Leçon n°24 – Le Processus d’Intériorisation

17 juin 2009

Tout ce que je perçois de « La Réalité » peut être faux.  

Je choisis de croire que ce qui m’arrive est réel.

 

Notre éducation ordinaire fait que la plupart du temps, notre ‘attention’ est tournée vers l’extérieur. Elle fonctionne comme une attention première, qui saute comme un jeune singe indiscipliné d’un événement à l’autre, dans une sorte de fascination pour une pseudo perpétuelle nouveauté. Faute d’apprentissage approprié, nous sommes conditionnés à ignorer et/ou oublier et/ou négliger que cette attention est le produit-résultat de notre organisation mentale, à savoir notre conscience et notre organisme-fonctionnant-comme-un-tout-dans-ses-environnements.

Ces oublis et/ou ignorances et/ou incapacités ont été appelés par les bouddhistes l’absence d’introspection. Nous avons le plus grand intérêt (comme eux) à considérer cette carence comme une véritable et dangereuse maladie puisqu’elle nous interdit de voir et de comprendre que 1°) nous projetons nos émotions, nos sentiments et nos jugements sur le monde entier avec une totale absence de discernement et 2°) cet aveuglement spécifique (voir mode d’emploi N°1) nous rend manipulables non seulement par n’importe qui et n’importe quoi ‘dehors’, mais aussi par tout ce qui se passe ‘dedans’ !

Dans un livre chinois nommé « Le Secret de la Fleur d’Or »1 le processus par lequel un(e) humain(e), observe comment sa connaissance du monde dépend entièrement de ses capacités à le percevoir est appelé « le Retournement de la Lumière», ce que nous traduisons par « le Retournement de l’Attention ».

Chez les Soufis et au Tibet, il en est clairement question depuis le 9ème siècle après J.C. Depuis 70 Ans, en Occident, il est le fondement et le mode opératoire des travaux de C.G.Jung et de ce qu’il a appelé le « Processus d’Intériorisation ».

Qu’y a-t-il à observer ? Les fonctionnements complexes de cette activité mentale que nous appelons « l’esprit ». A cet effet, voici quelques points de repère importants, rédigés à la façon de Ludwig Wittgenstein, pour orienter correctement vos propres observations.

* * *

Ce qui existe « dehors » n’a pas besoin de moi pour exister. De toute façon, l’univers fonctionne vraiment sans moi. Je ne l’ai pas créé. Je crois en prendre conscience, parfois. Plus exactement, la conscience me prend. En effet, du point de vue de l’Énergétique Organique, le terme « Prendre Conscience » doit être pris au sens de « prendre feu ». Il s’agit d’un processus réceptif (yin) d’acceptation non-agissante. Ce n’est pas ‘moi’ qui saisis la conscience de façon volontaire, mais la conscience qui me saisit. Cette formulation qui change le sens de la compréhension change aussi la réalité énergétique et biologique qui l’accompagne.

Lorsque quelque ‘chose’ existe ‘dehors’, je ne la vois pas toujours. Cela dépend de mes capacités d’attention et de mes conditionnements précédents.

Lorsque quelque ‘chose’ existe ‘dedans’, je ne la ‘vois’ pas toujours non plus. D’abord, il ne s’agit pas d’une ‘chose’ matérielle, mais d’un processus immatériel. Ensuite, le ‘voir’ dont il s’agit ne se fait pas avec les yeux matériels mais par le jeu de perceptions subtiles qui doivent être éduquées chez la plupart d’entre nous.

Par ailleurs, je ne vois pas toujours que je ne vois pas ce qui existe « dehors » et « dedans ». Cette forme d’ignorance fondamentale s’appelle l’aveuglement spécifique.

Ce qui existe ‘dedans’, (sensations, émotions, pensées, intuitions, réactions, sentiments, etc., c’est-à-dire ‘moi’) n’est pas toujours compatible ou en harmonie avec ce qui se passe « dehors ».

Ce qui existe ‘dehors », (choses, processus, événements, situations, etc.) n’est pas toujours compatible ou en harmonie à ce qui se passe « dedans ». Mes ressentis et mes adaptations au ‘réel’ résultent de mes (in)capacités et de mes limitations.

Je ne suis pas toujours capable de percevoir ces processus correctement lorsqu’ils se produisent. Ce que j’en perçois résulte de mes (in)capacités et de mes limitations et elles sont nombreuses.

Je ne suis pas non plus toujours capable de m’en faire des représentations non-verbales et verbales suffisamment exactes auxquelles je puisse toujours leur faire confiance.

C’est pourquoi j’ai intérêt à être conscient que :

Tout ce que je perçois de « La Réalité » peut être faux.

Ce que je ressens et ce que je me représente de ce qui se passe ‘dedans’ et ‘dehors’ n’a pas toujours de la valeur, autrement dit, ne me sert pas toujours à me bien porter.

Éprouver des sentiments indique et signifie d’abord seulement que je suis vivant(e). Réagir à ces sentiments n’est pas toujours une bonne idée.

Réagir inconsciemment à des sentiments est presque toujours la cause directe de souffrances annexes.

Or, pour l’esprit ordinaire, « exprimer des émotions » consiste le plus souvent à exprimer des réactions à propos de mes sentiments. Cela n’a rien à voir avec exprimer mes sentiments.

Il en va de même lorsque nous confondons les sentiments et les émotions. Tant que cette confusion n’a pas été reconnue, une souffrance inutile persiste.

Appropriées ou non, adaptées ou non, ces réactions ne sont pas « moi ». M’en croire le créateur et/ou le propriétaire relève justement de l’auto-illusion, de l’aveuglement spécifique. (voir Mode d’emploi 01)

La colère (et/ou n’importe laquelle des autres émotions perturbatrices), ne se développe pas sans interprétations, ni sentiments, ni jugements à propos de ce qui se passe « dehors ». Ces processus se produisent aux niveaux silencieux et ne sont pas ce que je peux en dire.

Pendant que mon attention première est fascinée par ce qui se passe ‘dehors’, je ne peux pas voir et même j’oublie ce qui est en train ‘dedans’ de réagir à ce qui se passe ‘dehors’. Autrement dit et au résultat, j’ignore l’ensemble des processus mentaux à l’œuvre aux niveaux silencieux.

Ne pas se faire piéger par le Processus de Saisie de l’Ego signifie discerner en conscience que, sans mon organisme vivant pour le percevoir à sa façon ‘dedans’, l’univers tout entier n’a pas pour moi le moindre début d’existence ‘dehors’.

Mon organisme sélectionne ce qu’il peut à propos de ce qui se passe pour m’en donner une représentation à ma stricte mesure. Lorsque j’ai conscience de l’ensemble de ce processus et de ses conséquences, j’ai Conscience d’Abstraire2, et simplement beaucoup moins de risques de me tromper et de m’illusionner à propos de ce qui se passe.

En dernier ressort, si oublier de demander conseil et aide témoigne d’une certaine dimension d’orgueil un peu stupide, s’abstenir ou refuser de le faire volontairement constitue une erreur typique de l’aveuglement spécifique.

Alors, une fois que j’ai fait le compte (conscient) de toutes mes imperfections, limitations, incohérences, etc., je suis bien obligé d’exister quand même en faisant au mieux et en tenant compte de tout cela. D’où le Koan3 Zen suivant :

Je choisis de croire que ce qui m’arrive est réel.

 

Comment comprendre ce Koan ?

Lorsque je perçois mes sensations comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, plus ou moins fidèles, plus ou moins aveugles, qui me décrivent à leur façon programmée ce qui se passe autour de moi,

Lorsque j’examine mes sentiments comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, plus ou moins partiaux, plus ou moins justes, qui produisent des jugements à propos de ce que je dois aimer ou ne pas aimer,

Lorsque je contemple mes pensées comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, plus ou moins pertinents, plus ou moins encombrants qui commentent la réalité de façon plus ou moins absurde et logique,

Lorsque j’écoute mes intuitions comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, plus ou moins précis, plus ou moins fiables, qui me présentent des aspects du monde plus ou moins subtils ou virtuels,

Lorsque j’accepte mes émotions, qu’elles soient réjouissantes ou dévastatrices, comme des processus mentaux transitoires, uniques, limités et relatifs, qui peuvent se produire sans trop me déstabiliser ni me transformer en un champ de ruines,

Lorsque je décide d’observer en conscience l’ensemble de mes processus mentaux en cessant de croire qu’ils constituent ma nature, ou ma personnalité, et que je parviens à ne plus me laisser affecter par leurs résultats,

Lorsque je ‘comprends conscience’ ou que la conscience me prend que les mots ‘corps’, ‘âme’, ‘esprit’ et tous les autres mots avec eux séparent, par du bruit vide de sens des réalités silencieuses non séparables,

Lorsque je perçois que ces processus vivants ne sont pas des états immobiles, et que les ‘états’ immobiles sont des cas particuliers des processus vivants,

Lorsque je contemple les événements du monde intérieur et du monde extérieur sans oublier que je les perçois à travers mes langages, mes filtres et mes limitations, sans croire aveuglément qu’ils sont la réalité en soi, que la réalité et toute la réalité,

Lorsque je tiens compte que je peux très souvent être aveugle et faire erreur à propos de ce qui se passe, mais que je peux demander aide et conseil à chaque instant de ma vie,

Lorsque je parviens à sentir que mes représentations du monde, qu’elles ne sont pas le monde mais la production interne et organique résultant de ≈20% d’événement objectif ‘externe’ associé à ≈80% d’organisation mentale ‘interne’,

Lorsque je parviens à analyser mes souffrances comme des avertisseurs de dysharmonie, d’inadaptation, de confusion de niveaux, d’erreur d’interprétation et/ou de représentation du ‘réel’ aux niveaux silencieux et objectifs,

Lorsque je suis conscient qu’il existe une absolue différence entre les mots et ce qui se passe dans le monde, et que je me comporte en fonction de cette connaissance,

Tout cela ensemble et bien d’autres aspects encore, car ce qui vient d’être dit n’est pas ‘La Réalité’, ne recouvre pas toute la réalité et constitue d’abord mon expression de mes réalités,

Alors,  je cesse de croire que le monde existe sans moi, et moi sans le monde. Alors, je cesse de croire que ce qui m’arrive est « réel ». Alors, c’est ce que j’appelle « Vivre et Non-Agir en conscience. » Alors, je peux me considérer comme une ‘grande personne’.

* * *

Dans le Tao Tö King4, pour définir ce que signifie Non-Agir, Lao Tseu dit: « Le Ciel et la Terre se déploient de façon continue et suivent leurs cours sans effort. Ainsi, toujours actif mais jamais occupé, le sage travaille sans s’affairer, savoure sans désirer, contemple sans qualifier, enseigne sans désir de convaincre et demeure sans opinion ni préoccupation.»

Ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’un résultat.

Le Travail Intérieur de Conscience ne concerne évidemment que ceux qui souhaitent apprendre les méthodes qui servent à vivre heureux.

Et dans ce domaine, il faut se rappeler qu’il est impossible d’obliger quiconque à apprendre quoi que ce soit.

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1 Le Secret de la fleur d’Or (Attribué à Lou Yan, ≈ an 1000 après J.C.) fusionne les enseignements secrets du Taoïsme et du Bouddhisme Chan.

2 Conscience d’Abstraire : vocabulaire spécifique de la Sémantique Générale.

3 Koan : Dans la tradition du bouddhisme zen, énonciation incompréhensible par le seul intellect qui ne peut l’être que par expérience vécue. Les Soufis disposent, dans le même axe pédagogique, des « Histoires-Enseignement ».

4 Dans la leçon 6 du Tao Tö King (Lao Tseu : 570-490 avant J.C.).

Leçon n°23 – Le piège de la personnification

5 juin 2009

  

Un piège dans lequel tombent inconsciemment bien des psy, praticiens et étudiants de l’activité mentale consiste à utiliser (parler-penser) les termes l’« Inconscient », le « Conscient », le « Moi », « Moi-même », le « Soi », le « Surmoi », etc., voire n’importe quel autre processus mental comme s’il s’agissait de substantifs ; autrement dit, pour employer le vocabulaire  d’Aristote et  de Saint Augustin, comme s’il s’agissait d’ « Êtres doués de substance ». Cette façon automatique d’utiliser le langage courant fonctionne de façon presque toujours inconsciente et doit être considérée comme hautement toxique en T.I.

Ce  processus  mental pathologique est appelé  « personnification »  en ce  qu’il  identifie et  confond  en pratique  un  « concept » immatériel-intellectuel et une « personne » vivante. Sa structure ressemble beaucoup au processus d’objectification (identification concept/objet, confusion d’un concept immatériel avec un objet matériel). Or, la confusion d’un substantif et d’un adjectif qualificatif se produit par définition d’abord aux niveaux silencieux et inconscients. C’est pourquoi ces identifications/confusions conduisent de façon certaine à des confusions de sens, des erreurs de diagnostic et à des impasses d’existence aux conséquences souvent dramatiques.

Nous trouvons ce piège à l’œuvre par exemple dans bien des discours politiques et/ou religieux : La République, la Justice, la Paix, Le Divin, la Maladie, la Liberté, l’Amour, la Mort, etc., Cet emploi consiste à ignorer1 qu’il est question d’un concept, juste une façon de parler, pure création de l’esprit vide de sens tant que les contextes n’ont pas été suffisamment précisés. Au contraire, ‘on’ s’exprime comme si ces mots étaient une personne vivante. La France, (avec Marianne), la Mère-Patrie, (la statue de) la Liberté, à N.Y., la Justice (tenant la balance), Le Christ est Amour, (L’Eglise est l’Epouse du Christ). Etc.

Ne me dites pas : « Mais alors, ‘on’ ne peut plus employer même ces mots là ?! » Nous sommes ici dans le contexte du Travail Intérieur et à ce titre nous avons besoin d’un vocabulaire approprié au déminage des processus mentaux toxiques. (Relisez le Vocabulaire en leçon 02). En l’espèce, compte tenu des confusions qu’il induit en pratique, ce vocabulaire mérite d’être systématiquement invalidé. Donc continuez à employer ces mots-là en politique, en philosophie, en poétique, en religion ou dans n’importe quel système intellectuel qui ne réclame pas de résultat technique efficace si cela peut vous faire plaisir, mais restez au moins conscient(e) de leurs imprécisions, de leurs limites et de leur toxicité.

De toute façon, ne restez pas bêtement croyant(e)  aveugle et sourd(e). Débrouillez vous pour amener ceux qui parlent de la sorte à préciser ce qu’ils veulent dire jusqu’à ce que leur discours soit au moins pour vous dépourvu d’ambigüité. Vous verrez à quoi cela sert de préciser !

Ce processus de personnification fonctionne dans notre culture occidentale probablement depuis l’introduction de la pensée conceptuelle rhétorique romano-chrétienne en Gaule. Il désigne la projection mentale d’une charge énergétique humaine sur une image archétypique interne et/ou externe et/ou sur un individu vivant.

C.G.Jung était conscient du problème ; dans La Dialectique du Moi et de l’Inconscient, (1933) il écrit : « Le lecteur trouvera peut-être comique que je parle de l’inconscient comme s’il était une personne. Loin de moi pourtant l’idée de vouloir accréditer le préjugé que je considère l’inconscient comme une entité personnelle. L’inconscient est un ensemble de processus naturels qui sont situés par delà le plan personnel et humain. Seule notre conscience est  ‘personnelle’. »

C’est pour se dégager le mieux possible de ces processus inconscients (tant collectifs que personnels) aux fins d’en transmuter l’énergie vivante que leur observation constitue pour tous les Chercheurs de Vérité une vigile ‘non-active’ nécessaire et fondamentale. Le Travail Intérieur ne peut pas fonctionner sans cette intériorisation qui doit être patiemment expliquée, comprise, puis entraînée pour s’intégrer à terme au fonctionnement conscient et habituel de l’activité mentale.

Au-delà du T.I., et de façon ordinaire, le défaut d’intériorisation constitue à la fois un handicap, une carence et une  cause fondamentale d’erreur et de confusion. En effet, tant que nous ne prenons pas conscience que notre organisation mentale projette en permanence de façon organique et naturelle la totalité de nos émotions, sensations, imagination, interprétations, ETC., sur le monde entier à l’extérieur de notre peau, nous n’avons aucune chance de différencier les réalités extérieures de nos réalités intérieures. Nous constituons alors pour les escrocs et illusionnistes de tout poil des ‘pigeons’ merveilleux prêts à croire n’importe quoi. Mais à la sortie, il faut toujours payer la facture des erreurs, bavures, confusions, bévues et autres catastrophes qui sont les résultats directs résultats de cette ignorance.

Pour comprendre ce que signifie l’adjectif « inconscient », laissons tomber toutes les définitions intentionnelles, c’est à dire celles qui commencent par : « l’inconscient, c’est… », suivi de [n’importe quoi qui peut se parler-penser]. Utilisons plus simplement cet exemple de la Télévision : lorsque je regarde l’écran et que je « suis inconscient » de ce qui se passe autour de moi, cela veut dire que mes Attentions 2de ,3ème et 4ème sont vidées de leur efficacité, toute l’énergie-attention-conscience disponible étant utilisée par l’Attention 1ère capté/capturée par les images sur l’écran. Inconscient signifie donc ici que mon activité mentale se trouve littéralement ‘débranchée’ et n’a aucune conscience de ce que je viens d’exprimer.

La personne dont l’A.1ère se trouve ainsi captée, capturée, se trouve en état d’aveuglement spécifique, ne sachant même pas qu’elle ne sait pas. Dans cet exemple, dès que l’A.1ère focalise toute l’énergie disponible, « je » ne suis conscient que de ce qui se passe sur l’écran… de ma petite conscience. Autrement dit, tous les autres événements extérieurs visibles mais aussi le reste de mon activité mentale intérieure et invisible ne me sont pas perceptibles. Je fonctionne « hors de moi », aveuglé, hors conscience. C’est la définition même de l’aveuglement spécifique.

La structure de cet exemple est applicable à l’observation de n’importe quel fonctionnement mental : les émotions et sentiments perturbateurs (Colère, envie, avidité, jalousie, tristesse, etc.,),  les besoins primaires, (faim, sommeil, désir, etc.), ainsi que les comportements d’addiction (drogue, alcool, jeu, sexe etc.,). LE comportement ‘évident’ (Etym : celui qui se voit) n’est pas celui qu’il convient d’observer.

Nous savons (par les récentes neurosciences) que nous fonctionnons en mode ordinaire sur la proportion moyenne de 80% de paramètres inconscients pour 20% de conscients. Dès lors, si nous cherchons à obtenir des représentations les plus fidèles possibles de « la réalité », nos efforts doivent porter sur l’ensemble des techniques qui permettent aux configurations non-conscientes – qui polluent ordinairement ma construction du monde – d’accéder à notre conscience individuelle. Celle-ci (que nous appelons « moi ») se construit alors comme une résultante en particularisation par cette seule mise en lumière des zones obscures, et ce, au cours du Processus d’Individuation. Pour bien comprendre cette ‘conscience’ dont je parle, c’est le moment d’aller relire la leçon 15 (9 Consciences).

Pour réaliser cela, il existe plusieurs moyens qui passent par la recherche systématique dans notre existence d’un contact conscient avec :

1.    Les formulations répétitives, bloquées et stéréotypées qui signalent presque toujours une ignorance à l’œuvre, et donc, une rectification possible par l’apprentissage. Leur rejet-invalidation et l’apprentissage de structures de formulation correctes suffit à sortir l’organisation mentale des ‘ornières’ neuro-linguistiques et neuro-sémantiques.

2. Les manifestations ordinaires de l’activité mentale inconsciente (rêves éveillés ou non, actes manqués, pensées parasites, intuitions, impulsions créatrices, etc.,) de façon à provoquer leur émergence dans le champ de conscience au présent. La contemplation, et l’analyse de ces phénomènes permet d’opérer leur déminage systématique, ainsi que la récupération et le recyclage de  l’énergie dont ils sont porteurs.

3.     Les comportements génétiquement hérités, ceux conditionnés par le langage courant, et ceux d’origine collective consciente (il-faut-il-faut-pas, etc.,) et collective inconsciente (mythologies et archétypes). Tous ceux-là ont besoin d’être mis en lumière (dé-intégrés) et vécus en conscience au présent pour permettre leur actualisation, et à la suite leur intégration consciente.

_________________

1 Volontairement, et il s’agit alors d’une stratégie ‘normale’ d’illusion, de mensonge, de manipulation, d’escroquerie, etc.,

Involontairement, et il s’agit alors souvent d’inconscience, d’aveuglement, d’ignorance, d’incompétence, etc.,

Plus ou moins (In)volontairement, et il s’agit d’une sorte de mixage d’in/conscience variable pour chaque individu qui est porteur de son style personnel d’aveuglement spécifique.

Leçon n°22 – Nos Quatre Vérités

23 mars 2009

 

Cet article constitue une sorte de fil rouge pour un premier contact intellectuel avec la logique de la pensée bouddhique.

L’expérience personnelle et l’enseignement du Bouddha reposent sur la méditation. Il s’agit d’une méthode pratique d’intériorisation. L’observation des phénomènes mentaux est rendue possible au moyen de réglages précis (de conscience et d’attention) associés à un entraînement répétitif à ce retournement de l’attention qui est dirigée vers l’intérieur.

C’est le sujet même du livre « le Mystère de la Fleur d’Or » traduit par R. Wilhelm et  commenté par Jung en 1928. Pour les bouddhistes, cet  entraînement (ses annexes et ses dérivés)  s’appelle « la Pratique ». En dehors des systèmes ecclésiastiques ou religieux, nous pouvons l’appeler « le Travail Intérieur ».

A l’issue de sa pratique, le Bouddha historique est arrivé à la conclusion qu’il existe bien une ‘réalité ultime’ indépendante de nous. En état de conscience ordinaire, nous ne percevons de cette réalité ‘ultime’ que des représentations, des ‘réalités relatives’, et dépendantes de nos perceptions, d’une foule de conditions extérieures et de conditionnements intérieurs. La réalité relative est ce qu’il appelle l’existence conditionnée. Nos perceptions ordinaires à propos des phénomènes relatifs, les émotions et les sentiments qui les accompagnent sont appelées illusions.

Tous ces conditionnements sont considérés comme des ‘voiles d’ignorance’ qui empilés les uns sur les autres, obscurcissent la conscience individuelle et l’empêchent de « voir la Claire Lumière».  Pour entrer en contact avec cette fameuse  « réalité ultime », il faut faire le travail (intérieur) de dissiper un par un ces voiles d’ignorance. En résumé, moins il y a d’ignorance de ce processus, plus il y a de conscience et moins il y a de souffrance. Le Sermon de Bouddha à Bénarès (525 av. JC) décompose la question du traitement global de la Souffrance en 4 Vérités :

1 La Souffrance est liée à l’Existence    

                                     

Le mot duhkha (sk) implique les notions de souffrance, frustration, mal-être, imperfection, etc. Il ne s’agit pas de la douleur qui a les caractéristiques organiques liées à la sensation, pas au sentiment.

« Voici, ô moines, la noble vérité sur [la nature de] la souffrance : La naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, être uni à ce qu’on n’aime pas est souffrance, être séparé de ce qu’on aime est souffrance, ne pas obtenir ce qu’on désire est souffrance. »

Les souffrances relatives à l’organisme vivant

1.             La naissance

souffrance de base sans laquelle l’existence manifestée n’advient pas

2.             La vieillesse

souffrance de la dégradation dans la durée

3.             La maladie

souffrance de la douleur et du déséquilibre des éléments vitaux

4.             La mort

souffrance liée à la perte de la vie


Les souffrances relatives au Changement

5.             L’union forcée à ce qu’on n’aime pas       

Souffrance des sentiments de rejet/répulsion

6.             La séparation forcée de ce qu’on aime      

souffrance des sentiments de solitude/abandon

7.             La non obtention de ce qu’on désire         

Souffrance des sentiments d’échec/impuissance

La souffrance fondamentale omniprésente

8.             L’insatisfaction et la frustration de fond

liées aux sentiments de non-sens, absurdité, incohérence, vanité de l’existence.


Les concepts fondamentaux

L’Impermanence :      Processus de changement et de destruction qui affecte inéluctablement tout phénomène composé.

La Souffrance :          Conséquence directe de l’impermanence ; ressenti de la relation à ce qui change ; résistance au changement, etc.

La Vacuité :             Les agrégats physiques et psychiques sont dépourvus d’essence absolue individualisée et permanente. Ils existent en relativité les uns par/avec les autres.

L’absence de ‘Soi’ :    Notre perception des phénomènes dépend de nos configurations et processus perceptuels qui changent et sont tous dépourvus d’existence propre. L’idée de ‘soi’ ou de ‘moi’ stable est une illusion.

 

2 L’origine de la Souffrance est le Désir
                                         

L’idée force peut s’exprimer ainsi : La souffrance est une pathologie de la conscience. Et comme pour n’importe quelle maladie, pour éliminer le mal, il faut en reconnaître la nature et rechercher/connaître son origine.

« Voici, ô moines, la noble vérité sur l’origine la souffrance. C’est cette soif qui produit la renaissance, le re-devenir, qui est liée à une avidité passionnée, et qui trouve un nouveau plaisir ici ou là, c’est-à-dire la soif des plaisirs des sens, celle de l’existence, celle du devenir et celle de la non-existence. »

La soif dont il est question ici désigne un désir avide, insatiable, présenté comme la cause la plus évidente de la souffrance, mais non la seule. Elle a la nature du désir-attachement et se manifeste à l’égard de tous les objets, tous les sujets, tous les événements et à toutes occasions sous 3 formes principales :

-       La soif des plaisirs des sens

-       La soif de l’existence en devenir (ou renaissance)

-       La soif de la non-existence (annihilation ou
autodestruction)

Le terme « soif » désigne le fonctionnement énergétique de toutes les passions issues de l’ignorance, du désir et de la colère. Nous naissons avec ces données biologiquement inscrites et actives. Elles sont désignées comme les causes (multi-facteurs associés) de la souffrance chaque fois (et puisque) qu’elles sont à l’origine de nos actes.

« La souffrance » que nous éprouvons ne nous est pas imposée de l’extérieur. Elle ne vient pas de Dieu, des esprits ou d’ailleurs. Elle est le fruit/produit de la rencontre de notre activité mentale avec ses environnements internes et externes. D’où l’importance d’apprendre et de comprendre tout ce qui concerne aussi bien notre activité mentale que tous ses environnements et les relations y afférentes.

3 La Souffrance cesse par l’abandon du Désir

« Voici, ô moines, la noble vérité sur la cessation de la souffrance : c’est l’arrêt complet de cette soif, c’est l’abandonner, y renoncer, s’en libérer et s’en détacher. »

 

Cet enseignement fonde la compréhension des termes « Lâcher prise », et « Non-attachement ». Cessation (sk : nirodha) signifie non-apparition (des passions pour le présent et aussi du processus de souffrance dans l’avenir) et apaisement (des phénomènes conditionnés). Le résultat de la cessation est appelé « nirvana », qui signifie l’extinction, le terme tibétain correspondant signifiant « l’au-delà de la souffrance » valable pour la vie présente comme pour les suivantes.


4 Remplacer le Désir par les Entraînements

« Voici, ô moines, la noble vérité sur la Voie qui mène à la cessation de la souffrance : C’est la noble voie octuple, c’est-à-dire la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, le moyen d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste, le recueillement juste. »

 

Les huit branches de la noble voie (appelé l’Octuple Sentier) doivent être pratiquées simultanément et développées au cours de la progression sur la voie jusqu’à l’atteinte de la libération, tout cela avec une attitude et un esprit de bienveillance à l’égard de tous les êtres. C’est la base d’une existence qui fonctionne bien.

 

1 La conduite éthique               

1-      La parole juste : ne pas mentir, ne pas médire, ne pas parler durement, ne pas injurier, ne pas bavarder futilement.

2-      L’action juste :   ne pas tuer, ne pas voler, observer une éthique sexuelle et aider autrui à mener une vie juste.

3-      Le moyen d’existence juste :     ne pas vivre d’une profession nuisible à autrui comme le commerce d’armes, la mort des animaux, l’escroquerie, etc.

 

2 Le recueillement méditatif

4-      L’effort juste :    se garder de l’émergence de nouvelles passions malsaines, se débarrasser des habitudes mentales malsaines habituelles, engendrer des états mentaux sains, et développer les bons aspects déjà existants.

5-      L’attention juste : développement des attentions consacrées  à l’introspection et à l’observation des sensations, des événements corporels, des activités de l’esprit, de la production des pensées et des concepts.

6-      la concentration juste : la pratique des différents niveaux (vue, recueillement etc.,) et étapes de la méditation

 

3 La connaissance supérieure

7-      La pensée juste : Renoncement, absence d’égoïsme, non violence et amour pour tous les êtres.

8-      La compréhension juste : Compréhension et intégration des 4 vérités, depuis leurs fondements théoriques jusqu’à leur mise en pratique.

 

Fondements logiques et organiques

des 4 Nobles Vérités

L’existence de la souffrance                  Observation et Constat 

La Souffrance est liée par définition à l’Existence. Il suffit de regarder ma souffrance et celle des autres pour voir qu’elle existe. Dès qu’un être vivant existe, la souffrance existe.

 

2 L’origine de la souffrance                              Analyse et Etiologie   

L’origine de la Souffrance est appelée le Désir. Le désir est le produit de « moi » qui ressens la « Soif » et qui veut : S’il n’y a pas « moi », (ego), pour souffrir, le terme souffrance n’a pas de sens.

 

3 La Cessation de la Souffrance                   Synthèse et Diagnostic

La Souffrance cesse par l’abandon du Désir. Bouddha a compris comment quitter la souffrance ; Abandonner le désir et lâcher prise relèvent d’une décision de conscience. Il l’a fait : je peux le faire aussi.

 

4 L’entraînement à la non-souffrance     Remèdes et Méthodologie   

Remplacer le Désir par Conscience et Entraînements Bouddha a compris comment quitter la souffrance ; non-agir et non-attachement relèvent d’une décision de conscience. Il a décrit les méthodes pour y parvenir. Je peux les employer aussi.

 

Les 5 croyances fausses :

(à observer et à abandonner)

Ø Croire qu’il existe un « moi » ou un « soi » permanent, en dépit du constat de l’impermanence des configurations mentales,

Ø Croire qu’il existe des situations extrêmes ou absolues, en dépit du constat que les phénomènes sont relatifs à nos perceptions,

Ø Refuser d’admettre qu’il existe des logiques qui fonctionnent et qui doivent être utilisées (loi de causalité, pédagogies rationnelles d’enseignement, par exemple)

Ø Croire que les opinions généralement admises sont les meilleures et qu’il suffit d’être d’accord avec elles sans examen,

Ø Croire que les rites et les observances suffisent à produire la libération sans véritables compréhension et mise en œuvre.

 

Il s’agit donc de transformer une ignorance générale de départ en connaissance technique de ce qui se passe dans la réalité des événements, des choses et des gens.

Cette transformation passe par un processus d’apprentissage permanent (correspondant à l’esprit d’éveil) dont le résultat va constituer un savoir vivre (dans les aspects existentiels correspondants aux domaines de l’esprit ordinaire). Ce savoir vivre s’exprimera en un savoir être (dans les aspects ‘essentiels’ du jeu créatif, de l’étude, de la spiritualité et de la méditation), en un savoir faire dans ses aspects d’existence pratique, et un savoir dire dans ses aspects relationnels et pédagogiques.

Ce processus (d’individuation) implique la mise en œuvre en termes de attentions-processus-énergie-mouvement-matière-espace-temps. Certaines écoles (Hinayana) enseignent des méthodes longues (un projet de réalisation sur plusieurs existences). La Voie de Diamant (le Vajrayana tibétain, le Tchan chinois et le Zen Japonais), prétend y parvenir en une seule existence et enseigne les moyens appropriés.

 

Du point de vue du Travail Intérieur :

Notre principal problème d’occidentaux consiste à dépasser les cadres religieux institutionnels et ethniques pour :

1°) nous intéresser sans préjugé intellectuel à l’intelligence fondamentale de ce système de représentation de l’existence dont le résultat technique s’appelle la « Vision Pénétrante »

2°) extraire de l’exposé et de la démonstration dudit système les principes de mise en œuvre efficaces et appropriés à nos existences.

3°) actualiser ces méthodes et les appliquer à notre vie ordinaire ; c’est la logique fondamentale de la Formation Diamant®.

Leçon n°21 – Qu’est-ce l’Intelligence ?

28 janvier 2009

 

D’abord et par principe, à cause du verbe « être », « Qu’est-ce que l’intelligence » constitue une question mal posée. Elle peut être rectifiée en : « De quoi parlons-nous lorsque nous parlons d’intelligence ? »

En 1894, Alfred BINET, directeur du laboratoire de psychologie de la Sorbonne, écrit l’Introduction à la psychologie expérimentale, et concurremment à son homologue américain Charles SPEARMAN (1904) met au point les premiers tests psychologiques et renforce (1905) l’idée qu’il existe une seule  intelligence générale appelée « facteur g », associée à un facteur d’intelligence plus individuel, une sorte de signature personnelle.

Un autre psychologue, nommé Robert J. Sternberg, (né le 8/12/1949) psychologue et psychométricien américain, préfère (article paru en 2003) repérer 3 formes d’intelligence qui s’incarnent en chacun de nous selon des proportions variables :

 

 

A.      L’intelligence analytique, décrite comme la capacité académique complète à la résolution des problèmes tels que ceux utilisées dans les tests d’intelligence. Il s’agit de tâches (scolaires) généralement bien définies proposant de résoudre des questions qui ont une seule bonne réponse.

 

 

B.      L’intelligence créative ou synthétique est décrite comme capacité de s’adapter à la nouveauté et de traiter avec succès des situations inhabituelles, en s’appuyant sur les connaissances et les compétences acquises.

 

 

C.     L’intelligence pratique est décrite comme la capacité à mettre en œuvre ses connaissances et ses compétences dans tous les aspects de la vie quotidienne. Elle permet à un individu de comprendre ce qui doit être fait dans un cadre donné et ensuite le faire.

 

 

En 1983, Howard GARDNER, professeur de cognition et d’éducation à Harvard Graduate School of Education (Massachusetts) énonce dans Frames of Mind, la Théorie des intelligences multiples.

Howard GARDNER définit l’intelligence comme la faculté/capacité de résoudre des problèmes ou de produire des biens ayant de la valeur pour une culture ou un groupe défini. À ce jour (Janvier 2009), il en repère 9.

À la suite de ces précurseurs, Daniel GOLEMAN (né 7 Mars 1946) psychologue et journaliste scientifique pour le New York Times, spécialisé en psychologie et en sciences du cerveau, est l’auteur du concept d’ « Intelligence émotionnelle » (1995, Bantam Books). Il a développé l’idée que les activités mentales non-cognitives et non intellectuelles (du type émotions, sentiments, sensations, etc.), ont au moins autant d’importance que le QI dans les configurations de travail et en matière de leadership.

 

 

Et je cite maintenant sans rien changer une partie de l’article paru en pages 68 et 69 de Science et Avenir en Novembre 2008 qui décrit les « 9 intelligences de Gardner » :

 

1.        L’intelligence langagière est la capacité à utiliser le langage pour exprimer sa pensée.

 2.       L’intelligence logico-mathématique est l’aptitude à la logique, aux mathématiques, aux sciences.

NB : ces deux premières intelligences ont été mises sur un piédestal dans notre société. La plupart des tests, comme ceux du QI, sont fondées sur l’évaluation de ces deux compétences.

3.       L’intelligence musicale est la capacité de penser en termes de rythmes et de mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les interpréter et d’en créer.

 4.       L’intelligence kinesthésique (corporelle) est celle d’utiliser son corps (danseur, athlète, chirurgien, artisan, etc.).

 5.       L’intelligence spatiale est la capacité à agir dans un univers spatial en construisant une représentation mentale (marins, ingénieurs, architectes, sculpteurs).

6.       L’intelligence interpersonnelle est l’aptitude à comprendre les autres, d’agir et réagir avec autrui de façon correcte (politicien, commerçant, enseignant, guide spirituel, etc.).

 7.       L’intelligence intrapersonnelle est celle de se former une représentation de soi précise et fidèle (introspection) et de l’utiliser efficacement dans la vie.

 8.       L’intelligence naturaliste est la capacité à classifier, discriminer, reconnaître et utiliser ses connaissances sur l’environnement naturel (chasseur, pêcheur, zoologiste, cuisinier, etc.).

 9.       L’intelligence existentielle (encore en discussion à ce jour) est la propension à se poser de grandes questions philosophiques telles que « pourquoi mourrons-nous ? ».

 

 

Prenez le temps d’étudier la situation et de réfléchir.
Comment pouvez-vous observer ce qui précède ?

 

 

1.       Appliquez la 1ère prémisse de la SG :

En utilisant le Gardien Kèskecè,(voir leçon 5) rappelez-vous d’abord que, depuis la Nuit des Temps, nos esprits ordinaires sont conditionnés à confondre carte et territoire, à confondre les mots et ce qu’ils désignent, à confondre les sources et les résultats, à confondre les configurations mentales (internes) et leurs applications visibles (externes). Voilà (entre autres) ce que veut dire la 1ère prémisse de la Sémantique Générale : « Une Carte n’est pas le territoire qu’elle représente ».

Une bonne façon de ne pas confondre les mots avec ce qu’ils veulent dire consiste à retourner votre attention à l’intérieur de vous. Dans ce cas précis, partez du principe que vous avez d’abord à faire l’expérience des mots employés. Est-ce que ces mots là correspondent à un vécu quelconque pour vous ? Et si oui, lequel ?

 

 

2.         Sortez de la logique cause>effets :

En utilisant le Gardien Toutourien, Rappelez-vous ensuite que, contrairement à ce qu’il vous raconte, votre esprit ordinaire ‘conscient’ n’est pas conscient de tout, et qu’il n’a pas toujours…raison. (2ème  prémisse de la Sémantique Générale).  La logique simpliste cause/effets peut se décliner en systèmes de causalité multiples. Nous pouvons distinguer sources et ≠ résultats, fondements et ≠ applications, origine et ≠  manifestation ; nous voyons alors qu’il est impossible de savoir si cet article présente l’intelligence comme un seul événement source aux niveaux silencieux avec 14 champs d’application différents, ou s’il s’agit de 14 phénomènes sources différents. Nous voilà peut-être avec 14 définitions de l’intelligence, ou encore 14 formes d’intelligence différentes. Rien dans cet article ne nous permet d’en décider.

 

 

3.        Sortez de l’identité créée par le verbe « être » :  

Dans cette classification, le terme intelligence est utilisé dans toutes les définitions comme étant indifféremment synonyme de « capacité » et « aptitude »,  alors même que ces deux termes désignent des configurations mentales différentes. Je peux « être capable » mais temporairement « inapte ». Je peux avoir été déclaré « apte » et me révéler finalement « incapable ». Je peux « avoir » l’intelligence musicale mais me trouver aussi inapte qu’incapable d’en faire la démonstration. Que se passe-t-il quand il y a l’une et pas l’autre ? Faut-il que les deux soient présentes ? N’y a t-il pas d’autre paramètre ? Cette façon de parler ne nous permet pas de comprendre ce que ce texte veut vraiment dire.

 

 

4.        Sortez de la logique du tiers exclus : 

Compte tenu du contexte (Science et Avenir, journal dit de ‘vulgarisation scientifique), nous pouvons peut-être faire l’hypothèse(1) que la réalité de cet exposé a été perverti par une présentation vulgarisante. Nous pouvons également faire l’hypothèse(2) qu’au contraire, il s’agit bien de l’exposé synthétique mais fidèle de la pensée de M. Howard GARDNER et des autres aussi, d’ailleurs. Nous pouvons encore (3ème terme, logique à du tiers-inclus) faire l’hypothèse(3) que ni M. GARDNER ni le journaliste qui a rédigé l’article, n’ont conscience de ces confusions possibles. ETC. !

 

 

5.       Examinez les croyances inconscientes : 

Au final, à quel genre de certitude sommes nous renvoyés ? Simplement à la façon dont nous allons choisir de croire (ou pas) ce qui nous est ainsi expliqué, exposé, enseigné, démontré, etc., Et cette réalité fonctionne à bien des moments de chaque jour de notre existence, sans que nous en ayons la moindre conscience. C’est même valable pour ce que je suis en train d’expliquer et que vous lisez ici-maintenant.

 

 

6.         Recadrez ce qui se passe en « Conscience d’abstraire » : 

Rappelez-vous que nos opinions, certitudes, jugements, savoirs etc., ne sont basés que sur notre vision partielle de la ‘réalité’ dont nous ne sélectionnons que ce que nous sommes prêts à percevoir ! Ils peuvent donc se révéler incomplets, insuffisants, erronés et toxiques, etc., dans beaucoup de cas… Ne les rejetez même pas, cela demanderait un effort inutile. Contentez vous d’abord de ne pas les valider ; il s’agit d’une décision de conscience qui s’oppose à la validation automatique et inconsciente. Observez ensuite à quel point ce qui se passe dans les faits est fondamentalement différent de ce que votre bavardage intérieur vous en dit… Cherchez vous-même des exemples contraires, et autant de 3èmes termes que vous parviendrez à inventer.

Le langage courant fonctionnant comme une connaissance pratique, nous sommes directement responsables des conséquences (souvent coûteuses) de notre ignorance de ses fonctionnements et de nos erreurs.

 

 

 

7.         Cherchez comment reformuler à haute voix :

Ces opinions, jugements certitudes, etc., doivent pouvoir être exposés en termes de probabilité, de pourcentages, de mesure, etc. Pas en absolus, ni en ou-bien-ou-bien, ni en tout-ou-rien. La reformulation est importante : votre organisation mentale se mettra à fonctionner sur des données certes moins simplistes, mais structurellement plus conformes à la réalité.

 

 

8.       Revenez aux niveaux silencieux :  

Les « absolus » n’existent pas dans la nature. Revenez sur terre. Revenez dans le « relatif ». Observez ce qui se passe aux niveaux silencieux avec le moins possible d’a priori, d’attentes, de projections inconscientes, et avec le moins possible de mots. Exprimez ce que vous avez à dire de façon structurellement conforme aux faits objectifs et silencieux.

N’oubliez-pas que chaque fois que nous ne prenons pas la peine de préciser suffisamment ce à propos de quoi nous parlons, notre utilisation du langage courant fabrique automatiquement des erreurs et des confusions.

Pour que nous puissions leur faire confiance, nos cartes doivent correspondre le mieux possible aux territoires qu’elles représentent. Notre sécurité ordinaire en dépend.

 

Leçon n°20 – Envie de rien : je m’ennuie

14 janvier 2009

 

Dans notre langage courant, « Je n’ai plus envie de rien » est pratiquement synonyme de « Je m’ennuie ». Dès que vous vous pouvez observer ce comportement chez vous ou chez quelqu’un d’autre, c’est l’occasion rêvée de distinguer l’Esprit Ordinaire de l’Esprit d’Éveil et de transmuter un marasme psychologique apparent en intériorisation et en dynamique de méditation, puis de créativité.

 

 

D’abord, il faut bien se rendre compte que nous avons tous été élevés dans une sorte de désir frénétique de ressentir et d’éprouver n’importe quoi (cf leçon 10 : le Syndrome de la Crotte de Chien); du drame, des sensations, des émotions, du rire, de l’absurde, de l’horreur, de l’action, du bizarre, n’importe quoi, pourvu que ‘ça’ soit distrayant. Tout est admissible (et télé visuellement diffusable) à condition que ce soit cohérent avec le dogme du romantisme sacré ou celui de la joie ClubMed et du rire à tout prix.  Evidemment, ce qui se proclame nouveau, intéressant, imprévu, semble plus attirant que ce qui est jugé déjà vu, inintéressant ou prévisible, etc. Mais si ce n’est pas le cas, n’importe quoi peut quand même faire l’affaire pour éviter de ressentir ce « vide », cette « envie de rien », cet « ennui » contre lequel, une fois qu’il est installé, tous les ressorts et solutions normaux semblent insuffisants ou impuissants. Qui donc ressent cet ennui ? La question est mal posée : il ne s’agit pas d’une personne.

 

 

La configuration mentale « Esprit Ordinaire » fonctionne sur la logique Aristotélicienne suivant un principe fondamental (celui du tiers-exclus) qui vaut la peine d’être ressenti en profondeur et bien compris : « Je travaille, je peine et je souffre depuis si longtemps que c’est devenu ma raison de vivre. Si j’arrête de souffrir, j’arrête de vivre. » Ce système ou-bien-ou-bien simpliste est illustré par l’histoire fort ancienne d’un âne qui meurt de faim parce qu’il ne parvient pas à décider entre une carotte et un chou lequel des deux il veut manger. En logique à (non-A), la solution à ce dilemme passe plutôt par la question : « Par lequel des deux je commence ? »

 

 

L’Esprit Ordinaire fonctionne sans arrêt. Toujours affairé, ne supportant pas l’inaction extérieure comme intérieure, gérant notre vie quotidienne sur ce qu’il connaît déjà, habile à fabriquer les habitudes et les standardisations, adepte du Dieu Pognon, de toutes les attirances sectaires et toutes les addictions, il passe son temps à essayer d’envahir toutes les activités de la vie, pour que tout y soit contrôlé, assuré, sécurisé, prévu, balisé, bien organisé.

 Les Soufis comparent l’Esprit Ordinaire qui exerce son emprise sur l’ensemble des perceptions courantes à un dictateur qu’ils appellent le « Moi Dominant ». (cf Idriesh Shah). Le rythme métro-boulot-télé-dodo lui convient parfaitement, et il fonctionne volontiers sur le modèle des « Bidochons ». Inutile  de prétendre  que « ça ne  marche pas chez moi, ça ». Chacun(e) d’entre nous est porteur de cette configuration mentale à un degré quelconque, plus ou moins développé, plus ou moins actif. Et n’oublions pas que les modes de réaction féminins et masculins dans ce domaine diffèrent radicalement. (cf C.G.Jung¹) Si le processus « tyran » invisible est bien le même pour tout le monde, en revanche, ses effets et manifestations visibles sont très différents pour les unes et les autres.

 

Le travail de banalisation systématique étant épuisant, l’Esprit Ordinaire exige donc se distraire chaque fois que possible. Dès qu’il cesse de travailler à « gagner sa vie », il est  incapable de supporter l’ennui des routines d’existence qu’il fabrique en continu, sauf si ses besoins primaires sont satisfaits. De quoi manger et les jeux du cirque (panem et circenses), telle était la règle fondamentale de gouvernement des masses dans l’empire romain. Elle fonctionne toujours très bien chez nous à l’heure actuelle. Notre Esprit Ordinaire est l’héritier par excellence du monde romain dont la plupart de nos modèles sociaux et personnels inconscients sont issus.


 

Du point de vue psychologique, l’Esprit Ordinaire fonctionne toujours de la même façon : toujours occupé à rechercher des choses à faire à l’extérieur… de notre peau, toujours occupé à regarder devant lui ce qui se passe. Comme un jeune singe sauvage curieux et agité, il court d’abord après tout ce qui bouge dehors. Et en matière d’observation, utiliser l’Attention 1ère en ignorant les contextes, c’est tout ce qu’il sait faire. Il fonctionne un peu comme les vaches qui regardent passer les trains, ou les badauds qui s’attroupent dès qu’il y a un accident ou du sang sur le macadam.

Ce avec quoi nous travaillons ici-maintenant ensemble, moi qui écris, vous qui lisez, nous l’appelons l’Esprit d’Éveil. Cette configuration mentale fonctionne sur les modes d’ouverture, d’apprentissage, de curiosité, d’observation, de contemplation, de réflexion, de compréhension, de méditation et de création. C’est elle qui permet aux ‘prises de conscience’ de se produire. C’est elle qui est capable de prendre les ‘décisions de conscience’ et d’intimer à l’esprit ordinaire d’apprendre à travailler de façon plus intelligente et moins répétitive, par exemple.

L’Esprit d’Éveil apparaît automatiquement lorsque l’Esprit Ordinaire s’endort ou cesse de fonctionner, ce pour quoi les Tibétains disent de lui qu’il est toujours là, comme le soleil qui se met à briller dès que les nuages sont partis ou se dissipent ! Lorsque   nous  essayons   de  retrouver   la configuration  mentale  « Esprit d’Éveil » (en sanscrit « bodicitta ») le moyen habile consiste à cesser de fabriquer des nuages, à savoir, cesser de valider toutes les distractions de l’esprit, cesser de souscrire à tout ce dont se sert l’Esprit Ordinaire pour se distraire, pour empêcher notre conscience d’être pleinement active dans l’instant présent. Or, n’oubliez pas que Cesser de veut dire Lâcher prise.

Maintenant que cette différence est faite avec des mots, nous allons pouvoir appliquer cette connaissance à la question de l’ennui.


 

Comment utiliser cette connaissance dans votre vie ?

  

1°) Commencez par la vigilance et le dépistage :

D’abord, rappelez-vous (avec la 2ème prémisse de la SG) que, contrairement à ce qu’il vous raconte, votre esprit ordinaire ‘conscient’ ne perçoit pas tout, qu’il ne sait pas tout, et en plus, qu’il n’a pas toujours…raison. Loin de là !  En réalité, il n’est conscient que de ce qu’il est capable de ressentir ou de sélectionner sur l’instant, Et ce qu’il ressent pour l’heure, c’est simplement de l’ennui. Ça, vous pouvez le sentir. L’ennui est détecté ? Parfait. Alors, STOP !


 

2°) Dès « l’ennui » dépisté, STOP ! Bloquez le processus :

Intérieurement ou extérieurement, dites ‘en esprit’, et à voix basse ou haute : «  STOP ! Ça fonctionne, mais je ici-maintenant ne sais pas tout. » Et pendant 15 secondes, ne faites rien de particulier. Ne faites rien d’autre que de compter ces 15 secondes. Ne remplacez ce que vous venez d’interrompre par rien d’autre. Contentez-vous de ne pas valider et surtout, de ne pas suivre ce ressenti d’ennui intérieur. Cet automatisme relève du conditionnement et pas de la connaissance. En Sémantique Générale, cette technique est appelée le Délai de réaction.


 

3°) Détectez l’objectification et invalidez : 

Nous avons vu tout à l’heure que lorsque nous essayons de retrouver la configuration mentale « Esprit d’Éveil », le Moyen Habile consiste à cesser de fabriquer des nuages ; ici cela veut dire identifiez que vous n’êtes plus en état de Calme Mental.  L’ennui n’est pas une chose, mais une production mentale fantôme qui ne durera même pas une minute. Observez-la et laissez-la se dissoudre comme elle s’est manifestée, sans vous y intéresser. Ne réfléchissez pas ! Taisez-vous dedans et dehors. Ne ‘pensez’ pas, faites le ! Et maintenez fermement votre attention sur elle jusqu’à dissolution.


 

4°) Ensuite, observez les faits, pas vos interprétations : 

Maintenant, observez rétroactivement de quoi il est vraiment question. Reconnaissez ce sentiment comme une forme de piège subtil, une nouvelle occupation que votre Esprit Ordinaire a trouvé pour empêcher votre Esprit d’Éveil d’être pleinement actif dans l’instant présent. C’est juste sa façon d’essayer de reprendre la direction des opérations et d’exiger ses distractions habituelles.

Observez comment ce que vous ressentez trouve son origine dans une configuration mentale, une sorte de programme qui a pris possession de vos cellules, en les faisant fonctionner sans votre autorisation d’une certaine façon que nous appelons ennui.

Observez comment vous avez cessé de croire, immédiatement et de façon consciente et autoritaire, que ce sentiment d’ennui qui ‘plombe’ simplement la situation, a une valeur quelconque.


 

5°) Maintenant, observez la racine de la confusion : 

Discernez que cette façon de parler exprime un sentiment à propos d’une absence ; absence d’envie, absence d’intérêt, absence de nouveauté, absence de tout ce que je viens d’évoquer à propos du fonctionnement normal de l’Esprit Ordinaire. D’une façon générale, il est question d’une absence de mouvement et d’agitation. Autrement dit, d’une vraie tranquillité !

Or, ce ressenti d’ennui s’accompagne facilement pour nous de sensations (de second ordre) presque semblables à celles qui se produisent en situation d’angoisse. Ce ne sont pas les sensations qui accompagnent en principe la tranquillité. Le vide-creux à l’estomac, qui ressemble à une espèce de faim sans objet qui est (pour les connaisseurs) la signature du Désir Primordial Inextinguible, l’un des Trois Poisons Fondamentaux. Observez cette confusion d’interprétation à partir de sensations semblables et invalidez.


 

6°) Revenez en conscience corporelle :

Sans transition, à partir de la conscience blanche, au centre de la boite crânienne, envoyez votre attention première (laser) dans la conscience rouge du ventre. À partir cet œil du ventre, observez simplement votre respiration, les sensations des plantes de vos pieds et les tiglés qui correspondent. Si votre ‘intellect’ fonctionne après votre ‘ventre’, votre existence sera plus en accord avec la ‘réalité’. Tout simplement. Essayez de retrouver ‘physiquement’ la façon dont vous vous sentez lorsque vous êtes simplement tranquille, sans agitation, sans préoccupation et ramenez de nouveau vos attentions à percevoir vos sensations au présent.


 

7°) Changez votre interprétation de la situation : 

Observez comment ces processus se fabriquent de façon automatique et presque à votre insu. Observez en pleine action cette activité mentale automatique qui consiste à remplir la moindre seconde de votre vie avec n’importe quoi, y compris l’ennui, pour vous éloigner du présent, du réel. Laissez la faire en l’observant discrètement et sans intervenir. En faisant seulement cela, vous êtes déjà en train de quitter l’état d’inconscience. Et ensuite…

Observez à quel point ce qui se passe dans les faits est fondamentalement différent de ce que votre bavardage intérieur vous en dit…, de ce que votre esprit ordinaire cherche à vous faire croire. Ces réactions automatiques d’évitement de la tranquillité ne sont basés que sur une vision partielle de la ‘réalité’. Elles peuvent donc se révéler toxiques dans beaucoup de cas… Ne les rejetez même pas, cela demanderait un effort inutile. Contentez vous de ne pas les valider.

 Profitez-en pour étendre votre perception/conscience nouvelle de la situation en cessant de valider toutes les distractions de l’esprit, y compris ce sentiment d’ennui. Cessez de souscrire à tout ce dont se sert l’esprit ordinaire pour se distraire. Et rappelez-vous que Cesser de veut dire Lâcher prise.


8°) et maintenant, transmutez l’émotion en intelligence !

Cette configuration mentale « ennui » était seulement là pour tenter de vous distraire, une interprétation subtilement piégée pour vous replonger dans l’agitation. L’étymologie de dis-traire (dis-tractare) signifie tirer de deux côtés opposés à la fois. Si vous ne cédez pas à cette logique stupide et aveugle, vous allez pouvoir simplement rester tranquille et tourner votre attention encore plus à l’intérieur.

Vous allez pouvoir observer que toute l’agitation ordinaire est seulement faite pour vous empêcher d’accéder à ces territoires inconscients et normalement inaccessibles dans lesquels de trouvent toutes vos réserves d’énergie, de sens et de créativité. Prenez tout le temps d’accepter non pas l’ennui, mais plutôt cette situation de soi-disant « ennui ».

Entrez en contemplation sans but, sans objet, sans focalisation d’attention ni espoir d’en tirer quoi que ce soit. Laissez agir l’attention seconde flottante, organique et globale. Faites confiance à la capacité qu’a votre organisme de trouver dans ses profondeurs les vraies solutions, pas celles des idées toutes faites et standardisées de l’Esprit Ordinaire. Cette capacité a été nommée par les bouddhistes « le pouvoir d’autoguérison de l’esprit ».

Acceptez de laisser monter de ce réservoir d’énergie ce qui a besoin de s’exprimer : émotions, sentiments, sensations, idées, images, etc., Observez comment cette soi-disant angoisse du vide était faite pour vous empêcher de trouver ce territoire inconnu, mais vivant, qui est authentiquement le vôtre. Il n’y a personne d’autre que vous, dans cette configuration mentale là. Plus de parasites, plus de perturbations, plus personnalités partielles. Prenez le temps d’y entrer, de vous y installer et de vous y reposer. Vous êtes chez vous.


 

9°) Décrivez :  

Enfin, notez tout ce que vous observez et comprenez. Et si vous avez oublié à quoi cela sert de noter ce genre d’observation, cela signifie que vous avez peut-être bien lu la leçon 6 avec votre intellect, mais que vous ne l’avez ni intégrée, ni mise en œuvre. Retournez à la case départ et bonne lecture !



¹ Voir notamment l’Homme à la découverte de son Âme, et la Dialectique du Moi et de l’Inconscient.