Leçon n°26 – Sans Anesthésie

31 août 2009

Le processus complet de la « prise de conscience1 » n’est pas limité aux seuls registres intellectuels et conscients. Il implique des modifications cellulaires qui affectent l’ensemble des fonctionnements conscients et inconscients de l’organisme-comme-un-tout-dans-ses-environnements. À ce titre, les dimensions de conscience corporelle du Travail Intérieur doivent être sérieusement considérées puisqu’elles constituent la plus grande partie des environnements internes.
 
Ignorances fondamentales
Faute d’éducation à l’intériorisation, notre ‘esprit (organisation mentale) ordinaire’ n’a pas l’habitude d’écouter ni de reconnaître les messages-sensations qu’il produit comme des événements intérieurs. Nous sommes censés ‘savoir’ que nos perceptions s’alimentent de nos 5 sens officiels (goût, odorat, toucher, vue audition) qui réagissent aux stimuli externes.
Le fonctionnement ‘normal’ des sensations se produit d’abord sur le registre instinctif. Leur rôle consiste à renseigner notre organisation mentale le plus immédiatement et le plus efficacement possible sur des questions de survie simple : « Est-ce que c’est dangereux, ou pas ? » Si oui, « Stop. On arrête tout. » Et si ce n’est pas dangereux, « Est-ce que ça vaut la peine de goûter ? » Et si la réponse est oui, « Est ce que c’est bon, ou pas ? ». Pour bien comprendre cette idée, il faut se rappeler que « instinct, instant, station et état » ont la même racine étymologique. Nous pouvons résumer cela par une verbalisation du genre : « L’instinct » me renvoie à ce que je perçois de la perception de mes sensations brutes et directes lorsque je me tiens debout ici-maintenant. Un ensemble de réactions directement conditionnés par des éléments inconscients et génétiquement hérités aux niveaux silencieux.» En Sémantique Générale, nous appelons ce registre de perception2 qui existe aux niveaux silencieux une réaction d’ordre premier 
Une personne n’ayant pas appris à retourner son attention vers l’intérieur ni à observer ses sensations d’ordre premier (≈20%) fonctionne normalement en inconscience corporelle à propos de la plupart des processus mentaux. Elle ignore presque toujours un second registre de perception beaucoup plus important (≈80%), lequel enregistre et traite les sensations produites, non par le monde extérieur mais, par l’organisation mentale3. Nous les appelons en SG les réactions d’ordre second parce qu’il s’agit des réactions aux sensations d’ordre premier qui constituent leur source. Il s’agit des émotions, des sentiments, des intuitions, mais aussi de tous les conditionnements devenus cellulaires et organiques, de toutes les interprétations intellectuelles possibles, de tous les commentaires à propos etc. même des sensations nouvelles (d’ordre second) qu’engendrent ces phénomènes mentaux. Ni bien ni mal tout cela ; simplement, notre organisation mentale fonctionne ainsi.

Nos conditionnements collectifs ordinaires

L’ordre moral chrétien dont nous sommes culturellement issus a procédé au fil des siècles à une diabolisation des processus mentaux qui ont un rapport quelconque avec les contextes corporels et sexuels. Cette tradition considère ‘Le Corps’ comme lieu de toutes les tentations et turpitudes, de tous les péchés et indignités, de toutes les difficultés et toutes les souffrances et donc de toutes les damnations. Seule l’âme désincarnée, susceptible de rencontrer « Dieu », et l’esprit qui produit l’intelligence pour y parvenir, sont un peu respectables. 

Dans cette logique de dévaluation, qui tient son modèle d’intelligence stratégique de la tête de l’autruche dans le sable, plus nous ignorons (involontairement) ou même dénions (volontairement) l’existence de ces domaines corporels, moins nous risquons d’en souffrir. Ce fonctionnement a été nommé par Freud « processus de refoulement ». 

Ce régime anesthésique sert à ne pas sentir nos multiples petites et grandes douleurs ordinaires et quotidiennes. Par ailleurs, nous sommes conditionnés à ne pas ne différencier la douleur de la souffrance. Par conséquent, l’alcool, les drogues, le jeu, la télévision, la religion, le sexe, le sport intensif, l’informatique, les jeux vidéo et/ou n’importe quelle idée fixe viennent  compenser  le déni, l’évitement et le refoulement. À la suite, répétition et haute dose originent et formatent les processus d’addiction

Et c’est cela que notre activité mentale ordinaire (sous sa forme ego) s’efforce par tous les moyens d’éviter de voir et de perce-voir. À ces niveaux interprétatifs, nous sommes les héritiers inconscients directs des puritanismes protestants et catholiques, et à ce jour (en 2008), nous ne sommes pas du tout sortis de ce conditionnement mental collectif. Au niveau des personnes, malgré la publicité et la pornographie ordinaires, les inconsciences individuelles et collectives qui régnaient au temps de Freud en 1910 et qui datent de bien avant lui n’ont pas vraiment changé. 

Le discours chrétien traditionnel hérité du judaïsme nous conduit toujours à un angélisme volontariste sur fond d’une sorte de dépossession/dépression très spéciale que j’appelle l’anesthésie institutionnelle. Il s’agit d’une norme partagée par le plus grand nombre d’autant plus puissante et efficace qu’elle est inconsciente. Cette norme repose sur la notion du Péché Originel et fonctionne comme un trio infernal de 3 sentiments : indignité, impuissance et culpabilité

Pas du tout sur la même longueur d’ondes, le discours bouddhiste traditionnel insiste sur la nécessité d’apprendre à apprendre conscience4 que notre réalité objective et fondamentale s’appelle la souffrance, qu’elle a pour racine notre ignorance du fonctionnement ordinaire de notre esprit et qu’elle s’exprime de façon égale au cours des changements d’existence que sont la naissance, la vie quotidienne, la maladie, la vieillesse et la mort.

 

Transition de conscience délicate

Le Travail Intérieur constitue un entraînement à la liberté intérieure. Il sert notamment à comprendre comment admettre la ‘réalité fonctionnelle’ de la souffrance et à l’intégrer à l’existence sans que notre organisation mentale se trouve affecté(e), dérangé(e), déstabilisé(e) ou détruit(e)  chaque fois qu’une douleur ou une souffrance se produit. Le résultat s’appelle alors l’équanimité, à savoir la capacité de traiter les événements intérieurs et extérieurs qui adviennent sans interprétation de valeur, et sans déranger les fonctionnements de l’esprit ordinaire, de façon que la conscience d’éveil reste à la direction des opérations. Cette combinaison habile s’appelle : « Lâcher prise et Laisser advenir ». 

Parce qu’elle rend temporairement inefficaces les processus d’interprétation intellectuelle et de jugement moral, la méthode du Massage du Calme Mental® (MCM) permet de franchir la barrière d’inconscience conditionnée et d’entrer en contact direct avec la perception des sensations. Ce contact initie le processus de développement de la conscience corporelle qui fonde le sentiment de sécurité ontologique, que la psychologie nomme « confiance en soi » ou encore « estime de soi », sans d’ailleurs pouvoir préciser ni comprendre, faute de verbalisation structurellement correcte, qui fait confiance à qui, qui estime qui… 

Le fonctionnement d’inconscience corporelle semi-anesthésique dans lequel une personne arrive à une première séance de MCM lui permettait en configuration d’esprit ordinaire des sensations vagues, approximatives. Cet « état » mental plutôt insensible fabriquait aussi en compensation (avant la séance) les regrets qui vont avec l’obscure et vague conscience que « ça ne marche pas vraiment comme il faut », que « l’orgasme devrait être mieux ou plus fort », que certaines joies, gastronomiques ou autres, sont « bien futiles ou évanescentes », vanitas vanitatum etc., et « après tout, qu’est-ce qu’on y peut, on ne se refait pas, c’est la vie… » etc.

 

Arrêter les compensations
Cette personne qui va s’entraîner à développer sa conscience corporelle va donc se retrouver dans une situation un peu délicate qui peut durer autant qu’elle restera inconsciente du processus de compensation physiologique suivant : lorsque le régime mental anesthésique sur lequel elle fonctionnait diminue ou s’arrête, l’intensité des perceptions augmente en effet de façon proportionnelle. Elle ressent plus intensément et précisément ce qui lui advient et qu’elle trouve agréable ou occasion de jouissance, mais aussi tout ce qu’elle trouve désagréable ou occasion de souffrance. Le plaisir et la douleur vont augmenter ensemble. La capacité de sentir (la fonction sensation) fonctionne en effet de façon neutre et semblable dans les deux cas5
En langage poétique, ce qui se produit pendant le Massage du Calme Mental (MCM.) est de l’ordre d’une lumière de conscience qui éclaire brusquement depuis l’intérieur un volume (corporel) habituellement opaque ou brouillardeux. Lorsque ‘s’ouvre’ la conscience corporelle, cette personne-là va donc quitter un « état » de sclérose ou de léthargie perceptive dans lequel elle ne sentait certes pas grand chose mais qu’elle ressentait comme un peu sécurisante, même si ses zones d’inconfort étaient par ailleurs nombreuses (lumbagos, crises de foie, érythèmes, psoriasis, cystites et autres maux de têtes associés à des angoisses, insomnies et phobies diverses etc.,). Elle va passer parfois de façon assez soudaine à un « processus » vivant dans lequel les sensations agréables et désagréables se succèdent à un rythme qui semble très rapide, pas très ordonné, et donc plutôt insécurisant. 
La mise sous cloche anesthésique qui se paye au prix de nombreux désagréments psychosomatiques s’accompagne d’une pseudo-stabilité faussement sécurisante que les Tibétains et les Soufis nomment la « pétrification de l’ego ». Celle-ci va disparaître au profit de l’impression puissante, vivante et parfois désagréable d’avoir perdu les repères précédents qui avaient été si longs à mettre en place et qui avaient permis de vivre jusque là, malgré tout. Car les douleurs qui avaient été si bien tenues à l’écart pourront redevenir pour un temps sensibles alors même que le système de perception équanime qui est destiné à remplacer le système anesthésique n’a pas encore eu le temps de se mettre en place de façon automatique. 
Une fois de plus, lorsqu’un mot nous manque en français, nous ignorons et le concept, et les réalités auxquelles il peut renvoyer. C’est ainsi le terme moment intermédiaire de transformation a été créé pour exprimer ce dont je suis en train de parler. Chez les Tibétains, il porte de nom de « Bardo », pour les Soufis, il porte le nom de « Fana », et chez les taoïstes chinois, il porte le nom de « Yi » : comme dans Yi King, le Livre des Transformations.
 
Application au Massage du Calme Mental
Cette phase difficile a été décrite par Jung comme rythmant le processus d’individuation. Elle peut se produire quelques fois au cours du Travail Intérieur. Le Massage du Calme Mental permet de repérer et de distinguer plusieurs mécanismes mentaux fréquents. 
 
1°) Soulagement : le premier ressenti qui suit un MCM est dans presque tous les cas que j’ai rencontrés une sorte d’intense et profond soulagement qui dépasse de très loin le résultat de n’importe quelle technique de massage de relaxation ordinaire ou même thérapeutique. Au cours du MCM, l’Inquisition Intérieure, le Torquemada, le Contrôleur, la Flicaille de Service, le Bourreau  Personnel (quel que soit le nom que quelqu’un(e) donne à cette configuration mentale), est littéralement poussé de côté et temporairement dépossédé de son pouvoir de contrôle mental par le placement énergétique correct des attentions. Dès que les nuages sont partis ou dissipés, le soleil resplendit, disent les textes anciens qui traitent de pédagogie de la méditation. La piste étant libérée, la conscience  corporelle qui ne fonctionne pas d’habitude se trouve en état de ‘voir clair’ sans avoir à produire aucun effort. 
 
2°) Dépres-stop ! L’interruption du Stress Longue Durée pendant la séance de MCM produit presque toujours des sentiments d’allègement, d’oxygénation, de nettoyage, de libération, de plénitude, de sécurité, de repos, de paix etc., qui remplacent de façon soudaine l’espèce de tétanie inconsciente qui maintenait l’organisme tout entier sous tension et sous pression. Toutes les tensions qui lâchent fabriquent alors une dé-pression énergétique qu’il importe de ne pas confondre avec une dépression d’origine psychologique qui n’existe pas dans ce cas. 
 
3°) Aïe ! je suis vivant(e) : « Oui, mais c’est presque pire qu’avant ! » En effet, une réaction qui peut se produire après une séance de MCM est l’apparition de courbatures. Il s’agit d’un effet visible et direct de l’interruption du Stress Longue Durée qui en dit long sur les crispations fondamentales de l’organisme. Plus les courbatures durent longtemps, et plus elles signalent à quel point l’organisme a été contracté, tendu etc., Avant le MCM, l’anesthésie fonctionnait de façon que l’esprit conscient ordinaire continue à ne pas prendre conscience qu’il y avait un vrai problème de fond à régler ; l’absence de sensation se corrèle parfaitement à l’ignorance. 
 
4°) Retour aux ornières : cependant, au bout de quelques jours ou de quelques semaines, les ‘nuages’ de conscience reviennent. Rien d’étonnant à cela. C’est le moment que choisit en principe quelqu’un pour m’appeler et me dire « Vous savez, je vais de nouveau mal ». Sous entendu : « Je croyais pourtant que ça avait marché, eh bien non, ça n’a rien fait ! ». Eh bien si, ça a marché. Il se trouve simplement que les fonctionnements cellulaires et les configurations mentales ont une tendance biologique naturelle à retrouver le plus vite possible les ornières anciennes et ils se remettent en place dès que possible dans leur rythme antérieur au massage. Sauf entraînement régulier qui pourra différer puis empêcher cette remise en place aussi discrète qu’insidieuse, l’Inquisition Intérieure (et son système d’interprétations morales) reprend alors sa puissance au même rythme que les modifications cellulaires et régule tout cela sous l’étiquette ‘normal’ pour banaliser l’expérience et la renvoyer au plus tôt vers l’inconscience. 
 
5°) Entraînement : la séance de Massage du Calme Mental® réorganise, harmonise, tranquillise, soulage, mais n’a rien à voir avec un miracle. Elle ne se contente pas de lever les interdits de type anesthésique, ni seulement de mettre un terme soudain aux processus organiques de Stress Longue Durée, mais elle permet aussi à la conscience corporelle de fonctionner au présent sans les perturbations et sans les bavardages mentaux ordinaires. Dans la mesure où le Travail Intérieur met en contact direct avec la réalité brute, il permet d’apprendre à vivre au mieux ici-maintenant sans addictions et sans anesthésie. Il s’agit d’un vrai travail de conscience, un entraînement qui doit durer et se répéter suffisamment pour inscrire cet apprentissage vivant comme un réel savoir-faire aux niveaux biologiques, corporels et silencieux. 
 
6°) Étonnement : L’organisation mentale est alors en mesure de prendre conscience4 d’une nouvelle certitude expérimentale : elle est capable de fonctionner comme cela, d’une façon agréable et dépolluée. Et l’esprit ordinaire trouve cela tellement intéressant qu’il s’installerait volontiers dans ce nouvel état dont il est prêt à tirer tous les bénéfices sans avoir à en payer le prix, comme l’indique le Conte soufi qui va terminer cette page. L’esprit ordinaire aimerait beaucoup encaisser le repos et la tranquillité sans avoir à apprendre ni à s’entraîner, mais cela ne se passe pas ainsi. Manger les fruits de l’Arbre de la Connaissance sans devoir quitter le Jardin d’Eden ne semble pas possible. C’est pourquoi j’appelle ce fonctionnement mental (regret/tristesse) qui suit les « bonnes expériences » qui s’arrêtent le « Syndrome du Paradis Perdu ». 
 
7°) Le beurre, l’argent du beurre… Une histoire soufie met en scène Mullah Nasruddin qui exerçait alors le métier de Maître d’école et qui se désespérait parfois du manque d’application de ses petits et grands élèves. Il s’installe un jour sur la place du village et commence à hurler pour faire venir tout le monde autour du lui. Lorsque tout les villageois sont rassemblés, ils lui demandent : - Que t’arrive-t-il, Nasruddin ? À quoi riment cet affolement et cette réunion ? – J’ai beaucoup réfléchi ces derniers temps, répond le Mullah, et j’ai quelque chose d’important à vous demander. Est-ce que cela vous intéresse d’obtenir la connaissance sans avoir besoin d’étudier, l’habileté sans avoir besoin de pratiquer, la tranquillité sans avoir besoin de comprendre comment faire et la richesse sans avoir besoin de travailler ? – Bien sûr ! approuvent les villageois. Cela nous intéresse même beaucoup ! Peux-tu faire cela pour nous tout suite ? – Certes non, répond Nasruddin. Mais je voulais seulement m’assurer de votre intérêt pour ce genre de choses. En tout cas, soyez certains que si je parviens à trouver quelqu’un qui sait réaliser cela, je ne manquerais pas de vous en tenir informés ! 
 
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1 Voir mode d’emploi N°3 : « Prise de conscience mode d’emploi » 
2 Registre de perception : (≈ niveau d’abstraction, terme spécifique de Sémantique Générale)
3 Ces chiffres grossiers issus des récentes Sciences Cognitives sont destinés à fixer des idées schématiques, pas à fournir des statistiques.
4 Voir Mode d’emploi. N°3 « Prise de conscience, Mode d’emploi »
5 Voir le texte Leçon 19 : « J’aime ça, j’aime pas ça » 

Leçon n°25 – Le Massage du Calme Mental

13 juillet 2009

Historique

 

Le Massage du Calme Mental® (MCM) a été créé pour accompagner les techniques que j’utilisais dans mon métier de psycho-analyste jungien depuis 1980. Je l’avais dans un premier temps appelé Massage de Relaxation Profonde pour mettre l’accent sur le résultat principal obtenu.

Depuis longtemps, j’avais remarqué qu’il n’était pas possible d’aider quelqu’un à voir clair dans ses phénomènes mentaux et dans sa vie en général tant que ses ‘dimensions corporelles’ ne fonctionnaient pas de façon correcte. « Voir clair » signifie avoir un accès conscient au processus d’intériorisation. Or, l’exercice psychanalytique classique ignore les dimensions corporelles et ce n’est pas vraiment son domaine. Le vocabulaire des ‘psy’ en témoigne qui parle de ‘travailler sur le corps’ comme un domaine mystérieux et étranger. Et c’est bien souvent le cas…

Issus d’Orient ou d’Occident, les massages de bien-être classiques que j’avais appris et que j’utilisais dans ma pratique analytique et thérapeutique ne me donnaient pas de résultats vraiment satisfaisants. Ayant le plus grand mal à définir le genre de malaise que je ressentais, mais ne sachant pas vraiment quoi ni comment chercher, je me suis remis à observer et à étudier les massages « en général»  pour essayer de trouver ce qui ne me satisfaisait pas.

À force d’observer, j’ai fini par m’apercevoir que les massages ordinaires de type cabinet (para)médical ou cabine d’esthétique (notons la proximité de langage…) se limite à tripoter de la barbaque de façon plus ou moins « scientifique » dans le premier cas et plus ou moins « technique » dans le second. 

Je veux dire que je (1980) n’avais jamais rencontré un(e) praticien(ne) de massage capable d’expliquer à son (ou sa) client(e) que le bénéfice du massage dépend en  grande partie de l’état de conscience dans lequel le (ou la) dit(e) client(e) se trouve. Je n’en avais trouvé aucun(e) capable de « regarder»  voire de modifier son propre état de conscience et encore moins de l’enseigner.

Inutile d’espérer du côté kinésithérapie ou même ostéopathie, ces techniques d’inspiration médicales traitant du soin mécanique des pathologies du ‘corps’ étant conditionnées par une pensée médicale limitée et inapte à aborder une connaissance globale de l’humain.

Ce n’est un secret pour personne : les praticiens médicalisés apprennent inconsciemment dans leur formation standard à traiter « un corps » (et à se traiter eux-mêmes !) comme s’il n’y avait [pas une] personne [consciente] dedans. Pour leurs patients, ce n’est peut être pas grave, mais pour ceux que j’ai rencontrés, cette ignorance pose un vrai problème qui peut transformer une vraie vocation en un véritable enfer de non sens quotidien.

Dans tous les massages standards, l’attitude mentale ordinaire reste agitée, le bruit intérieur reste permanent.  Quelle que soit l’habileté technique du praticien X ou Y à détendre « le corps », personne ne pourra tirer vraiment profit d’un massage ou d’un soin quelconque si le bavard intérieur ne s’arrête pas, si l’esprit ordinaire n’est pas laissé au vestiaire,  si la conscience du présent n’existe pas, trop polluée par les bavardages et les regrets à propos du passé, les bavardages et les craintes à propos de l’avenir.

À l’époque, je me posais donc 3 questions :

1°) Comment faire pour apprendre à quelqu’un à se remettre simplement ‘bien dans sa peau’ en cessant de fonctionner sur la coupure corps/esprit ?

2°) Comment faire pour que les praticiens (dont je faisais partie) puissent cesser de se détruire à petit feu, donner un sens à leur métier, et apprennent à se reposer en travaillant ?

3°) Comment faire pour comprendre en profondeur les vrais mécanismes du stress et trouver enfin de vrais moyens d’agir au lieu d’en rester à des bavardages d’experts qui ne débouchent sur aucun résultat efficace ?

En 1995, après 15 années d’études et d’entraînement en Ostéopathie, Taoïsme et dans les bouddhismes Zen et Tibétain, j’ai pu trouver 2 chaînons manquants.

a°) Un adage taoïste qui dit : « Là où se trouve l’Attention, là se trouve la Conscience. »

b°) Le concept de « Conscience Corporelle », (voir leçon 15 : 9 consciences) presque toujours inconnu de nos dictionnaires et donc, de notre pensée standardisée occidentale qui continue à se réduire le plus souvent aux seuls domaines visibles, visuels, verbaux et intellectuels.

Cette découverte en a amené 2 autres :

-    lorsqu’il n’y a pas de conscience, il n’y a pas de relation. Autrement dit, la qualité de la relation entre deux personnes dépend de la qualité de leurs états de conscience et de leur présence effective ici-maintenant.

-    lorsqu’il n’y a pas de conscience, il n’y a pas d’apprentissage, pas de progrès, pas de connaissance possible. Et à mon sens, pas vraiment de dimension d’humanité.

En temps d’activité/travail ordinaire, la plupart d’entre nous n’a conscience ni de sa plante des pieds, ni de sa façon de marcher, de sa position assise, ni de la tension des épaules devant l’ordinateur, ni de sa respiration, ni de son niveau ordinaire d’inquiétudes, d’angoisses, de tension, ni même de cette curieuse crispation généralisée qui est notre lot commun. Cette inconscience corporelle ordinaire est liée au fait que notre activité mentale est constamment projetée vers l’extérieur et que l’idée même d’une attention tournée vers l’intérieur est étrangère à notre culture.1

L’école ignore tout de cette réalité qui n’a rien à voir avec le sport et il n’existe aucun enseignement occidental efficace officiel à ce sujet. Les conséquences psycho-physiologiques de l’inconscience corporelle ont beau être méconnues, leur impact sur le bien être et l’état de santé ordinaire est considérable et prend des formes très variées. De même que la plupart des enfants ont peur du noir et de l’inconnu, notre organisme fabrique automatiquement une quantité de peurs, d’inquiétudes et d’angoisses qui sont justement liées à notre ignorance corporelle. La technique du MCM est conçue pour dénouer en douceur les tensions résultantes.


Fiche Technique

Le Massage du Calme Mental® (MCM) constitue une véritable nouveauté technique, en ce qu’il travaille sur la mise en place ou la restauration globale des conditions naturelles de l’activité mentale qui permettent à quelqu’un(e) de vivre son existence en conscience corporelle, avec suffisamment de sentiments de tranquillité, de sécurité, de bien être et de dignité personnelle.

Le MCM fonctionne comme un apprentissage et comme un entraînement de conscience corporelle. Méthode préventive de yoga, de bien-être et de santé, il n’est pas destiné à soigner des maladies relevant de la médecine ou des pathologies mentales. Il est fait pour des gens ‘normalement’ bien portants.

Le fait que des effets thérapeutiques puissent se produire à terme est une conséquence logique  d’une remise en ordre globale de l’activité mentale. Cette technique pédagogique étant dépourvue de tout caractère médical, ces effets thérapeutiques ne sont pas le but recherché et ne doivent en aucun cas lui être attribué.

Comment fonctionnent pour chacun la douleur, la souffrance, ainsi que les somatisations classiques qui les suivent (stress de moyenne et longue durée, problèmes de peau, maux de ventre et de dos, état dépressifs chroniques etc.) ? Comment en prendre conscience ? Comment apprendre à se détendre vraiment et à lâcher prise ? Le MCM répond de façon expérimentale, individuelle et intime à ces questions.

Les effets de l’entraînement du MCM sont particulièrement adaptés pour accompagner les sportifs et les artistes de haut niveau dans la recherche de leur performance physique et ‘mentale’. Pour eux, le résultat de l’entraînement au Calme Mental signifie une spectaculaire diminution du bavardage mental, du trac, du stress avant, pendant et après  les compétitions et une véritable maturation des domaines sentimentaux, émotionnels et affectifs.

Sur le plan de la résistance aux états de Stress Longue Durée majeurs survenant au cours des maladies graves (ALD), ces effets permettent à un(e) client(e) ou à un(e) praticien(ne) de cette technique d’aborder les traitements lourds et de survivre à leurs conséquences avec le maximum de détente, d’habileté et bien-être possibles.

  

Les effets directs

- arrêter le « petit vélo dans la tête » et la « machine à penser »,

- atteindre très vite des niveaux de détente et de bien-être très profonds,

- ressentir des perceptions corporelles correctes et véritables, qu’elles soient agréables ou pas,

- casser les processus chroniques de fatigue, d’inquiétude, de peur, d’angoisse et de dépression,

- soulager les effets secondaires et tertiaires des traitements de choc hospitaliers,

- survivre le mieux possible à l’épreuve d’être le conjoint et/ou le proche désorienté,

- dénouer les tensions profondes issues des situations de stress à moyen et long terme,

- fournir aux praticien(ne)s les moyens d’accueillir leurs client(e)s et de prendre soin d’eux sans et stress en se ressourçant eux-mêmes, ce massage de Relaxation Profonde étant aussi conçu pour que chacun en tire le maximum de bénéfice !


Bénéfices secondaires éventuels 

- Apaisement général des agitations et perturbations mentales ordinaires,

- Remise en place des systèmes de défense psychiques,

- Maintien et au soutien du système immunitaire,

- Disparition de processus compensatoires et de blocages psychosomatiques normalement inaccessibles.


Origine des Méthodes

Sans aucun lien avec la médecine occidentale, mais… 

- La finesse du Taï-chi-chuan avec :             

La conscience subtile, la lenteur et l’énergie des mains,

- La sagesse Tibétaine avec : 

La puissance d’entraînement des visualisations et des rituels,

- La puissance du Zen avec :                       

La méditation classique au service de la conscience corporelle,

- L’intelligence ostéopathique avec :

La conscience des logiques organiques des compensations.

  

Objectifs techniques  

- Interrompre les processus de Stress Longue Durée,

- Découvrir les techniques du Toucher de Conscience Corporelle®,

- Développer l’attention, la conscience et la présence,

- Enseigner la découverte des sensations ordinaires et subtiles,

- Mettre en place l’Entraînement du Calme Mental®,

- Apprendre à observer et à réguler le « bavardage intérieur »,

- Apprendre le jeu des processus de perception,

- Structurer en profondeur le schéma corporel,

- Harmoniser l’organisation énergétique ordinaire,

- Équilibre et harmoniser l’énergétique personnelle et professionnelle des praticiens et aussi des clients,

- Comprendre les fondements des méthodes préventives de santé mentale et d’évolution de la conscience.

 

Les Spécificités du MCM 

- Outil par excellence d’arrêt du stress moyen et longue durée,

- Outil d’entraînement à la pacification de l’esprit,

- Aussi reposant pour les praticien(ne)s que pour les client(e)s !

- Entraînement évolutif; chaque séance amplifie la précédente,

- Il ne possède aucune caractéristique des massages médicaux définis par le Décret du 16 août 1985,

- Il n’utilise aucune technique de friction, de malaxage, de pétrissage ou de manipulation musculaire,

- Il n’use d’aucune mobilisation ou stimulation méthodique, mécanique ou réflexe,

- Il n’y a pas d’huile, pas de produit annexe, aucun accessoire, en bref, aucun produit susceptible d’altérer le toucher,

- La qualité énergétique du toucher naturel est recherchée et utilisée au maximum,

- Ce toucher naturel s’appelle le Toucher de Conscience Corporelle®,

- Son apprentissage et son exercice ont lieu les yeux fermés,

- Ne convient pas à ceux que leur santé psychique n’intéresse pas.

  

Le déroulement d’une séance

Pendant 80% de la séance de massage, la praticienne (ou le praticien) parle et guide sa cliente (ou son client). Cela nécessite pour elle une attention et une présence forte et continue. Elle emploie le Toucher de Conscience Corporelle ® auquel elle a été formée. La personne massée est pilotée par la praticienne pour éviter tout effort superflu. Pour les deux, chaque séance est un véritable entraînement personnel à la paix de l’esprit.


Une technique vraiment à part

L’efficacité d’une séance de M.R.P. dépend de la qualité du Calme Mental de la praticienne (ou du praticien).

Le MCM a été mis au point en cohérence rigoureuse avec l’enseignement traditionnel. En conditions traditionnelles et hors massage, la réalisation du calme mental demande plusieurs années d’entraînement journalier. Il permet d’expérimenter les bénéfices du Calme Mental ; mais seul l’entraînement peut les pérenniser.

Comme tout apprentissage, celui du MCM demande une véritable dynamique personnelle d’évolution. Il a été au départ surtout conçu pour le soutien des professionnels qui travaillent au service des autres. Il est particulièrement utile comme hygiène de bien être et ressourcement énergétique au quotidien. Il enseigne des méthodes de prise de conscience des sensations et de pacification des émotions. Avec la Conscience Corporelle, il enseigne les moyens de tenir la bonne distance avec  la souffrance.


Les principales utilisations (2009) du MCM

L’Entraînement de Conscience Corporelle des Gens du Spectacle, des Artistes, des Musiciens et des Sportifs de haut niveau ; Le complément des Cures de Psychologie Analytique Jungiennes ; La formation professionnelle des Analystes et « Praticiens du corps » à la Conscience Corporelle ; La prévention et l’arrêt des états de Stress à moyen et Long Terme ; La prévention des épisodes dépressifs  et l’accompa-gnement des personnes les traversant; La pacification des émotions et la stabilité des sentiments avant les opérations chirurgicales ; L’atténuation des angoisses issues des effets secondaires et tertiaires toxiques des traitements des cancers et autres A.L.D.


Contre-indications

Le MCM est une technique réservée aux personnes jouissant en principe d’une bonne santé mentale. Il est donc strictement déconseillé aux personnes qui souffrent de troubles psycho-pathologiques chroniques. Il est également déconseillé aux personnes que leur tranquillité et leur santé mentales n’intéressent pas.


Remerciements et Parrainage :

La plupart des théories, techniques et pratiques qui ont été transcrites et adaptées pour la création et l’enseignement du MCM ® et du Calme Mental ®  sont issues du Bouddhisme Tibétain. En remerciement, l’institut Diamant soutient notamment l’A.E.T. (Aide à l’Enfance Tibétaine), Association parrainée par S.S. le Dalaï Lama, Site : www.a-e-t.org.


Réserves légales

L’institut Diamant ne peut être recherché en responsabilité pour les désordres et les dommages de toute nature pouvant être causés par des professionnels non certifiés et non expressément habilités par lui pour exercer le Massage du Calme Mental®  et  l’Entraînement du Calme Mental®. Le détail des méthodes employées pour son enseignement et son exercice constitue un ensemble de savoir-faire protégé qui ne peut être transmis que par enseignement direct dans le cadre exclusif de la Formation Diamant®.


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1 Voir leçon 24 : Le Processus d’Intériorisation

Leçon n°24 – Le Processus d’Intériorisation

17 juin 2009

Tout ce que je perçois de « La Réalité » peut être faux.  

Je choisis de croire que ce qui m’arrive est réel.

 

Notre éducation ordinaire fait que la plupart du temps, notre ‘attention’ est tournée vers l’extérieur. Elle fonctionne comme une attention première, qui saute comme un jeune singe indiscipliné d’un événement à l’autre, dans une sorte de fascination pour une pseudo perpétuelle nouveauté. Faute d’apprentissage approprié, nous sommes conditionnés à ignorer et/ou oublier et/ou négliger que cette attention est le produit-résultat de notre organisation mentale, à savoir notre conscience et notre organisme-fonctionnant-comme-un-tout-dans-ses-environnements.

Ces oublis et/ou ignorances et/ou incapacités ont été appelés par les bouddhistes l’absence d’introspection. Nous avons le plus grand intérêt (comme eux) à considérer cette carence comme une véritable et dangereuse maladie puisqu’elle nous interdit de voir et de comprendre que 1°) nous projetons nos émotions, nos sentiments et nos jugements sur le monde entier avec une totale absence de discernement et 2°) cet aveuglement spécifique (voir mode d’emploi N°1) nous rend manipulables non seulement par n’importe qui et n’importe quoi ‘dehors’, mais aussi par tout ce qui se passe ‘dedans’ !

Dans un livre chinois nommé « Le Secret de la Fleur d’Or »1 le processus par lequel un(e) humain(e), observe comment sa connaissance du monde dépend entièrement de ses capacités à le percevoir est appelé « le Retournement de la Lumière», ce que nous traduisons par « le Retournement de l’Attention ».

Chez les Soufis et au Tibet, il en est clairement question depuis le 9ème siècle après J.C. Depuis 70 Ans, en Occident, il est le fondement et le mode opératoire des travaux de C.G.Jung et de ce qu’il a appelé le « Processus d’Intériorisation ».

Qu’y a-t-il à observer ? Les fonctionnements complexes de cette activité mentale que nous appelons « l’esprit ». A cet effet, voici quelques points de repère importants, rédigés à la façon de Ludwig Wittgenstein, pour orienter correctement vos propres observations.

* * *

Ce qui existe « dehors » n’a pas besoin de moi pour exister. De toute façon, l’univers fonctionne vraiment sans moi. Je ne l’ai pas créé. Je crois en prendre conscience, parfois. Plus exactement, la conscience me prend. En effet, du point de vue de l’Énergétique Organique, le terme « Prendre Conscience » doit être pris au sens de « prendre feu ». Il s’agit d’un processus réceptif (yin) d’acceptation non-agissante. Ce n’est pas ‘moi’ qui saisis la conscience de façon volontaire, mais la conscience qui me saisit. Cette formulation qui change le sens de la compréhension change aussi la réalité énergétique et biologique qui l’accompagne.

Lorsque quelque ‘chose’ existe ‘dehors’, je ne la vois pas toujours. Cela dépend de mes capacités d’attention et de mes conditionnements précédents.

Lorsque quelque ‘chose’ existe ‘dedans’, je ne la ‘vois’ pas toujours non plus. D’abord, il ne s’agit pas d’une ‘chose’ matérielle, mais d’un processus immatériel. Ensuite, le ‘voir’ dont il s’agit ne se fait pas avec les yeux matériels mais par le jeu de perceptions subtiles qui doivent être éduquées chez la plupart d’entre nous.

Par ailleurs, je ne vois pas toujours que je ne vois pas ce qui existe « dehors » et « dedans ». Cette forme d’ignorance fondamentale s’appelle l’aveuglement spécifique.

Ce qui existe ‘dedans’, (sensations, émotions, pensées, intuitions, réactions, sentiments, etc., c’est-à-dire ‘moi’) n’est pas toujours compatible ou en harmonie avec ce qui se passe « dehors ».

Ce qui existe ‘dehors », (choses, processus, événements, situations, etc.) n’est pas toujours compatible ou en harmonie à ce qui se passe « dedans ». Mes ressentis et mes adaptations au ‘réel’ résultent de mes (in)capacités et de mes limitations.

Je ne suis pas toujours capable de percevoir ces processus correctement lorsqu’ils se produisent. Ce que j’en perçois résulte de mes (in)capacités et de mes limitations et elles sont nombreuses.

Je ne suis pas non plus toujours capable de m’en faire des représentations non-verbales et verbales suffisamment exactes auxquelles je puisse toujours leur faire confiance.

C’est pourquoi j’ai intérêt à être conscient que :

Tout ce que je perçois de « La Réalité » peut être faux.

Ce que je ressens et ce que je me représente de ce qui se passe ‘dedans’ et ‘dehors’ n’a pas toujours de la valeur, autrement dit, ne me sert pas toujours à me bien porter.

Éprouver des sentiments indique et signifie d’abord seulement que je suis vivant(e). Réagir à ces sentiments n’est pas toujours une bonne idée.

Réagir inconsciemment à des sentiments est presque toujours la cause directe de souffrances annexes.

Or, pour l’esprit ordinaire, « exprimer des émotions » consiste le plus souvent à exprimer des réactions à propos de mes sentiments. Cela n’a rien à voir avec exprimer mes sentiments.

Il en va de même lorsque nous confondons les sentiments et les émotions. Tant que cette confusion n’a pas été reconnue, une souffrance inutile persiste.

Appropriées ou non, adaptées ou non, ces réactions ne sont pas « moi ». M’en croire le créateur et/ou le propriétaire relève justement de l’auto-illusion, de l’aveuglement spécifique. (voir Mode d’emploi 01)

La colère (et/ou n’importe laquelle des autres émotions perturbatrices), ne se développe pas sans interprétations, ni sentiments, ni jugements à propos de ce qui se passe « dehors ». Ces processus se produisent aux niveaux silencieux et ne sont pas ce que je peux en dire.

Pendant que mon attention première est fascinée par ce qui se passe ‘dehors’, je ne peux pas voir et même j’oublie ce qui est en train ‘dedans’ de réagir à ce qui se passe ‘dehors’. Autrement dit et au résultat, j’ignore l’ensemble des processus mentaux à l’œuvre aux niveaux silencieux.

Ne pas se faire piéger par le Processus de Saisie de l’Ego signifie discerner en conscience que, sans mon organisme vivant pour le percevoir à sa façon ‘dedans’, l’univers tout entier n’a pas pour moi le moindre début d’existence ‘dehors’.

Mon organisme sélectionne ce qu’il peut à propos de ce qui se passe pour m’en donner une représentation à ma stricte mesure. Lorsque j’ai conscience de l’ensemble de ce processus et de ses conséquences, j’ai Conscience d’Abstraire2, et simplement beaucoup moins de risques de me tromper et de m’illusionner à propos de ce qui se passe.

En dernier ressort, si oublier de demander conseil et aide témoigne d’une certaine dimension d’orgueil un peu stupide, s’abstenir ou refuser de le faire volontairement constitue une erreur typique de l’aveuglement spécifique.

Alors, une fois que j’ai fait le compte (conscient) de toutes mes imperfections, limitations, incohérences, etc., je suis bien obligé d’exister quand même en faisant au mieux et en tenant compte de tout cela. D’où le Koan3 Zen suivant :

Je choisis de croire que ce qui m’arrive est réel.

 

Comment comprendre ce Koan ?

Lorsque je perçois mes sensations comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, plus ou moins fidèles, plus ou moins aveugles, qui me décrivent à leur façon programmée ce qui se passe autour de moi,

Lorsque j’examine mes sentiments comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, plus ou moins partiaux, plus ou moins justes, qui produisent des jugements à propos de ce que je dois aimer ou ne pas aimer,

Lorsque je contemple mes pensées comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, plus ou moins pertinents, plus ou moins encombrants qui commentent la réalité de façon plus ou moins absurde et logique,

Lorsque j’écoute mes intuitions comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, plus ou moins précis, plus ou moins fiables, qui me présentent des aspects du monde plus ou moins subtils ou virtuels,

Lorsque j’accepte mes émotions, qu’elles soient réjouissantes ou dévastatrices, comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, qui peuvent se produire sans trop me déstabiliser ni me transformer en un champ de ruines,

Lorsque je décide d’observer en conscience l’ensemble de mes processus mentaux en cessant de croire qu’ils constituent ma nature, ou ma personnalité, et que je parviens à ne plus me laisser affecter par leurs résultats,

Lorsque je ‘comprends conscience’ ou que la conscience me prend que les mots ‘corps’, ‘âme’, ‘esprit’ et tous les autres mots avec eux séparent, par du bruit vide de sens des réalités silencieuses non séparables,

Lorsque je perçois que ces processus vivants ne sont pas des états immobiles, et que les ‘états’ immobiles sont des cas particuliers des processus vivants,

Lorsque je contemple les événements du monde intérieur et du monde extérieur sans oublier que je les perçois à travers mes langages, mes filtres et mes limitations, sans croire aveuglément qu’ils sont la réalité en soi, que la réalité et toute la réalité,

Lorsque je tiens compte que je peux très souvent être aveugle et faire erreur à propos de ce qui se passe, mais que je peux demander aide et conseil à chaque instant de ma vie,

Lorsque je parviens à sentir que mes représentations du monde, qu’elles ne sont pas le monde mais la production interne et organique résultant de ≈20% d’événement objectif ‘externe’ associé à ≈80% d’organisation mentale ‘interne’,

Lorsque je parviens à analyser mes souffrances comme des avertisseurs de dysharmonie, d’inadaptation, de confusion de niveaux, d’erreur d’interprétation et/ou de représentation du ‘réel’ aux niveaux silencieux et objectifs,

Lorsque je suis conscient qu’il existe une absolue différence entre les mots et ce qui se passe dans le monde, et que je me comporte en fonction de cette connaissance,

Tout cela ensemble et bien d’autres aspects encore, car ce qui vient d’être dit n’est pas ‘La Réalité’, ne recouvre pas toute la réalité et constitue d’abord mon expression de mes réalités,

Alors,  je cesse de croire que le monde existe sans moi, et moi sans le monde. Alors, je cesse de croire que ce qui m’arrive est « réel ». Alors, c’est ce que j’appelle « Vivre et Non-Agir en conscience. » Alors, je peux me considérer comme une ‘grande personne’.

* * *

Dans le Tao Tö King4, pour définir ce que signifie Non-Agir, Lao Tseu dit: « Le Ciel et la Terre se déploient de façon continue et suivent leurs cours sans effort. Ainsi, toujours actif mais jamais occupé, le sage travaille sans s’affairer, savoure sans désirer, contemple sans qualifier, enseigne sans désir de convaincre et demeure sans opinion ni préoccupation.»

Ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’un résultat.

Le Travail Intérieur de Conscience ne concerne évidemment que ceux qui souhaitent apprendre les méthodes qui servent à vivre heureux.

Et dans ce domaine, il faut se rappeler qu’il est impossible d’obliger quiconque à apprendre quoi que ce soit.

______________________

1 Le Secret de la fleur d’Or (Attribué à Lou Yan, ≈ an 1000 après J.C.) fusionne les enseignements secrets du Taoïsme et du Bouddhisme Chan.

2 Conscience d’Abstraire : vocabulaire spécifique de la Sémantique Générale.

3 Koan : Dans la tradition du bouddhisme zen, énonciation incompréhensible par le seul intellect qui ne peut l’être que par expérience vécue. Les Soufis disposent, dans le même axe pédagogique, des « Histoires-Enseignement ».

4 Dans la leçon 6 du Tao Tö King (Lao Tseu : 570-490 avant J.C.).

Leçon n°23 – Le piège de la personnification

5 juin 2009

  

Un piège dans lequel tombent inconsciemment bien des psy, praticiens et étudiants de l’activité mentale consiste à utiliser (parler-penser) les termes l’« Inconscient », le « Conscient », le « Moi », « Moi-même », le « Soi », le « Surmoi », etc., voire n’importe quel autre processus mental comme s’il s’agissait de substantifs ; autrement dit, pour employer le vocabulaire  d’Aristote et  de Saint Augustin, comme s’il s’agissait d’ « Êtres doués de substance ». Cette façon automatique d’utiliser le langage courant fonctionne de façon presque toujours inconsciente et doit être considérée comme hautement toxique en T.I.

Ce  processus  mental pathologique est appelé  « personnification »  en ce  qu’il  identifie et  confond  en pratique  un  « concept » immatériel-intellectuel et une « personne » vivante. Sa structure ressemble beaucoup au processus d’objectification (identification concept/objet, confusion d’un concept immatériel avec un objet matériel). Or, la confusion d’un substantif et d’un adjectif qualificatif se produit par définition d’abord aux niveaux silencieux et inconscients. C’est pourquoi ces identifications/confusions conduisent de façon certaine à des confusions de sens, des erreurs de diagnostic et à des impasses d’existence aux conséquences souvent dramatiques.

Nous trouvons ce piège à l’œuvre par exemple dans bien des discours politiques et/ou religieux : La République, la Justice, la Paix, Le Divin, la Maladie, la Liberté, l’Amour, la Mort, etc., Cet emploi consiste à ignorer1 qu’il est question d’un concept, juste une façon de parler, pure création de l’esprit vide de sens tant que les contextes n’ont pas été suffisamment précisés. Au contraire, ‘on’ s’exprime comme si ces mots étaient une personne vivante. La France, (avec Marianne), la Mère-Patrie, (la statue de) la Liberté, à N.Y., la Justice (tenant la balance), Le Christ est Amour, (L’Eglise est l’Epouse du Christ). Etc.

Ne me dites pas : « Mais alors, ‘on’ ne peut plus employer même ces mots là ?! » Nous sommes ici dans le contexte du Travail Intérieur et à ce titre nous avons besoin d’un vocabulaire approprié au déminage des processus mentaux toxiques. (Relisez le Vocabulaire en leçon 02). En l’espèce, compte tenu des confusions qu’il induit en pratique, ce vocabulaire mérite d’être systématiquement invalidé. Donc continuez à employer ces mots-là en politique, en philosophie, en poétique, en religion ou dans n’importe quel système intellectuel qui ne réclame pas de résultat technique efficace si cela peut vous faire plaisir, mais restez au moins conscient(e) de leurs imprécisions, de leurs limites et de leur toxicité.

De toute façon, ne restez pas bêtement croyant(e)  aveugle et sourd(e). Débrouillez vous pour amener ceux qui parlent de la sorte à préciser ce qu’ils veulent dire jusqu’à ce que leur discours soit au moins pour vous dépourvu d’ambigüité. Vous verrez à quoi cela sert de préciser !

Ce processus de personnification fonctionne dans notre culture occidentale probablement depuis l’introduction de la pensée conceptuelle rhétorique romano-chrétienne en Gaule. Il désigne la projection mentale d’une charge énergétique humaine sur une image archétypique interne et/ou externe et/ou sur un individu vivant.

C.G.Jung était conscient du problème ; dans La Dialectique du Moi et de l’Inconscient, (1933) il écrit : « Le lecteur trouvera peut-être comique que je parle de l’inconscient comme s’il était une personne. Loin de moi pourtant l’idée de vouloir accréditer le préjugé que je considère l’inconscient comme une entité personnelle. L’inconscient est un ensemble de processus naturels qui sont situés par delà le plan personnel et humain. Seule notre conscience est  ‘personnelle’. »

C’est pour se dégager le mieux possible de ces processus inconscients (tant collectifs que personnels) aux fins d’en transmuter l’énergie vivante que leur observation constitue pour tous les Chercheurs de Vérité une vigile ‘non-active’ nécessaire et fondamentale. Le Travail Intérieur ne peut pas fonctionner sans cette intériorisation qui doit être patiemment expliquée, comprise, puis entraînée pour s’intégrer à terme au fonctionnement conscient et habituel de l’activité mentale.

Au-delà du T.I., et de façon ordinaire, le défaut d’intériorisation constitue à la fois un handicap, une carence et une  cause fondamentale d’erreur et de confusion. En effet, tant que nous ne prenons pas conscience que notre organisation mentale projette en permanence de façon organique et naturelle la totalité de nos émotions, sensations, imagination, interprétations, ETC., sur le monde entier à l’extérieur de notre peau, nous n’avons aucune chance de différencier les réalités extérieures de nos réalités intérieures. Nous constituons alors pour les escrocs et illusionnistes de tout poil des ‘pigeons’ merveilleux prêts à croire n’importe quoi. Mais à la sortie, il faut toujours payer la facture des erreurs, bavures, confusions, bévues et autres catastrophes qui sont les résultats directs résultats de cette ignorance.

Pour comprendre ce que signifie l’adjectif « inconscient », laissons tomber toutes les définitions intentionnelles, c’est à dire celles qui commencent par : « l’inconscient, c’est… », suivi de [n’importe quoi qui peut se parler-penser]. Utilisons plus simplement cet exemple de la Télévision : lorsque je regarde l’écran et que je « suis inconscient » de ce qui se passe autour de moi, cela veut dire que mes Attentions 2de ,3ème et 4ème sont vidées de leur efficacité, toute l’énergie-attention-conscience disponible étant utilisée par l’Attention 1ère capté/capturée par les images sur l’écran. Inconscient signifie donc ici que mon activité mentale se trouve littéralement ‘débranchée’ et n’a aucune conscience de ce que je viens d’exprimer.

La personne dont l’A.1ère se trouve ainsi captée, capturée, se trouve en état d’aveuglement spécifique, ne sachant même pas qu’elle ne sait pas. Dans cet exemple, dès que l’A.1ère focalise toute l’énergie disponible, « je » ne suis conscient que de ce qui se passe sur l’écran… de ma petite conscience. Autrement dit, tous les autres événements extérieurs visibles mais aussi le reste de mon activité mentale intérieure et invisible ne me sont pas perceptibles. Je fonctionne « hors de moi », aveuglé, hors conscience. C’est la définition même de l’aveuglement spécifique.

La structure de cet exemple est applicable à l’observation de n’importe quel fonctionnement mental : les émotions et sentiments perturbateurs (Colère, envie, avidité, jalousie, tristesse, etc.,),  les besoins primaires, (faim, sommeil, désir, etc.), ainsi que les comportements d’addiction (drogue, alcool, jeu, sexe etc.,). LE comportement ‘évident’ (Etym : celui qui se voit) n’est pas celui qu’il convient d’observer.

Nous savons (par les récentes neurosciences) que nous fonctionnons en mode ordinaire sur la proportion moyenne de 80% de paramètres inconscients pour 20% de conscients. Dès lors, si nous cherchons à obtenir des représentations les plus fidèles possibles de « la réalité », nos efforts doivent porter sur l’ensemble des techniques qui permettent aux configurations non-conscientes – qui polluent ordinairement ma construction du monde – d’accéder à notre conscience individuelle. Celle-ci (que nous appelons « moi ») se construit alors comme une résultante en particularisation par cette seule mise en lumière des zones obscures, et ce, au cours du Processus d’Individuation. Pour bien comprendre cette ‘conscience’ dont je parle, c’est le moment d’aller relire la leçon 15 (9 Consciences).

Pour réaliser cela, il existe plusieurs moyens qui passent par la recherche systématique dans notre existence d’un contact conscient avec :

1.    Les formulations répétitives, bloquées et stéréotypées qui signalent presque toujours une ignorance à l’œuvre, et donc, une rectification possible par l’apprentissage. Leur rejet-invalidation et l’apprentissage de structures de formulation correctes suffit à sortir l’organisation mentale des ‘ornières’ neuro-linguistiques et neuro-sémantiques.

2. Les manifestations ordinaires de l’activité mentale inconsciente (rêves éveillés ou non, actes manqués, pensées parasites, intuitions, impulsions créatrices, etc.,) de façon à provoquer leur émergence dans le champ de conscience au présent. La contemplation, et l’analyse de ces phénomènes permet d’opérer leur déminage systématique, ainsi que la récupération et le recyclage de  l’énergie dont ils sont porteurs.

3.     Les comportements génétiquement hérités, ceux conditionnés par le langage courant, et ceux d’origine collective consciente (il-faut-il-faut-pas, etc.,) et collective inconsciente (mythologies et archétypes). Tous ceux-là ont besoin d’être mis en lumière (dé-intégrés) et vécus en conscience au présent pour permettre leur actualisation, et à la suite leur intégration consciente.

_________________

1 Volontairement, et il s’agit alors d’une stratégie ‘normale’ d’illusion, de mensonge, de manipulation, d’escroquerie, etc.,

Involontairement, et il s’agit alors souvent d’inconscience, d’aveuglement, d’ignorance, d’incompétence, etc.,

Plus ou moins (In)volontairement, et il s’agit d’une sorte de mixage d’in/conscience variable pour chaque individu qui est porteur de son style personnel d’aveuglement spécifique.

Leçon n°22 – Nos Quatre Vérités

23 mars 2009

 

Cet article constitue une sorte de fil rouge pour un premier contact intellectuel avec la logique de la pensée bouddhique.

L’expérience personnelle et l’enseignement du Bouddha reposent sur la méditation. Il s’agit d’une méthode pratique d’intériorisation. L’observation des phénomènes mentaux est rendue possible au moyen de réglages précis (de conscience et d’attention) associés à un entraînement répétitif à ce retournement de l’attention qui est dirigée vers l’intérieur.

C’est le sujet même du livre « le Mystère de la Fleur d’Or » traduit par R. Wilhelm et  commenté par Jung en 1928. Pour les bouddhistes, cet  entraînement (ses annexes et ses dérivés)  s’appelle « la Pratique ». En dehors des systèmes ecclésiastiques ou religieux, nous pouvons l’appeler « le Travail Intérieur ».

A l’issue de sa pratique, le Bouddha historique est arrivé à la conclusion qu’il existe bien une ‘réalité ultime’ indépendante de nous. En état de conscience ordinaire, nous ne percevons de cette réalité ‘ultime’ que des représentations, des ‘réalités relatives’, et dépendantes de nos perceptions, d’une foule de conditions extérieures et de conditionnements intérieurs. La réalité relative est ce qu’il appelle l’existence conditionnée. Nos perceptions ordinaires à propos des phénomènes relatifs, les émotions et les sentiments qui les accompagnent sont appelées illusions.

Tous ces conditionnements sont considérés comme des ‘voiles d’ignorance’ qui empilés les uns sur les autres, obscurcissent la conscience individuelle et l’empêchent de « voir la Claire Lumière».  Pour entrer en contact avec cette fameuse  « réalité ultime », il faut faire le travail (intérieur) de dissiper un par un ces voiles d’ignorance. En résumé, moins il y a d’ignorance de ce processus, plus il y a de conscience et moins il y a de souffrance. Le Sermon de Bouddha à Bénarès (525 av. JC) décompose la question du traitement global de la Souffrance en 4 Vérités :

1 La Souffrance est liée à l’Existence    

                                     

Le mot duhkha (sk) implique les notions de souffrance, frustration, mal-être, imperfection, etc. Il ne s’agit pas de la douleur qui a les caractéristiques organiques liées à la sensation, pas au sentiment.

« Voici, ô moines, la noble vérité sur [la nature de] la souffrance : La naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, être uni à ce qu’on n’aime pas est souffrance, être séparé de ce qu’on aime est souffrance, ne pas obtenir ce qu’on désire est souffrance. »

Les souffrances relatives à l’organisme vivant

1.             La naissance

souffrance de base sans laquelle l’existence manifestée n’advient pas

2.             La vieillesse

souffrance de la dégradation dans la durée

3.             La maladie

souffrance de la douleur et du déséquilibre des éléments vitaux

4.             La mort

souffrance liée à la perte de la vie


Les souffrances relatives au Changement

5.             L’union forcée à ce qu’on n’aime pas       

Souffrance des sentiments de rejet/répulsion

6.             La séparation forcée de ce qu’on aime      

souffrance des sentiments de solitude/abandon

7.             La non obtention de ce qu’on désire         

Souffrance des sentiments d’échec/impuissance

La souffrance fondamentale omniprésente

8.             L’insatisfaction et la frustration de fond

liées aux sentiments de non-sens, absurdité, incohérence, vanité de l’existence.


Les concepts fondamentaux

L’Impermanence :      Processus de changement et de destruction qui affecte inéluctablement tout phénomène composé.

La Souffrance :          Conséquence directe de l’impermanence ; ressenti de la relation à ce qui change ; résistance au changement, etc.

La Vacuité :             Les agrégats physiques et psychiques sont dépourvus d’essence absolue individualisée et permanente. Ils existent en relativité les uns par/avec les autres.

L’absence de ‘Soi’ :    Notre perception des phénomènes dépend de nos configurations et processus perceptuels qui changent et sont tous dépourvus d’existence propre. L’idée de ‘soi’ ou de ‘moi’ stable est une illusion.

 

2 L’origine de la Souffrance est le Désir
                                         

L’idée force peut s’exprimer ainsi : La souffrance est une pathologie de la conscience. Et comme pour n’importe quelle maladie, pour éliminer le mal, il faut en reconnaître la nature et rechercher/connaître son origine.

« Voici, ô moines, la noble vérité sur l’origine la souffrance. C’est cette soif qui produit la renaissance, le re-devenir, qui est liée à une avidité passionnée, et qui trouve un nouveau plaisir ici ou là, c’est-à-dire la soif des plaisirs des sens, celle de l’existence, celle du devenir et celle de la non-existence. »

La soif dont il est question ici désigne un désir avide, insatiable, présenté comme la cause la plus évidente de la souffrance, mais non la seule. Elle a la nature du désir-attachement et se manifeste à l’égard de tous les objets, tous les sujets, tous les événements et à toutes occasions sous 3 formes principales :

-       La soif des plaisirs des sens

-       La soif de l’existence en devenir (ou renaissance)

-       La soif de la non-existence (annihilation ou
autodestruction)

Le terme « soif » désigne le fonctionnement énergétique de toutes les passions issues de l’ignorance, du désir et de la colère. Nous naissons avec ces données biologiquement inscrites et actives. Elles sont désignées comme les causes (multi-facteurs associés) de la souffrance chaque fois (et puisque) qu’elles sont à l’origine de nos actes.

« La souffrance » que nous éprouvons ne nous est pas imposée de l’extérieur. Elle ne vient pas de Dieu, des esprits ou d’ailleurs. Elle est le fruit/produit de la rencontre de notre activité mentale avec ses environnements internes et externes. D’où l’importance d’apprendre et de comprendre tout ce qui concerne aussi bien notre activité mentale que tous ses environnements et les relations y afférentes.

3 La Souffrance cesse par l’abandon du Désir

« Voici, ô moines, la noble vérité sur la cessation de la souffrance : c’est l’arrêt complet de cette soif, c’est l’abandonner, y renoncer, s’en libérer et s’en détacher. »

 

Cet enseignement fonde la compréhension des termes « Lâcher prise », et « Non-attachement ». Cessation (sk : nirodha) signifie non-apparition (des passions pour le présent et aussi du processus de souffrance dans l’avenir) et apaisement (des phénomènes conditionnés). Le résultat de la cessation est appelé « nirvana », qui signifie l’extinction, le terme tibétain correspondant signifiant « l’au-delà de la souffrance » valable pour la vie présente comme pour les suivantes.


4 Remplacer le Désir par les Entraînements

« Voici, ô moines, la noble vérité sur la Voie qui mène à la cessation de la souffrance : C’est la noble voie octuple, c’est-à-dire la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, le moyen d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste, le recueillement juste. »

 

Les huit branches de la noble voie (appelé l’Octuple Sentier) doivent être pratiquées simultanément et développées au cours de la progression sur la voie jusqu’à l’atteinte de la libération, tout cela avec une attitude et un esprit de bienveillance à l’égard de tous les êtres. C’est la base d’une existence qui fonctionne bien.

 

1 La conduite éthique               

1-      La parole juste : ne pas mentir, ne pas médire, ne pas parler durement, ne pas injurier, ne pas bavarder futilement.

2-      L’action juste :   ne pas tuer, ne pas voler, observer une éthique sexuelle et aider autrui à mener une vie juste.

3-      Le moyen d’existence juste :     ne pas vivre d’une profession nuisible à autrui comme le commerce d’armes, la mort des animaux, l’escroquerie, etc.

 

2 Le recueillement méditatif

4-      L’effort juste :    se garder de l’émergence de nouvelles passions malsaines, se débarrasser des habitudes mentales malsaines habituelles, engendrer des états mentaux sains, et développer les bons aspects déjà existants.

5-      L’attention juste : développement des attentions consacrées  à l’introspection et à l’observation des sensations, des événements corporels, des activités de l’esprit, de la production des pensées et des concepts.

6-      la concentration juste : la pratique des différents niveaux (vue, recueillement etc.,) et étapes de la méditation

 

3 La connaissance supérieure

7-      La pensée juste : Renoncement, absence d’égoïsme, non violence et amour pour tous les êtres.

8-      La compréhension juste : Compréhension et intégration des 4 vérités, depuis leurs fondements théoriques jusqu’à leur mise en pratique.

 

Fondements logiques et organiques

des 4 Nobles Vérités

L’existence de la souffrance                  Observation et Constat 

La Souffrance est liée par définition à l’Existence. Il suffit de regarder ma souffrance et celle des autres pour voir qu’elle existe. Dès qu’un être vivant existe, la souffrance existe.

 

2 L’origine de la souffrance                              Analyse et Etiologie   

L’origine de la Souffrance est appelée le Désir. Le désir est le produit de « moi » qui ressens la « Soif » et qui veut : S’il n’y a pas « moi », (ego), pour souffrir, le terme souffrance n’a pas de sens.

 

3 La Cessation de la Souffrance                   Synthèse et Diagnostic

La Souffrance cesse par l’abandon du Désir. Bouddha a compris comment quitter la souffrance ; Abandonner le désir et lâcher prise relèvent d’une décision de conscience. Il l’a fait : je peux le faire aussi.

 

4 L’entraînement à la non-souffrance     Remèdes et Méthodologie   

Remplacer le Désir par Conscience et Entraînements Bouddha a compris comment quitter la souffrance ; non-agir et non-attachement relèvent d’une décision de conscience. Il a décrit les méthodes pour y parvenir. Je peux les employer aussi.

 

Les 5 croyances fausses :

(à observer et à abandonner)

Ø Croire qu’il existe un « moi » ou un « soi » permanent, en dépit du constat de l’impermanence des configurations mentales,

Ø Croire qu’il existe des situations extrêmes ou absolues, en dépit du constat que les phénomènes sont relatifs à nos perceptions,

Ø Refuser d’admettre qu’il existe des logiques qui fonctionnent et qui doivent être utilisées (loi de causalité, pédagogies rationnelles d’enseignement, par exemple)

Ø Croire que les opinions généralement admises sont les meilleures et qu’il suffit d’être d’accord avec elles sans examen,

Ø Croire que les rites et les observances suffisent à produire la libération sans véritables compréhension et mise en œuvre.

 

Il s’agit donc de transformer une ignorance générale de départ en connaissance technique de ce qui se passe dans la réalité des événements, des choses et des gens.

Cette transformation passe par un processus d’apprentissage permanent (correspondant à l’esprit d’éveil) dont le résultat va constituer un savoir vivre (dans les aspects existentiels correspondants aux domaines de l’esprit ordinaire). Ce savoir vivre s’exprimera en un savoir être (dans les aspects ‘essentiels’ du jeu créatif, de l’étude, de la spiritualité et de la méditation), en un savoir faire dans ses aspects d’existence pratique, et un savoir dire dans ses aspects relationnels et pédagogiques.

Ce processus (d’individuation) implique la mise en œuvre en termes de attentions-processus-énergie-mouvement-matière-espace-temps. Certaines écoles (Hinayana) enseignent des méthodes longues (un projet de réalisation sur plusieurs existences). La Voie de Diamant (le Vajrayana tibétain, le Tchan chinois et le Zen Japonais), prétend y parvenir en une seule existence et enseigne les moyens appropriés.

 

Du point de vue du Travail Intérieur :

Notre principal problème d’occidentaux consiste à dépasser les cadres religieux institutionnels et ethniques pour :

1°) nous intéresser sans préjugé intellectuel à l’intelligence fondamentale de ce système de représentation de l’existence dont le résultat technique s’appelle la « Vision Pénétrante »

2°) extraire de l’exposé et de la démonstration dudit système les principes de mise en œuvre efficaces et appropriés à nos existences.

3°) actualiser ces méthodes et les appliquer à notre vie ordinaire ; c’est la logique fondamentale de la Formation Diamant®.