous devrons payer le prix de l’inconscience, et ça se paye toujours dans notre organisme. Autrement dit, lorsque nous évitons la symbolisation, c’est la somatisation qui se produit. Les cancers, par exemple, se fabriquent notamment à partir de ce processus.      

Comment fonctionne le refoulement ? imaginalisez un conseiller intérieur et invisible, quasiment inconscient, qui s’exprime ainsi : « Bien sûr il y a du danger, mais ces alarmes disjonctent bien trop facilement. On s’en fiche. Allez, bats toi ! Continue, tu verras bien. Faut que ça passe ou que ça casse. »  ETC. ! Le mécanisme mental fonctionne comme un véritable ‘passage à la trappe’ des ‘FUSIBLES’ (à savoir les sentiments de désagrément-malaise-contrariété) de façon à pouvoir continuer quoi qu’il arrive en ignorant la réalité de ce que notre organisme est en train de vivre.     

   Désagrément, malaise, contrariété… De quoi est-il question ?

Le mot Dés-agrément ne désigne pas une chose, ni un événement du monde extérieur visible. Il veut dire que ce que je ressens ne m’est pas agréable. Il s’agit de la perception d’une sensation qui est interprétée par mon esprit comme n’ayant rien à faire avec mon « plein gré ». Nous appelons cela un sentiment.

Le mot Mal-aise ne désigne pas une chose, ni un événement du monde extérieur visible. Il veut dire que je ne me sens pas à mon aise, pas confortable. Il s’agit de la perception d’une sensation qui est interprétée par mon esprit comme une absence de confort, d’aisance et de facilité Nous appelons cela un sentiment.

Le mot Contra-riété ne désigne pas une chose, ni un événement du monde extérieur. Il veut dire que ce que je perçois me semble aller contre ce que je trouve souhaitable et « allant de soi », contraire à ce que j’aimerais qu’il se produise. Il s’agit encore de la perception d’une sensation qui est interprétée par mon organisation mentale comme contraire à mon « confort /aisance/ agrément etc.». Nous appelons cela un sentiment.

À ce stade, il faut réaliser qu’en se produisant, le refoulement a induit une première perte de connaissance. Ce que nous avons à faire consiste donc seulement à re-prendre connaissance (= re-connaître) qu’une situation de DANGER est en train de se produire et qu’il faut STOPPER immédiatement les processus d’ignorance et d’évitement.    

Ni bon ni mauvais ‘dans l’absolu’, ce processus fonctionne parce que nous sommes vivants et produit des effets organiquement programmés que nous appelons des conditionnements. Il n’est pas anodin et par analogie, peut faire autant de dégâts et de désordres dans notre activité mentale qu’une déroute militaire ou une canalisation bouchée.

Le fait de le qualifier de bon ou mauvais dépend de la manie égotique de catégoriser de façon binaire les événements du monde, mais nous ne sommes pas obligés de croire de façon aveugle à tous les jugements produits par notre EgoSystèmePeur, presque toujours limités, insuffisants, erronés et toxiques qui se produisent sur l’écran de notre conscience. « Je choisis de croire que ce qui m’arrive est réel ». OU PAS ![2]

 

Défoulement

« Dé, » comme dans dé-tacher, déf-aire, dé-truire, dé-précier, dé-ourager, dé-missionner, dé-cider, dé-liquescence, dé-jouer, dé-pouillement, dé-cohésion, des-habiller, etc. Ce préfixe désigne les processus de séparation et d’éloignement. Aux niveaux collectifs, une image simple du processus de défoulement organique se trouve facilement dans les écoles primaires. Au temps de silence qui préside aux heures d’étude à l’intérieur des classes, succède le bruit multiple et massif de la cour de récréation.

Les applaudissements à la fin d’un concert, les hurlements à la fin d’un discours politique sont du même registre. Le bruit épais et monumental dans lequel peut se dérouler un match de foot laisse à penser que les supporters addicts qui viennent se baigner dans ce bruit s’en servent peut-être pour compenser certains types de silences de la vie ordinaire.

Aux niveaux personnels et énergétiques, l’image qui me semble la plus parlante est celle de la cocotte minute et de son fameux Pschitt produit par la soupape. Le rire marque la fin d’une période de tension et/ou d’attention qui brusquement se relâche. L’explosion de colère marque la fin de la rétention énergétique due à une frustration, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne. Bien des sports sont utilisés comme des défoulements individuels autant que de masse.

 

Infoulement

Dans le travail de transformation intérieure, le processus que j’appelle infoulement me semble particulièrement intéressant à explorer. Il fonctionne en effet sur les registres de la configuration mentale contemplation suivie de la phase admettre qui conditionne ensuite la phase d’intégration.

Contempler    cum-templare       Faire un temple avec tout ce qui se passe (dedans/dehors)

En-conscience-Ici-maintenant, à partir de la Conscience Rouge, régler une perception non-impliquée de tous les environnements en attention 5ème (synthèse des attentions 1 laser, 2 panoramique, 3 bibliothèque, 4 corporelle). Contempler en ‘vision grand angle’ un coucher de soleil lorsque le soleil a disparu. La Configuration Mentale Apprentissage, sert précisément à obtenir ce résultat.

Dans notre étude de ce processus, rappelons-nous que l’origine du refoulement se trouve presque toujours dans une interdiction. Un désir qui ne peut pas être réalisé ou vécu se traduit par de la frustration, autrement dit, un démarrage du processus de souffrance N°1. Si nous croyons que la solution consiste à rentrer dans l’examen intellectuel des ‘objets’ du désir interdit, nous restons au niveau de la projection des sentiments sur les objets en question, et nous aboutissons forcément à une erreur, elle-même souvent génératrice d’échec et donc, de souffrance N°2.

Le processus d’intériorisation nous permet au contraire d’aller contempler directement le fonctionnement de la souffrance N°1 et notamment, la façon dont notre esprit la produit.   

 

Identifier  la  souffrance

Quoi qu’il se soit produit (dehors), je me rappelle que les choses, les gens, les événements et les situations ne sont pas désagréables par eux-mêmes et ne causent pas par eux-mêmes de malaise particulier. Que je sois là ou pas, ils se produisent. À la suite, je les perçois, je les ressens, je les interprète en fonction de mes sensations, de mes croyances et de mes sentiments et c’est ainsi que j’en souffre parce que j’imagine et je crois qu’ils me sont extérieurs et inaccessibles.

L’usage incorrect du langage courant (les contrariétés sont à l’extérieur de moi) produit à mon insu dans mon esprit une confusion entre mes émotions, mes sentiments et les choses, les gens, les événements et les situations du monde extérieur. Nous appelons ce mécanisme une identification inconsciente.

Dès que je ressens désagrément-malaise-contrariété (etc.), c’est qu’un événement intérieur nommé refoulement s’est produit dont je suis encore inconscient(e). Je sais d’où vient ce processus mental classique que j’ai appris à reconnaître. De façon inconsciente, mes conditionnements sont entrés en conflit avec mes sentiments dedans et un événement quelconque dehors qui a été le point de départ. Mais comment ai-je pu ne pas voir cela, ne pas avoir conscience de cela ?... qui se produit si souvent !

Notre éducation standard nous a appris à tourner notre attention seulement (dehors) vers le ‘monde extérieur’. Je n’ai donc aucune conscience des configurations mentales (intérieures) avec lesquelles je perçois ce qui se passe. C’est pourquoi je confonds d’ordinaire ce que je crois avec « la réalité ». Cette inconscience conditionne à mon insu toutes mes réactions biologiques, toutes mes représentations du monde, et constitue la source de mes erreurs et de mes souffrances.

Le système bouddhiste appelle cette inconscience ‘ignorance’ (lorsque je n’ai pas encore appris) et/ou ‘stupidité’ (lorsque je ne mets pas en œuvre ce que j’ai appris). C’est pourquoi il considère que l’absence d’intériorisation dans laquelle nous avons été élevés constitue une véritable pathologie de la conscience.

Mon esprit est conditionné à projeter de façon inconsciente le caractère « désagréable, malaisé, contrariant etc., » sur les choses, les gens, les événements, les situations, etc. Lorsque je dis que les choses, les gens, les événements et les situations SONT désagréables, malaisés et contrariants, cette façon de décrire ce qui se passe est donc fausse, mais j’y crois, parce que c’est ainsi que j’ai appris à parler, penser et me comporter… de travers !

Les mots désagrément, malaise, contrariété (etc.) ne désignent pas une chose, ni un événement du monde extérieur. C’est ainsi que nous nommons l’expérience de nos sentiments, càd des productions mentales qui nous sont intimement personnelles. Même s’il ne se passe absolument rien dehors, notre esprit est capable de nous fabriquer un super-théâtre d’illusions, dedans.

À ce stade, j’ai besoin de comprendre et de reconnaitre que le processus de souffrance constitue une production pure et autonome de mon organisation mentale. C’est justement pour cette raison que je suis le/la mieux placé(e) pour agir sur elle, càd, cesser de m’identifier à cette souffrance. Et je dois admettre que c’est moi seul(e) qui doit faire ce travail de conscience. Personne ne peut le faire à ma place.

Admettre            ad-mittere                                 aller vers ce qui a été mis devant moi

Veut dire : Cesser de croire à toutes les attentes, suppositions, inférences, ‘sijorèsus’ , espoirs, désespoirs, malaises, contrariétés et autres perturbations mentales relatives à ce que j’ai pu vérifier. « Je choisis de croire que la situation est telle que je l’ai décrite et vérifiée. Il me reste à surveiller le risque inconscient d’y croire comme à un absolu fixe et définitif. » 

Je dois ensuite réaliser qu’en se produisant, le refoulement a induit une perte de connaissance. Non seulement je n’ai pas eu le temps de voir ce qui s’est produit, mais en plus, je suis inconscient(e) de ce qui s’est vraiment produit. Je dois donc re-prendre connaissance-conscience au plus vite que cette ignorance me met en DANGER, même si j’ignore encore de quel danger il s’agit. J’ai besoin de temps pour faire l’analyse correcte de tout cela et retrouver mon calme mental. Je dois stopper tous mes processus internes automatiques et inconscients : je dois STOPPER TOUT immédiatement !

C’est la raison d’être du Mode d’emploi du processus de StopUrgence[3]. Ce dernier permet un retour rapide en conscience corporelle sans lequel il n’est pas possible de terminer correctement l’ensemble du processus avec la phase d’intérgation, c'est-à-dire…

Intégrer      in-tegere                              faire entrer le jus dans la trame du tissu

Veut dire : Laisser passer du temps pour permettre aux nouvelles données de fusionner aux niveaux silencieux et inconscients avec les anciennes, et de modifier les fonctionnements ordinaires de mon organisme comme un tout sans « je veux » ni effort particulier. Rien à faire. Conscience du processus nécessaire et suffisante.

 

 

 



[1] Voir Mode d’emploi N° 3 : Ap’Prendre conscience de,  et aussi la leçon 42 : configuration mentale

[2] Voir L 24 : processus d’intériorisation

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16 – Pratique du matin « Je ne suis pas cela »

A.  S’asseoir (ou rester debout) en conscience corporelle avec ce texte et Imaginaliser en haut de la tête, une petite fleur de lotus  blanche avec des reflets violets qui s’ouvre en fleur blanche épanouie. Au centre, entrer dans le Canal Central et dans la boite crânienne. Descendre jusqu’au Point Source.

1. Conditions de lecture :  Ce matin, comme chaque matin, je décide de commencer ma journée sans laisser à mon Ego-Système-Peur le temps et le soin de la diriger à ma place (et je n’oublie pas qu’il le fait avec les meilleures intentions du monde, de son point de vue.).  Pour ce faire, je vais m’écouter lire en conscience chaque mot de ce texte à haute voix distincte, plutôt lente et en ressentant en imaginal les mots en gras/coloré. Les mots en violet me rappelleront l’existence dune situation/contexte objective dont je dois garder conscience. Les mots en vert me signalent un effort de conscience à réaliser. Les mots en rouge vif désignent des comportements presque toujours inconscients pilotés par le Processus-Ego(tine) auxquels je dois consacrer une attention spéciale aujourd’hui encore.   

B. Imaginaliser le tiglé blanc lunaire au Point Source. Conscience Blanche, Attention Première. Il tourne sur lui-même (sam) pour vider la boite crânienne, dissoudre tous les organes ordinaires , l’agitation, le bavardage mental et les crispations en un brouillard blanc et gris qui coule vers les pieds.

2. Ce que  j’ai À faire :  Il n’est pas utile que je cherche à fixer dans ma mémoire ordinaire ni que je cherche à comprendre avec mon intellect ce que je suis en train de lire. Il est encore plus inutile que je cherche à ‘réussir’ ou à mémoriser l’exercice que je suis en train de faire. Dès lors que mon esprit écoute sans peur et sans distraction ma voix qui prononce ces mots, cela se fera tout seul aux niveaux inconscients et organiques grâce à la répétition et à l’entraînement. Ce qui importe, c’est que je le fasse, tout simplement, sans pensée et sans présupposition, sans théorie et sans interprétation. 

C.  Imaginaliser un rayon laser d’attention première blanche qui sort du point source et qui descend alimenter directement la Conscience Rouge, Œil du Ventre, Attention Seconde. Ce tiglé rouge tourne (siam) sur lui-même pour diffuser l’Attention Seconde dans l’organisme tout entier.

3. J’ai consciencE  du Travail d’Intériorisation que j’ai déjà effectué ; il a porté ses fruits. Sans lui, je ne comprendrais même pas ce que je viens de lire. Ici-maintenant, j’ai conscience que ce dont je me dis ‘conscient’ constitue une faible partie de mes différents ‘niveaux de réalité’. Je sais que tout le reste m’est inaccessible parce qu’inconscient, ainsi que ce que j’appelle ‘moi’ aux niveaux silencieux.      

D.  Imaginaliser le canal central comme un bambou à sept nœuds, de l’épaisseur d’un crayon fin, couleur de la flamme d’une bougie avec des reflets verts, entre la Porte du Ciel et la Porte de la Terre.

4. J’ai conscience… que le savoir intellectuel tout seul ne suffit pas. J’ai conscience que l’entraînement tout seul ne suffit pas. J’ai conscience que mon esprit ne peut pas tout connaître à la fois. J’ai conscience qu’il sélectionne de façon continue les seules informations qu’il est capable de percevoir. J’ai conscience qu’il oublie de façon continue l’existence potentielle et présente des autres.      

E.  Imaginaliser  sous la Conscience Rouge, le bambou de lumière qui se sépare en trois. Le premier  se termine entre le sexe et l’anus en un paquet de racines lumineuses rouge sombre/corail souple. Les deux autres alimentent les jambes jusqu’aux pieds et se terminent par les tiglés des pieds.

5. Mon métier d’humain(e) :  J’ai conscience que je réalise cet entraînement pour faire mon métier d’humain(e), qui consiste à apprendre. J’ai conscience que je peux connaître seulement ce que j’apprends, que ce que j’ignore est infiniment plus vaste que ce que j’ai pu apprendre et que j’en suis inconscient(e) ! J’ai conscience que j’ignore tout de ce que je vais pouvoir apprendre. Et parce que je ne l’ai pas encore appris, je n’en ai pas encore conscience et je ne peux pas m’en servir. Ce que je vais apprendre aujourd’hui servira à entraîner mon esprit, mon organisme et ma conscience à fonction-ner le mieux possible, quels que soient les gens et les situations que je vais rencontrer dans ma vie.      

F.  Imaginaliser l’énergie du Ciel qui entre dans le canal central par le haut de la tête, sous la forme d’une pluie de cristal qui s’enroule autour du point source et qui nettoie l’organisme tout entier de haut en bas en continu à tous les niveaux cellulaires conscients et inconscients.  

G.  Imaginaliser que l’on retire une sorte de semelle de la plante des pieds, (faire le bruit) de façon à permettre au brouillard de s’écouler dans la terre par toute la surface de la plante des pieds. 

6. Prendre l’Ego de vitesse :  J’ai conscience que, chaque fois que j’oublie de contempler l’intervention de l’Ego-Système-Peur le matin et d’en tenir compte par la suite, ce processus instinctif démarre à mon insu et vient occuper automatiquement la place de ma conscience. Ce que je suis en train de faire sert à prendre de vitesse mon Processus-Ego(tine), lui apprendre à rester à sa juste place d’auxiliaire de conscience et stopper ainsi un maximum de processus de souffrance à venir.          

H. Imaginaliser le Centre de la Terre produisant l’énergie vitale sous la forme de la lave en fusion d’un volcan. Au centre des tiglés des pieds, ouverture des deux canaux des jambes qui captent  cette énergie tellurique. La visualiser fluide, de couleur rouge et or + flamme de la bougie.

7. le Syndrome des Antilopes : Ce matin, comme chaque matin, j’active mes attentions seconde et troisième pour contempler  et  ressentir comment l’Ego-Système-Peur active d’abord une surveillance routinière archaïque de type paranoïaque, semblable à celle des antilopes dont la peur constante de se faire manger est destinée à prolonger au maximum leur existence. Je sais que ce Syndrome des Antilopes m’est utile seulement si je peux m’en servir en conscience. Hors conscience, je sais qu’il génère toutes les peurs et toutes les angoisses de ma vie, toutes les misères intérieures et extérieures ainsi que les souffrances qui en résultent.

I. Imaginaliser que l’énergie vitale  monte jusqu’au canal (axe) central par les canaux des tiglés des pieds d’une part, et par le paquet de racines lumineuses rouge sombre corail de la Porte d’En bas d’autre part. La sensation subtile est comparable à observer un vent, un courant d’air-énergie qui remonte à l’intérieur des jambes et par le périnée jusqu’au tiglé de conscience rouge.

8. Ce que je risque  : Je sais que si je le laisse faire, par paresse ou négligence, il devient toujours, à mon insu, le pilote de mon organisation mentale. Je commence à croire que tout ce que je peux ressentir est forcément vrai,  je crois que c’est ‘moi’ (en réalité un mélange-confusion Ego-moi) qui ai raison et que c’est le monde qui a tort. Dès que j’éprouve une contrariété ou un malaise quelconque, je deviens l’esclave de mes affects et je suis alors incapable de mettre en doute raisonnable la pertinence de mes intuitions, de mes affects, de mes sentiments, de mes jugements et de mes décisions. Au restaurant de la souffrance, c’est l’Ego-Système-Peur qui commande, mais c’est toujours ‘moi’ qui paye l’addi(c)tion !   

J.  Imaginaliser que l’énergie se réchauffe et s’humanise par concentration dans la Conscience Rouge . Elle remonte dans la cage thoracique en double hélice (en sens inverse des aiguilles d’une montre) et elle nourrit tous les aspects matériels et immatériels de l’organisme tout entier.  

9. L’E.S.P. agit comme une personnalité autonome : Parce qu’il est programmé pour gérer ma sécurité instinctive, le Processus-Ego(tine) pense qu’il a toujours raison et qu’il sait mieux que moi ce que j’ai à faire. Chaque fois que possible, il cherche à utiliser à mon insu toutes les fonctions et tous les domaines de réalisation de mon esprit, même et surtout ceux dont je suis inconscient(e) ! Mes intuitions, mes sensations, mes dimensions de créativité, d’amour et de spiritualité etc., même et surtout mon intelligence ! Et quand il n’y parvient pas, il tente de me persuader, par exemple, que cet exercice est inutile, trop long ou trop compliqué, de façon que j’en vienne tout naturellement à ne pas pouvoir réaliser cet entraînement(pas l’envie, pas le temps ?...)

K. Imaginaliser que l’énergie rejoint le Canal central au niveau du cou et  ressort purifiée par la porte du Ciel  sous forme d’un un feu d’artifice à 300 mètres de hauteur et dans toutes les directions.             

10. L’interaction de l’Ego-Système-Peur avec ‘moi’ génère, de façon biologique, automatique et inconsciente, bien des processus complexes qui nuisent à mon existence, et surtout : 

- 3 Emotions / Poisons :   Désir ,  Stupidité  et  Orgueil  

- 3 Sentiments / Souffrances :   Indignité,   Impuissance  et  Culpabilité, 

- 3 Structures Pièges :   Ignorance,   Confusion  et   Aveuglement, etc.         

    Comme tou(te)s les humain(e)s, je suis né(e) avec cette programmation. L’Enseignement de la Non-Souffrance me permet de reconnaître que le processus-souffrance ne vient pas du ‘monde extérieur’. Comme n’importe quelle maladie, il constitue une production pure et autonome de mon organisation mentale. Chaque fois que j’admets et active la conscience que « Je ne suis pas Cela », sans comparaison ni interprétation, sans attente et sans peur, sans trouble ni bavardage mental, sans but ni esprit de profit, je peux cesser d’en souffrir et réaliser simplement le possible au présent.    

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