15 – 12 prémisses issues de la sémantique générale

1. Une carte n’est  pas le territoire qu’elle représente (AK)

Ne crois pas que ce que tu perçois/ressens/penses/intuites, etc., c’est ce qui se passe. Ne crois pas que ce que tu dis/penses/écris soit ‘la même chose’ que (=identique à) ce qui se passe. N’oublie pas que les ‘univers’ des choses, des gens et des événements fonctionnent en absolue différence de ‘l’univers’ des faits, des perceptions, des mots, et des représentations. Tu n’es pas ton ‘corps’, ni ton ‘esprit’, ni tes émotions, ni tes sensations, ni tes pensées ni ton nom, ni ta profession, etc. Cette confusion ne produit ni conscience ni connaissance. N’oublie pas que, quoique tu puisses dire à propos, tu n’es pas cela et cela n’est pas toi.

2. Une carte ne recouvre pas  tout  le territoire qu’elle représente (AK)

Ne crois pas que tout ce que tu ressens/perçois/penses/dis/écris/intuites/supposes et crois etc.,

soit applicable à tout le monde.

Ne crois pas que tout ce que tu ressens/perçois/penses/dis/écris/intuites/supposes et crois etc.,

représente ‘tout’ sous ‘tous’ ses aspects.

Ne crois pas que tout ce que tu ressens/perçois/penses/dis/écris/intuites/supposes et crois etc.,

soit compréhensible, admissible ou acceptable par tout le monde.

N’essaye pas de tout percevoir, tout intuiter, tout savoir, tout connaître, tout représenter,

tout dire, tout faire, tout comprendre, tout contrôler ETC.                                 TOUT, c’est trop !                                             

3. Une carte ne correspond  pas  toujours  au territoire qu’elle représente

Ne crois pas que penser, prédire, intuiter, ressentir, connaître, représenter, etc., puisse créer une certitude autre que celle de percevoir. Ne crois pas que ce que tu dis/penses/écris etc., a toujours une valeur ou du sens. Ne crois pas que ce que tu dis/penses/écris a été, etc.,  est et sera toujours vrai pour l’éternité. Ne crois pas que ce que tu dis/penses/écris etc., sera toujours automatiquement compris, toujours compréhensible. Ne crois pas que tu seras toujours encore vivant(e) ou aimé(e) dans 2 heures, 2 jours, 2 ans, 20 ans ou dans 200 ans.

4.    Carte, cartographe, utilisateur et territoire ‘existent’ d’abord  aux  niveaux   silencieux

N’oublie pas que tes perceptions, (les représentations d’ordre premier que produit ton organisme), n’ont pas besoin des mots pour exister. La façon première dont ton organisme perçoit, ‘pense’, ‘appréhende’ etc., le monde n’est pas d’ordre verbal. Notre esprit produit des mots (auquel il croit et) qu’il projette sur des soi-disant ‘réalités’ auxquelles il se met à croire. Chaque fois que tu perçois le monde d’abord avec des catégories verbales et intellectuelles, le risque d’erreur d’évaluation est élevé. Cette attitude pathologique est appelée « Sclérose des Catégories ». Aux niveaux silencieux, les concepts de liberté, égalité et fraternité, identité et réciprocité, similitudes et différences, etc., n’existent pas.

5. Une carte sans territoire  vérifiable  n’est pas recevable. Vérifier signifie : faire du ‘vrai’. Ne crois pas que, parce qu’un mot existe, quelque ‘chose’ lui correspond forcément. Ne crois pas ce qu’ « on » te dit/pense/écrit etc., sans vérifier. Ne crois pas ce que tu ressens/perçois/penses/intuites etc., et ce que tu vis ‘en général’ sans vérifier. En conscience, ne crois pas sans décider de croire. Sans vérification, ta sécurité et ta survie ne sont pas assurées. Sans conscience, les mots ne font pas du sens mais du bruit.

6. Carte, cartographe, utilisateur et territoire ‘n’existent’ pas sans leurs contextes

N’oublie pas que ceux qui pensent les mots, ceux qui les disent, ceux qui les écoutent, ce qu’ils désignent et toi qui cherches à les comprendre, dépendent d’abord de leurs contextes intérieurs et extérieurs, conscients et inconscients, et sont conditionnés par eux. Ne confonds pas les réalités silencieuses et verbales, visibles et invisibles etc., des différents acteurs d’une situation avec ‘La Réalité’ telle qu’elle se produit dans son ensemble, ni avec les tiennes.

7. La fiabilité d’une carte dépend de son degré de similitude de structure avec celle du territoire.  Ne te fie pas à une représentation insuffisamment précise, détaillée, fournie, etc., N’oublie pas de [faire] vérifier tout ce qui te paraît insuffisamment clair/précis. Par définition, la pensée statique dans un univers impermanent produit des représentations plus ou moins fausses, partielles, incomplètes et/ou incorrectes etc.,. La cohérence carte/territoire doit être vérifiée en conscience à tous les niveaux possibles (verbaux et non-verbaux). Faire confiance à des croyances fausses et inconscientes produit surtout des erreurs et des ennuis.

8.    Une carte conditionne aux niveaux silencieux la perception du territoire qu’elle
représente. 
Non-verbale et/ou verbale, toute représentation agit aux niveaux inconscients sur ton organisme-comme-un-tout bien avant toute idée, pensée, interprétation, verbalisation, réflexion, etc. Pas plus que le mot ‘Dieu’, la ‘réalité’ que construit ton ‘esprit’ n’est pas toujours vraie, ni complète, ni vérifiable ‘en général’. Ce n’est pas parce que le panneau « Sortie de Secours » existe A que la Sortie de Secours existe B aussi aux niveaux des faits silencieux et objectifs. N’oublie pas que les représentations se produisent/se transforment d’abord en croyances inconscientes aux niveaux silencieux. Vérifie ! Ta survie peut être en jeu.

9.    Carte, cartographe, utilisateur et territoire cumulent leurs limitations.

N’oublie pas que tes capacités de perception, de représentation, de verbalisation, de conscience(s) et de définition etc., de ‘la réalité’ sont limitées aux niveaux des faits silencieux et objectifs. Elles produisent par conséquent aux niveaux inconscients des visions de ‘la réalité’ limitées, plus ou moins fausses, partielles et/ou incorrectes. Lister les paramètres limités contribue à assainir la description d’une situation, et à définir au plus juste possible ce que tôt ou tard, tu finiras par appeler ‘la réalité’. À tes risques et périls !

10. Une carte ‘est’ auto-réflexive. (AK) (ne peut pas être représentée sur elle-même).  « Ce qui peut être montré ne peut pas être dit. » L’instant présent ne peut pas être représenté en même temps qu’il se produit et qu’il est vécu. Il y a un Ordre d’Evaluation qui évite les erreurs. Percevoir et penser en silence d’abord, parler ensuite. Tant que tu ne sais pas énoncer, expliquer et vivre en conscience corporelle comment « je » n’est pas « moi », n’utilise pas la formulation « Je me ». Il n’existe rien qui puisse être appelé « des parties de moi ». Dans les faits, il n’existe qu’une seule personne vivante aux niveaux silencieux : celle que nous appelons « moi ». Sans conscience, les mots ne font pas du sens mais du bruit.

11. Carte, cartographe, utilisateur et territoire fonctionnent en inter relations asymétriques. Ne crois pas qu’une ‘relation’ implique une identité, une égalité, une similitude, une réciprocité quelconque entre deux personnes ou deux événements, etc. Ne crois pas que tu puisses parler sans erreur ni dommage d’une ‘relation’ en ignorant ses ‘pôles’. La formulation « je t’aime » ne s’applique qu’à la personne qui parle, la formulation « je te hais » de même.

12.    Une carte fausse par rapport aux faits, non contredite et non corrigée, est validée automatiquement par l’organisme-comme-un-tout et  transformÉe  en  croyance  inconsciente  aux niveaux silencieux.   N’oublie pas qu’une fausse représentation, verbale ou non-verbale, agit sans délai aux niveaux organiques, non-verbaux et inconscients. Tant que tu ne corriges pas une verbalisation fausse produite par [‘toi’ ou] une autre personne que toi, d’abord tu lui laisses croire qu’elle a raison, mais surtout, tu finiras tôt ou tard toi aussi par le croire. Quand tu ne choisis pas de croire en conscience, l’Ego-Système-Peur utilise ton ignorance et s’en occupe à ton insu… Au Restaurant de la Souffrance, c’est l’Ego qui passe la commande, mais c’est toi qui payes l’addi(c)tion !

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14 – Contempler sans interprétation

(Conscience d’abstraire à différents niveaux du discours)

1ère étape : Contempler et séparer le bruit du silence

J’entends le bruit que je (il ou elle) a fait avec sa bouche,

Je contemple (1) la façon dont je, il (ou elle) l’a fait,

Je prends connaissance du contenu officiel apparent,

Je note (de préférence sur papier) ce que j’en ai retenu,

Je contemple (2) l’impact N°1 sur mes ressentis et sentiments,

Je n’ai encore rien interprété sur le fond   À la suite de quoi :

2ème étape : Analyser, dépister, signaler

Je contemple (3) /vérifie la continuité logique du discours,

Je vérifie (1) l’absence/présence de pièges sémantiques,

Je signale (ou pas) de façon claire ladite absence/présence,

J’ai conscience (1) que ces 2 étapes ont produit chez moi une 1ère représentation/compréhension du discours,

J’ai conscience (2) qu’il va falloir vérifier, préciser et reformuler

Je n’ai encore rien interprété sur le fond   À la suite de quoi :

3ème étape : Revenir en Conscience Attention 5ème

Je contemple (4) l’impact sur mes ressentis et sentiments,

Je pratique l’Entraînement du StopUrgence,

Je pratique le Réglage de retour en conscience corporelle,

Je vérifie (2) que je suis revenu en conscience attention 5ème,

Je récite les 3 1ères Prémisses de la Sémantique Générale,

Je vérifie (3) la cohérence de ce qui se passe avec les 9 autres.

Je n’ai encore rien interprété sur le fond   À la suite de quoi :

4ème étape :, vérifier, préciser reformuler, valider

Je pose toutes les questions1 annexes susceptibles de préciser les in/cohérences internes/externes de la situation,

Je reformule (1) à ma façon pour vérifier ma compréhension,

Je la fais vérifier (4)/corriger/valider par lui (ou elle),

Je reformule (2) pour vérifier ma compréhension définitive,

Je valide, après correction, ma compréhension du discours.

J’interprète, seulement à ce stade, ce qui a été dit,

5ème étape :  Je pose les questions préalables sur :

- Le fait que je sois concerné par le discours (ou pas)

- Le fait que je doive répondre (s’il y a une question, ou pas)

- L’étendue de ma participation éventuelle à la suite (ou pas)

- L’existence de mes réactions envers ce qui se passe,

- L’existence des réactions de ce qui se passe envers ‘moi’.

Rien à interpréter : contempler (5) la cohérence de l’ensemble

6ème étape : Contempler, évaluer, tester, décider,

J’ap-prends conscience (3) que ces 5 étapes précédentes ont produit une 2ème représentation/compréhension du discours

Je contemple (6) la situation en mode intuition-attention 5ème

J’exprime à lui/elle, niveau par niveau, ma neutralité voire, mes accords/désaccords éventuels, partiels ou complets.

Je produis mon évaluation de la situation

Je teste en imaginal pour vérifier (5) la mise en œuvre,

Je décide de non-agir en conscience et de contempler la suite.

 

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13 – Pratique de La Montagne

Comme tous les entraînements de yoga, cette pratique est destinée à être exercée chaque jour possible de tranquillité de façon à pouvoir entrer en action efficace dès qu’il se présente un ‘coup de chaud’ d’existence. Ce n’est pas le jour de la compétition qu’il faut commencer l’entraînement. Mais c’est bien le jour de la compétition qu’il s’agit d’utiliser à fond les résultats de l’entraînement !

Présentation :

Du point de vue de l’esprit ordinaire, nous commençons chaque jour par passer de la position couchée à la position assise, puis à la position debout. L’esprit ordinaire étant par définition identifié à « mon corps », et fonctionnant en coupure corps/esprit, la verbalisation correspondante s’écrit et se dit : « Je me lève », càd,  « Je lève moi ».

Le contenu implicite et inconscient de cette formulation équivaut à « Mon esprit ordinaire lève mon corps ». Cette façon de parler-penser entretient aux niveaux silencieux et inconscients l’idée d’un corps-pantin, (Pinocchio), un corps-machine-outil (Robot), un corps-chose (Cadavre) dépourvu de conscience et d’énergie vivante, etc. Cette idée/représentation inconsciente fonctionne à pleine puissance dès le réveil et perdure ensuite pendant la journée toujours aux niveaux inconscients.

En plus de la nécessité de prendre conscience de l'impact de ce genre de formulation sur nos comportements automatiques, cet exercice est donc destiné à empêcher l’esprit ordinaire de se ré-incruster dès le matin dans ses conditionnements habituels et à lui apprendre à fonctionner plutôt en Esprit d'Eveil.

Pour ce faire, en restant allongé(e) et avant même d’admettre la moindre pensée et/ou faire le moindre mouvement ‘physique’ automatiques et inconscients orientés vers l’action de se lever, il s’agit de visualiser en imaginal [i] aussi  clairement que possible :

 

1 :      Le bouton de fleur de lotus blanche aux reflets violets s’ouvrant en dessus du crâne,

-       L’entrée de l’énergie du ciel blanche/transparente par la porte d’en haut s’enroulant autour de

-       la conscience blanche tournant au point source qui envoie le laser d’attention 1ère à

-       la conscience rouge tournant en sens inverse de la blanche dans l’œil du ventre qui va

-       irradier l’attention 2de dans l’ensemble du volume corporel jusqu’aux extrémités ;

 

2 :      laisser pousser sous la porte d’en bas une arborescence de corail souple rouge sombre

-       laisser s’allumer les tiglés rouges sous le pied droit, blanc sous le pied gauche ()

-       laisser s’allumer les tiglés blanc sous le pied droit, rouge sous le pied gauche ()

-  ouvrir les plantes de pieds pour que l’énergie du ciel évacue l’agitation mentale par
en bas ;

 

3 :     aspirer l’énergie rouge (volcan) par les plantes des pieds et par le corail de muladhara, qui va

-       s’enrouler autour de la conscience rouge tournant au creux du ventre, laquelle agit comme

-       un feu d’artifice énergétique qui nourrit l’ensemble du volume corporel jusqu’à ses extrémités ;

-       ressentir en imaginal le pétillement fin et subtil de cette énergie qui nourrit tout l’organisme ;

 

4 :     laisser s’allumer les tiglés blanc dans la paume de main droite, rouge dans la main gauche ()

-       laisser s’allumer les tiglés rouge dans la paume de main droite, blanc dans la main gauche ()

-       laisser s’allumer le tiglé blanc à l’emplacement de l’œil du front

-       laisser briller (diffusion externe) l’étoile bleue et verte aux reflets orangés dans l’espace du cœur.

 

5 :     Passer à présent tranquillement en position debout.

Visualiser (en attention 5ème) un cône d’énergie dont le sommet se trouve dans la fleur de lotus,

Visualiser ensuite à sa base le point d’assemblage qui se trouve au sol entre les tiglés des pieds.

Aller chercher ce point d’assemblage pour le ‘tirer’ entre les genoux,

Le faire pénétrer par muladhara pour l’intégrer à la conscience rouge.

 

Si cela vous aide, n’hésitez pas à prononcer en esprit la phrase : « Je ne suis pas mon corps, je ne suis pas mon esprit » [ii], etc., et informez (je-en-conscience) l’esprit ordinaire ( qui est en train d’essayer d’activer ‘moi’) qu’il va pouvoir s’offrir le luxe de :

 

6 :     Fonctionner aujourd’hui sans souffrance depuis ce point d’assemblage là (P.A ‘sensation’) et non pas sur ses autres P.A inconscients habituels à savoir le point source (P.A ‘intellect’) ou l’espace du cœur (P.A ‘sentiment’), qui fonctionneront beaucoup mieux en modes auxiliaires mais pas sur leur mode ordinaire inconscient et automatique.

 

7 :     Contempler (je) l’ensemble du monde extérieur (matériel visible) et du monde intérieur (immatériel invisible) et les vivre (moi) avec esprit d’apprentissage, intérêt, efficacité et précision, en y participant au mieux et en s’abstenant le plus longtemps possible de toute implication volontaire (ou non), càd réaction émotionnelle ou affective, opinion, intervention, bavardage mental automatique, inconscient, etc.,.

 

« La Montagne » désigne donc une configuration mentale qui correspond à un placement particulier de la Conscience. Le ressenti qui doit en résulter est celui d’« être » comme une montagne immobile autour de laquelle le monde entier bouge.[iii] C’est l’image du « cône d’énergie » dont il est question ci-dessus.

Ramana Maharshi enseignait un exercice préparatoire consistant à modifier son état de conscience dans un train qui se déplace de façon à pouvoir ressentir, en état de méditation/contemplation, moi-immobile dans le train-immobile, au centre du monde, le paysage défilant à toute allure.

Appliquée au Travail Intérieur, il s'agit d'établir une claire perception de la conscience vivante mais immobile qui contemple (de façon non impliquée, non-désirante, non agissante etc.,) le capharnaüm des processus mentaux et les agitations de l'esprit qui illustrent si bien le processus-concept d'impermanence qui constitue la porte d'entrée du système bouddhique.

Jeu d’Illusions

Il convient de bien situer l’intelligence de cette pratique (qui fait partie des ‘moyens habiles’) dans la logique bouddhique qui classe l’impermanence comme l’une des causes principales de la souffrance ordinaire.

Dans ses tentatives réitérées et instinctives de créer un monde bien policé, bien rangé, hyper organisé et hyper sécurisé de préférence, l’EgoSystème fonctionne comme le Grand Banalisateur des Autoroutes de la Pensée et des Surprises Indésirables, le Grand Fabriquant des Définitions Eternelles et des Législations cosmiques, le Grand Maître des  Standardisations Mystiques, le Grand Staline des Automatisations Unicervelles.

Tout-ce-qui-est-valable-pour-tout-le-monde le séduit. Quant à ‘l’hypersonnel’, il insupporte notre Big Brother Intérieur. Si nous le laissons faire, il est capable de bétonner nos plages de créativité intérieures sans discontinuer.

En apparence, cette EMCU (entreprise de mise en conformité universelle) part d’une bonne intention : fabriquer de la sécurité autant que possible. Mais l’EgoSystème a ses limites, et notamment une particulièrement stupide : il est incapable de concevoir que le sentiment de sécurité invisible, subjectif et personnel peut se révéler plus efficace que toutes les matérielles sécurités visibles, extérieures et collectives qu’il pourra mettre en place.

Cette Pratique utilise avec un certain bonheur l’image de la Montagne comme un symbole par excellence de la « sécurité » que désire l’Ego, mais qu’il est incapable de ‘dé-chosifier’ pour accéder, par intériorisation, à la conscience du Sentiment. Très souvent, cet exercice se révèle simple à réaliser parce que l’Ego a l’impression qu’il ne vient pas s’opposer à ses stratégies habituelles. Mais il ne sait pas que c’est son énergie-même qui est utilisée pour mettre en place l’Esprit d’Eveil !

Appliquée à la pratique de la méditation assise, il s'agit de mettre en place dès le départ le cadre massif du triangle à l'intérieur duquel les agitations de l'esprit vont pouvoir se produire de façon normale, en empêchant directement tout processus d'identification de la conscience immobile à l'Esprit Ordinaire de se produire.

Appliquée à n'importe quelle situation de stress (d'origine interne) se produisant dans les contextes de la vie ordinaire, il s'agit d'obliger l'Esprit Ordinaire à se dissocier des agitations égotiques et le remettre au service de la conscience. Dans le vocabulaire du Zen, la formule consacrée dit : "trouver la distance-posture juste". Dans le vocabulaire du T.I. nous disons : "Quitter la configuration mentale Esprit Ordinaire pour configurer l'Esprit d'Eveil".

Finalement, il s'agit d'un des nombreux exercices qui contribuent à occuper la place de l'Ego[iv] pour que la conscience puisse fonctionner à moindre stress, moindre fatigue et à moindre cont



[i] la pratique de cette méthode est enseignée seulement dans nos stage, pas dans ce blog.

[ii] Voir M 11 : Pratique de StopUrgence

[iii] Cet enseignement est présent en Inde Classique (Shankara, Maharshi), en Chine (Lao Tseu), au Japon (Zen), et au Tibet (les six Yogas de Naropa).

[iv] Le terme « point d’assemblage » est emprunté au vocabulaire de Castaneda.

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12 – Configuration mentale apprentissage

                                                Version 1 : Assis

Intro + Régler l’esprit d’Eveil + Posture en 9 points + Conscience d’Abstraire

Intro : Au début de chaque occasion d’apprentissage, de performance ou de créativité, je commence par ‘laisser le monde dehors’ et je ferme les yeux. Je vais tourner mon attention à l’intérieur pour  vérifier que je vais pouvoir fonctionner au ‘top’ de mes capacités. En effet, sans la configuration mentale correcte, mes pensées pourront vagabonder, mes sentiments et mes émotions s’agiter, mes perceptions et mes résultats vont diminuer. Ce sera plus difficile pour moi de faire attention(S), les risques de fatigue, d’erreur et d’accident vont augmenter et mon plaisir d’exister ne sera pas au rendez-vous. C’est pourquoi je réalise d’abord le réglage de ma conscience corporelle, la Posture en 9 points :

1.    Je visualise ma colonne vertébrale droite comme une flèche,  je redresse mon dos et
je cherche ma place bien en équilibre sur mon siège,

2.    Je pose mes deux mains sur ma tête et je visualise en haut, à l’endroit où se touchent mes doigts, une petite fleur blanche aux reflets violets qui s’ouvre doucement pour recevoir l’énergie du Ciel,

3.    Je sens mes bras toujours levés ; mon menton forme un angle droit avec ma gorge, les muscles de la mâchoire et de la langue sont relâchés, ma langue se trouve en haut du palais, devant, au dessus des dents,

4.    Je descends lentement mes mains sur mes épaules, j’imaginalise  je perçois et je sens leur déplacement,
et je visualise mes épaules ouvertes et écartées comme les ailes d'un albatros.

5.    Je descends poser mes mains sur mon ventre et je place mon attention sur l’œil du ventre, conscience rouge,
que j’imaginalise comme une petite bille rouge au milieu du ventre à 4 doigts sous le nombril.

6.    Restant en conscience rouge, je ressens le déplacement mes mains qui descendent doucement se poser sur mes cuisses ; et en imaginal je perçois simultanément mon sexe, mon anus, mes genoux et mes pieds

7.    A partir de l’Œil du Ventre, siège de l’Attention Seconde, j'observe en conscience rouge ma respiration par le nez qui fonctionne toute seule et qui fait alternativement gonfler et dégonfler mon ventre.

8.    Je place maintenant mon attention par terre, entre mes deux pieds ; je remue mes doigts du pied gauche,
1 fois, 2 fois, 3 fois,  et mes doigts du pied droit 1 fois, 2 fois, 3 fois.

9.    Je ramène mon attention dans la petite bille rouge du ventre et j’y place mon esprit pour qu’il y reste détendu, limpide, attentif et sans distraction pour tout ce qui va se passer maintenant.

1.    J’ai conscience que je suis ici pour apprendre à faire mon métier d’humain(e) qui consiste à apprendre à devenir conscient(e). J’ai conscience que je peux connaître seulement ce que j’apprends. J’ai conscience que j’ignore tout ce que je vais pouvoir apprendre et aussi tout ce que je n’ai pas déjà appris.

2.    Ce que je n’ai pas appris, je n’en ai pas encore conscience ; je ne le sais pas et je ne peux pas m’en servir. Pour ma sécurité, je suis conscient(e) que ce que je ne sais pas est plus important que ce que je crois savoir. Chaque fois que je reconnais que je ne sais pas, je cherche à apprendre ; ainsi, j’évite des peurs, des erreurs, des crispations, des accidents etc.

3.    Ce que je vais apprendre aujourd’hui va servir à entraîner mon esprit à fonctionner le mieux possible quels que soient les gens et les situations que je vais rencontrer dans ma vie. Je ne suis pas mon esprit, mais c’est mon principal outil existence. J’ai intérêt à observer comment il fonctionne et comment apprendre à m’en servir pour vivre à ma mesure de la façon la plus efficace, pertinente et heureuse possible. Je peux le faire et j’en ai le droit.

4.    Aucun des fonctionnements de mon esprit que je vais pouvoir observer aujourd’hui à l’intérieur de moi ne s’est jamais produit. Aucun des événements du monde extérieur que je vais pouvoir observer aujourd’hui ne s’est jamais produit. Il n’y a rien à craindre, tout à contempler et à observer. Ici-maintenant, j’en ai conscience et je le sais.

5.    Ce que je viens de faire s’appelle « Régler l’Esprit d’Eveil ». Cette configuration mentale sert à apprendre et à travailler sans fatigue et sans obstacle intérieur. Chaque fois que je la produis en conscience, sans volonté de puissance, sans peur de perdre et sans espoir de gagner, je peux réaliser mon possible au présent.

Mode d’emploi N° 12 : Configuration mentale apprentissage

Version 2 : Debout

Intro + Régler l’esprit d’Eveil + Posture en 9 points + Conscience d’Abstraire

Intro : Au début de chaque occasion d’apprentissage, de performance ou de créativité, je commence par ‘laisser le monde dehors’ et je ferme les yeux. Je vais tourner mon attention à l’intérieur pour  vérifier que je vais pouvoir fonctionner au ‘top’ de mes capacités. En effet, sans la configuration mentale correcte, mes pensées pourront vagabonder, mes sentiments et mes émotions s’agiter, mes perceptions et mes résultats vont diminuer. Ce sera plus difficile pour moi de faire attention(S), les risques de fatigue, d’erreur et d’accident vont augmenter et mon plaisir d’exister ne sera pas au rendez-vous. C’est pourquoi je réalise d’abord le réglage de ma conscience corporelle, la Posture en 9 points :

1.    Je visualise ma colonne vertébrale droite comme une flèche,  je redresse mon dos et
je cherche mon équilibre en balançant doucement d’un pied sur l’autre,

2.    Je pose mes deux mains sur ma tête et je visualise en haut, à l’endroit où se touchent mes doigts, une petite fleur blanche aux reflets violets qui s’ouvre doucement pour recevoir l’énergie du Ciel,

3.    Je sens mes bras toujours levés ; mon menton forme un angle droit avec ma gorge, les muscles de la mâchoire et de la langue sont relâchés, ma langue se trouve en haut du palais, devant, au dessus des dents,

4.    Je descends lentement mes mains sur mes épaules, j’imaginalise  je perçois et je sens leur déplacement,
et je visualise mes épaules ouvertes et écartées comme les ailes d'un albatros.

5.    Je descends poser mes mains sur mon ventre et je place mon attention sur l’œil du ventre, conscience rouge,
que j’imaginalise comme une petite bille rouge au milieu du ventre à 4 doigts sous le nombril.

6.    A partir de l’Œil du Ventre, siège de l’Attention Seconde, j'observe en conscience rouge ma respiration par le nez qui fonctionne toute seule et qui fait alternativement gonfler et dégonfler mon ventre.

7.    Restant en conscience rouge, je ressens le déplacement mes mains qui descendent doucement se poser le long de mes jambes et en imaginal je perçois simultanément mon sexe, mon anus, mes genoux et mes pieds.

10.   A partir de mon Œil du Ventre, je place mon attention par terre, entre mes deux pieds ; je remue mes doigts du pied gauche :  1 fois, 2 fois, 3 fois,  et mes doigts du pied droit : 1 fois, 2 fois, 3 fois.

8.    Je ramène mon attention dans la petite bille rouge du ventre et j’y place mon esprit pour qu’il y reste détendu, limpide, attentif et sans distraction pour tout ce qui va se passer maintenant.

1.    J’ai conscience que je suis ici pour apprendre à faire mon métier d’humain(e) qui consiste à apprendre à devenir conscient(e). J’ai conscience que je peux connaître seulement ce que j’apprends. J’ai conscience que j’ignore tout ce que je vais pouvoir apprendre et aussi tout ce que je n’ai pas déjà appris.

2.    Ce que je n’ai pas appris, je n’en ai pas encore conscience, je ne le sais pas et je ne peux pas m’en servir. Pour ma sécurité, je suis conscient(e) que ce que je ne sais pas est plus important que ce que je crois savoir. Chaque fois que je reconnais que je ne sais pas, je cherche à apprendre et ainsi, j’évite des peurs, des erreurs, des crispations, des accidents.

3.    Ce que je vais apprendre aujourd’hui va servir à entraîner mon esprit à fonctionner le mieux possible quels que soient les gens et les situations que je vais rencontrer dans ma vie. Je ne suis pas mon esprit, mais c’est mon principal outil existence. J’ai intérêt à observer comment il fonctionne et comment apprendre à m’en servir pour vivre à ma mesure de la façon la plus efficace, pertinente et heureuse possible. Je peux le faire et j’en ai le droit.

4.    Aucun des fonctionnements de mon esprit que je vais pouvoir observer aujourd’hui à l’intérieur de moi ne s’est jamais produit. Aucun des événements du monde extérieur que je vais pouvoir observer aujourd’hui ne s’est jamais produit. Il n’y a rien à craindre, tout à contempler et à observer. Ici-maintenant, j’en ai conscience et je le sais.

5.    Ce que je viens de faire s’appelle « Régler l’Esprit d’Eveil ». Cette configuration mentale sert à apprendre et à travailler sans fatigue et sans obstacle intérieur. Chaque fois que je la produis en conscience, sans volonté de puissance, sans peur de perdre et sans espoir de gagner, je peux réaliser mon possible au présent.

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Leçon 49 – Mise en œuvre du Changement

Dès qu’il s’agit de travailler sur le concept de changement, le vocabulaire de référence est celui de l’enseignement du camarade Bouddha, notamment dans les termes suivants :

L’Impermanence :     Processus de changement et de destruction qui affecte tout être et/ou phénomène par altération, transformation, vieillissement, etc.

La Souffrance :          Conséquence directe de l’impermanence ; ressenti de rejet dans la relation à ce qui change ; résistance au changement, etc.,

« Tout change tout le temps. C’est la seule chose qui ne change pas » proclame l’EgoSystème qui aime tellement les jeux de mots intellectuels qu’il en confusionne la pensée-concept immatérielle avec le mot « chose » qui renvoie directement à l’ordre du matériel[1]. Lorsque c’est Raymond Devos qui s’amuse et qui nous amuse au passage, tout va très bien et à juste titre, nous trouvons cela drôle. Lorsque c’est l’EgoSystème qui s’emmêle (et je pèse mes mots), Moi[2] s’emmêle à sa suite en pleine inconscience et sans issue de secours.

Le concept d’impermanence peut aussi se dire ainsi : « Tout ce qui a commencé finit tôt ou tard. Tout ce qui a eu un début évolue naturellement vers sa fin. Tout ce qui est né finit tôt ou tard par mourir». De façon fondamentale, il est question du processus de transformation/vibration/mouvement universel. Jusque là, pas de problème. Même notre EgoSystème se trouve très satisfait de pouvoir goûter facilement à une sorte de connaissance spirituelle qui lui fait furieusement envie mais qui lui échappe de façon habituelle.

« L’ennui du changement, c’est que ça bouge » et il semble bien difficile à notre EgoSystème via son Esprit Ordinaire, voire impossible, de pré-voir, (càd ça-voir à l’avance) quelles vont être les conséquences de ce changement. DONC, le processus-peur démarre instantanément. Telle est la racine de la souffrance, ce processus d’essence organique que Bouddha a déclaré inhérent à l’espèce humaine toute entière.

Le processus-peur a normalement comme conséquence (chez les antilopes notamment, mais ça fonctionne aussi chez les poissons) de déclencher un départ de compétition du 500 mètres en sprint en vertu du principe que plus l’origine (extérieure) du sentiment de peur sera lointaine, plus s’éloigne le risque de se faire manger tout cru par inadvertance, lion affamé, sauvagerie, pervers sexuel ou requin agacé, par un rapport direct de cause à effet.

La réaction est dite instinctive, ce qui signifie qu’elle a lieu de façon instantanée, comme l’indique la parenté étymologique des deux termes. Par extension, il s’agit de comprendre qu’il n’existe aucun instant de conscience, délai de réaction ou de réflexion quelconque entre la peur et le démarrage en trombe. La racine Inst renvoie donc à ce qui se passe ici-maintenant, l’instant T du ‘moment’ présent.

Mais les conditions idéales d’une savane bien dégagée ne sont pas toujours existantes ; en particulier, je pense à la situation des employés du secteur tertiaire à qui la Direction de leur entreprise annonce tôt ou tard qu’il va y a avoir des changements (entendre, changement de bureau, changement de chef de service, changement d’activité, changement de travail, changement d’équipe, changement d’actionnaires, etc. Or, ces gens étant bloqués derrière leur bureau, sur leur chaise ou debout à leur poste de travail, le Système-Peur instinctif hurle « Sauve qui Peut » à l’intérieur alors qu’à l’extérieur, ils ne peuvent pas bouger !

C’est alors qu’Ego-Zorro peut prendre le relai, sous la forme intériorisée dite de la « Pétrification ». Comme si le fait que « On ne bouge plus, on ne touche à rien ! » allait permettre de devenir soudain intelligent. C’est en tout cas ce que nous enseignent les romans d’Agatha Christie, les films policier à la TV et d’une façon générale, les enseignements de la police criminelle pour éviter de détruire des indices qui vont normalement permettre de lire à livre ouvert une scène de crime au départ aussi mystérieuse que l’existence férocement niée ‘en toute franchise et authenticité’ de certains comptes bancaires en Suisse.

L’Ego a en effet tendance à pétrifier toutes les situations. L’équivalent organique du processus psychologique s’appelle la tétanie, autrement dit, une panique immobile qui met sous tension maximale celui ou celle qui en est victime.

Mais l’Ego Système a disposé des milliers d’années de l’évolution darwinienne pour mettre au point des stratégies plus subtiles dont nous trouvons la trace dans notre langage courant (en l’occurrence, sprintant !) :

Oui, je vois bien ce que je dois faire, mais non.[3]

Vous voyez bien que j’essaye mais je n’y arrive pas.[4]

Je sais que ça serait super, mais je n’ai pas envie.[5]

Et pourquoi ce serait moi qui dois changer tout le temps ? etc.

 

Pour les praticiens du Travail Intérieur, l’EgoSystème déploie des trésors d’ingéniosité pour persuader son hébergeur habituel (ainsi que tout son entourage) qu’il est en train de travailler la question (Fondamentale, à n’en pas douter, j’en suis bien conscient et j’y travaille, tu penses bien !) de façon efficace, féroce et continue. Il le dit, mais il ne fait absolument rien. Et si même il était capable de faire moins que rien, il se précipiterait pour réaliser ce chef d’œuvre improbable qui, comme l’a si bien montré Devos, est déjà quelque chose !

Les pratiques fondamentales de la Formation Diamant exclusivement enseignées et transmises en stage telles que le Réglage de Départ, la configuration mentale Apprentissage, la configuration mentale Esprit d’Eveil, la configuration mentale Méditation, la pratique du StopUrgence, les Principes du Compagnonnage et tous les modes d’emploi de conscience, d’une façon générale etc., servent tous sans exception à débrancher l’EgoSystème de façon à permettre à notre conscience de fonctionner avec un minimum de perturbation et à occuper la conscience à la place de l’Ego, sans doute ni hésitation.[6]

Lorsque nous pratiquons ces entraînements et que nous lisons les textes qu’il s’agit de mettre en œuvre ensuite, tout va bien. Cela paraît évident, tout simple, en vérité. C’est bon. ça va être facile à faire. C’est ainsi qu’en juge l’Ego-Système, facile à reconnaître puisqu’il donne son sentiment à propos de la situation en termes déguisés de j’aimeçaj’aimepasça[7]. Comme le disait le Pr Coluche : « J’ai arrêté de fumer. Je commence demain ! »

L’Ego-Système emploie même une stratégie qui reste inconsciente chez la plupart d’entre celles et ceux qui n’ont pas subi en direct la férocité tendre des observations des Maîtres de méditation. L’Ego est capable de persuader mon petit « moi » bien brave que « Parce que j’ai lu le texte, parce que j’ai chanté le texte, parce que j’y ai réfléchi, parce que je le connais (par cœur éventuellement), parce que j’en suis à ma 1259 séance de pratique et demi, parce que je fais de mon mieux et que je m’y efforce, parce que je suis un(e) pratiquant(e) assidu(e), je sais le faire. » Hélas, ça ne fonctionne pas ainsi. Dire n’est pas faire.[8]

Tant que l'Esprit d'Eveil se trouve miraculeusement activé chez nous sans que nous ayons à produire un quelconque effort d'attention et/ou de modification technique en conscience de nos comportements ego-toxiques, alors, tout va bien !

Nous savons intellectuellement ce que nous devons faire pour configurer l'Esprit d'Eveil, entrer en état de Calme Mental, mettre en œuvre chaque Principe de Compagnonnage, etc.,. Mais cela nécessite un véritable changement organique de notre part, ainsi que l'abandon d'habitudes comportementales que ego-nous croit « dur-comme-faire » NE PAS pouvoir modifier sans devoir altérer ego-notre personnalité, et/ou devoir en souffrir, et/ou ego-nous faire râler, et/ou ego-nous sentir brusquement en état d'impuissance-insuffisance-fragilité etc.),

C’est alors, justement, que ego-nous décide (mais notre conscience d'Eveil est hors service à ce moment là), qu'il n'est pas question de changer ce confort égotique habituel, que c’est trop pénible, trop fatigant et en plus, qu’y a-t-il à y gagner ? Moins de souffrance ? Et alors ? Bénéfice dérisoire ! Il est plus simple de se cramponner comme une tique sur la peau d’un chien aux habitudes toxiques et de se persuader (de façon inconsciente toujours) que ce sont les autres qui doivent modifier leurs comportements à notre égard. « Avec tout ce que j’ai déjà fait en Travail Intérieur. Sans blague ! Pas toujours les mêmes ! C’est un peu à eux de bosser de temps en temps, quand même ! »

Un très habile raisonnement égotique peut venir compléter et couronner cet astucieux comportement pétrificateur et incapacitant, sous la forme de l’ego-pensée suivante : « Après tout, j'ai juste à non-agir, finalement. »  Ce qui, traduit en égo-bavardage, signifie : « En réalité, je n'ai rien à faire de spécial et surtout pas ce qui est écrit dans ces textes tibéto-exotico-machin-chouette dont mon instructeur me rabat les oreilles. Qu’est-ce qu’on en a à faire de ces yogas gagas ! Surtout ne rien changer… Seulement attendre et voir ce qui se passe. Attendre assez longtemps pour que, par miracle, les autres en aient marre d’attendre que je bouge et qu’ils fassent le travail à ma place. Ça, c’est bon comme stratégie ! J’aime bien ça ! »

Je le sais bien. J'ai pu voir ces processus à l'œuvre dans ma vie tellement souvent et à tellement de niveaux différents !

Face à cette stratégie classique de l'Ego, dont la Monumentale Paresse constitue l’acteur et l’anti-moteur principal, une 1ère prise de conscience est nécessaire, qui s’écrit : Non-agir constitue le résultat de l'entraînement au Calme Mental et à l'Esprit d'Eveil, pas la source ni le début !

Mais nonobstant cette révélation, comment faire pour mettre en œuvre ?

Il m’a fallu à peu près 10 ans pour réaliser en conscience quelle solution la sémantique Générale apportait à ce ‘problème’. Et 20 ans de plus d’entraînement tibétain pour transformer la prise de conscience intellectuelle en prise de conscience organique. Comment je fais ?

Ayant réalisé une 1ère lecture globale intellectuelle ‘normale’, je continue par une sorte de méditation en attention seconde flottante à propos du texte qu’il s’agit de mettre en œuvre. Ensuite, je réalise une 2ème lecture générale sur un mode de contemplation intuitive, en recherchant, en conscience corporelle, avec quel paragraphe je me sens en évidente familiarité. A l’intérieur dudit paragraphe, qui décrit une partie de ce qu’il est question de mettre en œuvre, je vais sélectionner  une seule action technique, celle que je vais trouver le plus aisé et le moins rebutant a priori. C’est celle là que je vais décider en conscience et entreprendre de réaliser.

Ensuite je vais expliquer à mon EgoSystème (personnifié chez moi par les noms de Luikatorze, sous d’autres aspects Tamervlan, et sous d’autres aspects encore Povtichou) que c’est lui qui est vraiment intelligent, pas moi. Ce pour quoi je le charge de m'expliquer par écrit comment lui comprend ce qu’il y a à concevoir pour réaliser ce qu’il y a à faire et quelles sont exactement les étapes que je dois mettre en œuvre pour parvenir au résultat.

Autrement dit, il s’agit d’écrire une représentation des transformations à réaliser, c’’est à dire créer une carte prédictionnelle à propos d’un territoire qui reste à découvrir. À la suite de quoi, en conscience et étape après étape, je vais pouvoir comparer cette carte qui sort tout droit de mon imagination créatrice (aussi appelée active) avec la réalité de mon expérience vécue.

La prévention nécessaire de l’Aveuglement Spécifique[9] nécessite le contrôle d’un guide, comparse, maître, instructeur etc. avec lequel corriger l’évolution factuelle au cours de la progression qui doit être assortie d’un travail de contemplation opératoire, à savoir ma conscience en Esprit d'Eveil qui va provoquer Ego-moi à réaliser ce qu'il se refusait à faire jusqu'à présent.

A présent, c’est le moment de constater que, avant que je n'explique ce processus en détail, votre ‘Ego-moi’ est dans l'incapacité absolue de concevoir un tel processus. Mais, une fois que ledit processus a été proposé (etym : posé devant) et simplement ex-posé (etym : posé dehors de façon visible) pour que vous puissiez bien le 'voir' en conscience, la situation devient étrangement moins crispée et soudain plus facile !

Pour l'avoir longuement et maintes fois contemplé, il me semble que l'EgoSystème déteste se voir mis en face d'une épreuve quelconque, parce que son ’tain[10] d'orgueil le propulse à 10000 pieds d'altitude de suffisance et de prétention en compensation de paresses et de peurs issues des sentiments d'impuissance, ignorance, culpabilité, etc. que la situation [je ne sais pas le faire alors que, puisque je sais déjà tout, je devrais le savoir !] à généré chez lui/elle.

Le fait de créer une carte en décrivant un processus prédictif de la mise en œuvre permet de contrôler dans le ‘réel objectif’ chaque étape du processus à propos d'un territoire intérieur/extérieur encore inconnu, va permettre à l'EgoSystème de se sentir brusquement intelligent. C’est pourquoi le fait que, dans un premier temps,'elle puisse 'être fausse' au sens de l’Ego n'a aucune importance[11]. Intellectualiser, il connaît. Organiser, il sait faire. Ecrire et Décrire[12], « c'est chiant, mais pourquoi pas, s'il faut en passer par là pour... réussir ! »[13]

Bien sûr que  « Mais elle est fausse au départ, la carte ! »

Ce qui importe c'est de l'écrire pour fixer cette représentation fausse (en tout ou partie, aucune importance). Tant qu'elle n'est pas d/écrite et devenue ainsi 'consciente, statique et visible', elle ne peut pas sortir des processus inconscients, mouvants et invisibles qui constituent notre aveuglement spécifique. Et tant que celui-ci est actif, l'Ego-moi va bloquer tout processus d'évolution parce qu'il a peur (de tout ce qu'il ne sait pas faire, pas dire, pas savoir, ne maîtrise pas, etc.,) et qu'il se sent  frustré... justement de ne pas ...tout cela.

L'EgoSystème n'en n'est pas à une, dix, cent contra-dictions et in-cohérences près. Nous le savons lorsque nous fonctionnons en conscience. Mais lui ne le sait pas, parce qu’il pense en Esprit Ordinaire et qu’il parle en Langage Courant non révisé.

C'est notre travail de conscience que de lui apprendre à modifier son/notre langage courant de façon qu'il modifie nos/ses comportements. Juste pour voir. À la sortie, nul doute qu'il sera absolument fier d'avoir réussi l'infaisable.

 



[1] leçon 23 : Piège de la personnification et leçon 33 : voir les choses telles qu’elles sont

[2] leçon 43 : Processus Ego-Moi

[3] leçon 5 : Les Gardiens du Langage courant

[4] leçon 47 : J’essaye mais je n’y arrive pas.

[5] leçon 30 : les Coups Fourrés de l’Ego-Tyran

[6] Leçon 40 : Occuper la place de l’Ego

[7] Leçon 19 : J’aimeçaj’aimepasça

[8] Leçon 8 : dire n’est pas faire.

[9] Mode d’emploi N° 1 : Aveuglement Spécifique

[10] Abréviation employée dans certains ouvrages du grand philosophe Terry Pratchett qui signifie dans ce présent contexte : Nom d’une pipe, qu’est-ce que j’ai fait hier à YahvéJézukryBoudHallah pour avoir une gueule de bois pareille de maTAIN !

[11] en Ego-vocabulaire, bien sûr :  identification + toutourienité

[12] Mode d’emploi N° 3 : Prendre Conscience

[13] leçon 47 : J’essaye mais je n’y arrive pas.

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